Economie

La Bourse révise ses tarifs de second rang

Par Franck FAGNON | Edition N°:5160 Le 04/12/2017 | Partager
Les frais de séjour augmenteront pour une cinquantaine d’entreprises
La commission de négociation épargnée par la révision des prix
La nouvelle grille entrera en vigueur en janvier 2018
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Les revenus de la Bourse ont subi de plein fouet la chute des transactions sur le marché. La commission de négociation qui est adossée aux volumes des échanges et qui pèse 90% des revenus de la Bourse n’a pas subi de modification. Les changements portent principalement sur la commission de séjour qui, elle, représente environ 3,5% du chiffre d’affaires

Le séjour à la cote sera un peu plus coûteux pour 2/3 des émetteurs, soit une cinquantaine d’entreprises. L’un des changements majeurs dans la nouvelle grille de prix, qui sera appliquée à partir de janvier 2018, concerne la commission de séjour. Pour les titres de capital, le montant de la commission sera indexé sur la capitalisation boursière au lieu du capital social comme cela était appliqué auparavant.

La Bourse instaure cinq niveaux tarifaires allant de 2.400 à 120.000 DH annuel. Le haut de la fourchette sera appliqué aux émetteurs dont la valorisation boursière dépasse 6,5 milliards de DH. Les dix premières capitalisations paieront au total 1,2 million de DH l’année.

La commission de séjour pour les titres de créances est également répartie en cinq tranches de 2.400 à 48.000 DH, mais demeure adossée au capital restant dû. Ces modifications restent relativement modestes. Jusque-là, la commission de séjour ne rapportait que 1,2 million de DH par an sur un marché qui compte 75 entreprises.

«Nous sommes dans des ordres de grandeurs très raisonnables par rapport aux Bourses africaines et du Moyen-Orient et même à d’autres plus développées», relève Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca. Pour actualiser ses tarifs, la Bourse a effectué un benchmark avec 16 places d’Afrique subsaharienne et de la région Mena.

Dix ans après la dernière revue des commissions, le nouveau réaménagement tarifaire a pour objectif, selon les dirigeants de la place, d’aligner les prix sur les meilleures pratiques internationales, de tarifer des services qui ne l’étaient pas et d’avoir une grille plus homogène qui tient compte de la taille des entreprises. En effet, le coût de l’hébergement en Bourse baissera pour certaines PME.

Par ailleurs, la modification de la grille tarifaire se justifie aussi par le besoin de soutenir les investissements de la place. Dans la nouvelle grille, une vingtaine de commissions demeurent inchangées. Les principaux ajustements touchent des commissions secondaires en termes de contribution aux revenus de la Bourse. En dépit du réaménagement de la commission de séjour, sa part dans le chiffre d’affaires ne dépasse pas 3,5%, soutient le management de la Bourse. La commission de négociation, qui, elle, pèse 90% des revenus, n’a subi aucune variation.

Cela dit, la structure des revenus de la Bourse reste un facteur de risque en raison de la forte dépendance des volumes sur le marché. Or ces derniers ont fortement chuté. Le chiffre d’affaires se redresse depuis deux ans, mais l’on reste loin des niveaux d’avant la crise. En dix ans, les revenus de la Bourse ont été divisés par trois.

Pour atténuer l’impact de la faiblesse des volumes sur le chiffre d’affaires, la Bourse a entrepris un effort de diversification de ses sources de revenus. Ceux tirés de la vente des flux aux rediffuseurs sont passés de 750.000 DH à 4,3 millions de DH en six ans, selon les dirigeants. Le programme Elite devrait générer des revenus récurrents d’ici trois ans. Mais avant tout, la mise en œuvre de la réforme du marché offrirait plus d’opportunités à la Bourse.

 

 

 

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