Economie

Maroc-Portugal: Vers un pôle de compétitivité atlantique?

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5162 Le 06/12/2017 | Partager
Miriem Bensalah a proposé de construire ce nouveau cadre dans le secteur automobile
Un écosystème transnational du textile en gestation
Une nouvelle approche pour approvisionner l’Europe et l’Afrique
maroc-portugal-062.jpg

Miriem Bensalah Chaqroun, présidente de la CGEM, ici en compagnie du chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani, du Premier ministre portugais Antonio Costa, et du président de l’Agence portugaise Castro Henriques, a expliqué que Rabat et Lisbonne «peuvent mieux exploiter leurs atouts pour co-construire de nouvelles chaînes de valeur, aussi bien au sein de leurs marchés domestiques qu’à destination des autres pays» (Ph. Bziouat)

Le Maroc et le Portugal veulent donner un coup de fouet à leurs relations économiques. C’est l’un des principaux enjeux de la 13e rencontre de haut niveau, tenue hier à Rabat. Après plusieurs années de coopération, les deux pays voisins veulent passer à la vitesse supérieure. Surtout que Rabat et Lisbonne «ont bâti un cadre juridique solide, de même que les échanges commerciaux ont atteint plus d’un milliard d’euros annuellement», a expliqué le Premier ministre portugais, Antonio Costa.

C’est dans cette logique qu’il a considéré que «le moment est venu pour faire un grand pas en avant et développer cette dynamique très positive enclenchée lors des dernières années». Même son de cloche chez Saâdeddine El Othmani. Lors de la séance d’ouverture du Forum économique, organisé par la CGEM au siège de la TGR, il a estimé que le Maroc et le Portugal s’accordent sur «la nécessité de soutenir le secteur privé afin de renforcer sa contribution au développement des relations économiques bilatérales».

En 2015, les exportations portugaises vers le Maroc ont atteint 649,9 millions d’euros, au moment où ses importations dépassaient de peu 211 millions. Un solde déficitaire de la balance commerciale avec ce pays qui dépasse 483 millions d’euros. Aujourd’hui, Rabat est le 2e partenaire de Lisbonne en Afrique et son 10e fournisseur au niveau mondial. Près de 300 entreprises portugaises sont actuellement implantées au Maroc.

D’autres veulent également leur emboîter le pas, selon les déclarations des responsables portugais. «Les investisseurs accordent un intérêt particulier pour le marché marocain qui dispose d’un haut potentiel», a fait savoir le président de l’Agence pour l’investissement et le commerce extérieur, Castro Henriques, lors de son intervention devant des hommes d’affaires des deux pays.

Plusieurs domaines sont cités. C’est le cas notamment de l’énergie, de l’automobile, du BTP, de l’agroalimentaire, du tourisme, des TIC, du textile… Face à cette dynamique, la présidente de la CGEM, Miriem Bensalah Chaqroun, a mis l’accent sur le fait que les deux pays «peuvent mieux exploiter leurs atouts pour co-construire de nouvelles chaînes de valeur, aussi bien au sein de leurs marchés domestiques qu’à destination des pays de l’Europe ou de l’Afrique».

Le Forum économique Maroc Portugal, axé sur le thème du «Co-investissement industriel», a été marqué par la tenue d’ateliers sectoriels, portant sur l’énergie, le BTP, les infrastructures, l’industrie, les services. Lors de son intervention, Bensalah Chaqroun a appelé à exploiter les opportunités qui s’offrent aux opérateurs des deux pays dans ces domaines.

Par exemple, elle a plaidé pour la création d’un pôle de compétitivité atlantique dans le secteur automobile, visant à approvisionner l’Europe. Idem pour la construction «d’un écosystème transnational dans le textile offre aussi des possibilités intéressantes, aussi bien dans le sourcing que dans l’intégration des nouvelles chaînes de valeur, comme le street-fashion», a-t-elle expliqué.

Un protocole de coopération a déjà été signé en octobre dernier entre l’AMITH et l’Association de textile portugaise pour la mise en place d’un écosystème transnational de mode. Idem pour le tourisme. La présidente de la CGEM a expliqué que les deux pays présentent une offre complémentaire. «Un cobranding bien construit, avec une connectivité aérienne adéquate, permettrait à Rabat et Lisbonne d’accroître les arrivées aux frontières», a-t-elle indiqué.

Lors de la rencontre de haut niveau, tenue hier au siège du ministère des Affaires étrangères à Rabat, 12 conventions ont été signées entre les deux pays. Elles couvrent les domaines de l’économie, l’énergie, la culture, la santé, la fonction publique…

Lisbonne veut activer la coopération triangulaire

Au-delà des conventions bilatérales sectorielles, la 13e rencontre de haut niveau Maroc Portugal a été marquée par la signature d’un accord portant sur la coopération triangulaire. Lisbonne veut se greffer sur la dynamique marocaine en Afrique, dans une logique win-win. Le Premier ministre portugais, Antonio Costa, a insisté sur l’importance de la politique africaine du Maroc, qui va «contribuer au développement de ce continent d’avenir, qui possède un potentiel énorme». Il a clairement affiché la volonté de son pays de renforcer sa présence en Afrique. Une approche qui semble intéresser également les opérateurs marocains. La présidente de la CGEM, Miriem Bensalah Chaqroun, a estimé qu’un «positionnement commun dans le secteur du BTP et des infrastructures en Afrique pourrait être bénéfique aux entreprises qui disposent d’une expertise technique prouvée et des références solides».

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc