International

Egypte: La sécurité au coeur des prochaines présidentielles

Par L'Economiste | Edition N°:5156 Le 27/11/2017 | Partager
305 morts dans l'attaque d'une mosquée dans le Sinaï
Les touristes, les minorités chrétienne et soufie… les principales cibles des attaques
Des interrogations sur l'efficacité de l'action face aux djihadistes
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L'armée égyptienne a procédé à plusieurs frappes aériennes dans le nord du Sinaï après l'attaque d'une mosquée soufie qui a coûté la vie à 305 personnes vendredi dernier (Ph. AFP)

Au lendemain de l'attentat le plus sanglant de l'histoire récente de l'Egypte, qui a coûté la vie à 305 personnes dont 27 enfants et fait 128 blessés dans le Sinaï, l'armée a procédé à plusieurs frappes aériennes dans la zone de l'attaque. Le Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait promis de répondre à ces attaques par une force brutale et de «venger les martyrs». Depuis plusieurs mois, l'armée combat la branche égyptienne de Daech dans le Sinaï.

L'attentat de vendredi dernier a ciblé une mosquée fréquentée par des adeptes du soufisme, un courant mystique de l'Islam. Après l'explosion d'une bombe à l'extérieur de la mosquée, des hommes armés ont tiré sur les fidèles qui tentaient de fuir. En octobre 2015, les djihadistes avaient fait exploser au-dessus du Sinaï un vol de la compagnie russe Metrojet assurant la liaison Charm el-Cheikh - Saint-Pétersbourg. Bilan: 224 morts.

Le Nord Sinaï où a eu lieu l'attaque de vendredi est un territoire dont la situation économique contraste avec le Sud Sinaï plus développé. Ce dernier est une vitrine du tourisme égyptien, notamment avec la station balnéaire de Charm El-Cheikh. Le contexte dans le nord de la péninsule ou encore la proximité avec Israël et les rancœurs de l'histoire semblent des terreaux fertiles pour le recrutement de djihadistes.

Les attaques frappent surtout le Sinaï où les forces de sécurité, les minorités chrétienne et soufie et des bédouins sont visés. D'autres régions sont également la cible d'attentats. Deux églises coptes à Tanta au nord du Caire et à Alexandrie avaient été attaquées au mois d'avril, faisant 45 morts.

Pour le Président égyptien qui a fait de la sécurité une des promesses de campagne en 2014, la situation devient un peu délicate à quelques mois des prochaines élections présidentielles (1er semestre 2018). La réaction face à ce nouvel attentat a été immédiate. Mais beaucoup s'interrogent sur l'efficacité de la stratégie actuelle.

Synthèse L'Economiste

 

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