International

L’Ethiopie près d’achever son barrage sur le Nil

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5149 Le 16/11/2017 | Partager
L’ouvrage à 60% de réalisation, le Caire s’inquiète
Une source latente d’un conflit imprévisible
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L’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie se sont mis d’accord en 2015 pour se conformer aux conclusions d’une étude sur l’impact du barrage. Celle-ci n’est cependant pas encore terminée, alors que la construction est à 60% achevée (Source: Monde-Diplomatique.fr)

L’Egypte craint pour son approvisionnement en eau. «Le barrage de la renaissance» en construction par l’Ethiopie est à 60% terminé. Il devrait être le plus large d’Afrique, 175 métres de haut pour 1.800 métres de long. Son volume sera de 10 millions de mètres cubes et son réservoir aura une capacité de stockage de 79 millions de mètres cubes pour une surface d’eau de 156 millions de mètres carrés.

Elle va ensuite commencer à le remplir en eau afin qu’il devienne le barrage hydroélectrique le plus large d’Afrique. Le fait que les résultats de l’étude d’impact ne sont pas disponibles nourrit les inquiétudes en Egypte.

Pour sa défense, Addis Abeba affirme que l’ouvrage n’aura aucun impact négatif sur l’approvisionnement en eau de l’Egypte. Ce barrage est en revanche d’une importance capitale pour un pays qui compte parmi les moins équipés au monde. 95 millions d’individus s’y trouvent sans accès à l’électricité. Le barrage hydroélectrique va permettre de générer plus de 6.400 mégawats alors que la production actuelle ne dépasse pas 4.000 mégawats.

La construction devrait s’achever en 2018, les travaux sont à 60% finis. Selon «The Telegraph» (édition du 2 octobre 2017), le ministre éthiopien de l’Eau, de l’Irrigation et de l’Electricité affirme avoir «pris en compte les effets probables du barrage sur les pays comme l’Egypte et le Soudan». Il a ajouté que les plans de remplissage peuvent être ajustés en conséquence.

Peu de nations se reposent sur un seul fleuve pour l’approvisionnement en eau comme le fait l’Egypte. 90% des réserves en eau sont assurées par le Nil. Presque la totalité de la population égyptienne vit autour de ce fleuve et doit déjà faire face à la rareté des ressources hydriques. L’Egypte a l’une des plus faibles parts d’eau per-capita au monde (600 mètres cubes par personne). Le gaspillage ainsi que la croissance démographique renforcent encore plus le stress hydrique. Il est prévu que la population double dans les cinquante prochaines années.

Que peut donc faire l’Egypte? Une intervention militaire pour stopper les travaux semble improbable après la signature en 2015 de la «Déclaration de l’accord de principe» par l’Ethiopie, le Soudan et l’Egypte. Ces derniers avaient convenu de procéder à une étude sur l’impact du projet, et de s’y soumettre en adoptant un plan en conséquence. La date limite pour l’achèvement de l’étude est cependant passée. Elle est ralentie par manque de transparence et de partage de l’information.

Le Nil traverse onze pays: la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda, Burundi, la République démocratique du Congo, le Kenya, l’Ethiopie, l’Erithrée, le Sud du Soudan, le Soudan et l’Egypte. Ces deux derniers s’approprient un droit exclusif sur l’utilisation du fleuve par les traités de 1929 et de 1959.

 

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