Economie

Rapport de la Cour des comptes: Les enseignants sous-employés

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5153 Le 22/11/2017 | Partager
90% des professeurs du cycle secondaire qualifiant et 74% du secondaire collégial
Dans l’administration, la charge réglementaire est de 37,5 heures par semaine
Le temps effectif de travail reste inconnu
enseignetnats_horaire_053.jpg

Dans la région du Grand Casablanca-Settat, la part des enseignants en sous-horaire est de 67,1% dans le secondaire collégial et 88,3% dans le secondaire qualifiant

Les fonctionnaires travaillent-ils moins que les salariés du privé? En l’absence d’indicateurs sur la productivité, la comparaison pourrait être un peu biaisée, mais elle reste intéressante. Le nombre d’heures de travail hebdomadaire dans l’administration est fixé à 37,5 heures (7,5 heures par jour) contre 44 heures dans le privé.

Mais entre la réglementation et la réalité, le gap paraît important. Dans son rapport, la Cour des comptes affirme que «le temps effectif de travail dans l’Administration publique demeure largement méconnu et l’absence non autorisée n’est pas sanctionnée. Ceci a des répercussions directes sur la perception auprès des usagers et sur le service public».

Les durées de travail effectives sont très variables par rapport à la durée réglementaire. Le système de contrôle d’accès n’est pas généralisé à toutes les entités des départements ministériels, ce qui ne permet pas de contrôler la présence dans les lieux du travail. Et donc, quantifier les charges horaires accomplies réellement par chaque fonctionnaire est une opération impossible.

Ce qui fait dire à la Cour des comptes «qu’il  faut mettre en place les moyens à même de s’assurer que la durée effective correspond à la durée réglementaire». Divulguer le nom des absents, l’initiative de Mohamed Hassad, ex-ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, a été fermement rejetée par certains syndicats. Le contrôle strict du travail effectif pourrait même dégager un potentiel équivalent en jours/hommes et atténuer ainsi les besoins de recrutement.

Dans l’Education nationale, premier poste du budget de l’Etat, en plus des absences qui atteignent des niveaux importants, les enseignants sont sous-employés: 90% des enseignants du cycle secondaire qualifiant et 74% du secondaire collégial. Les ressources humaines du secteur éducatif sont loin d’être optimisées en raison notamment de l’inadéquation entre le déploiement des enseignants et la taille des structures scolaires.

Ce qui se traduit par des déperditions importantes qui pourraient atteindre  602.352 heures par an dans le cycle secondaire collégial et 543.905 dans le secondaire qualifiant. Et ce, alors que le volume horaire annuel pour le primaire, le secondaire collégial et le secondaire qualifiant est de 1.020, 816 et 714 heures respectivement. «Ce volume horaire important, puisqu’il se situe au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE, pourrait être exploité dans le but d’améliorer les résultats des élèves», soulignent les magistrats de la Cour des comptes.

Autre exemple cité par le rapport, celui du ministère de la Santé où les charges horaires réglementaires sont celles en vigueur dans les autres administrations. Dans ce département, comme c’est le cas dans les autres ministères,  les responsables des ressources humaines ne disposent pas d’une estimation de la charge de travail effective.

«En 2015,  la Banque mondiale avait relevé que le taux moyen d’absentéisme du personnel médical au Maroc s’élève à 27%, avec des régions qui enregistrent des taux de 44%. En moyenne 42% du temps de travail du corps médical n’est pas exploité à cause des absences. A contrario, le taux de couverture en personnel médical et paramédical reste largement insuffisant par rapport aux standards internationaux. Dans ces conditions, tout effort d’améliorer les taux de couverture, par le recrutement, est jugé peu efficace et même infructueux.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc