Competences & rh

Mon MBA a fait décoller ma carrière!

Par Ahlam NAZIHTilila EL GHOUARI | Edition N°:5147 Le 14/11/2017 | Partager
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Amine Sebti, CEO de SantéV (Ph. Santé V)

■ «Je ne me voyais pas ingénieur à vie»

Harvard, Columbia, Warthon, l’Insead, Kellogg... Pour son MBA, Amine Sebti a visé très haut. Il a postulé pour les MBA les mieux classés au monde. Presque tous ont accepté sa candidature, mais il a choisi celui de Kellogg, la prestigieuse business-school de la Northwestern University (Etats-Unis).
Le patron de la startup SantéV a effectué ses études supérieures aux Etats-Unis. Après un diplôme d’ingénieur télécoms, il a tout de suite intégré une entreprise américaine de télécoms. «J’y ai travaillé pendant quatre ans. J’ai ensuite décidé de changer de carrière. Même si j’aimais le monde de la technologie, je ne me voyais pas ingénieur toute ma vie. J’aspirais à une position managériale», livre-t-il.
Amine a ainsi tout arrêté pour se consacrer entièrement à ce qu’il qualifie de «parenthèse enchantée», son MBA de deux ans (près de 30.000 dollars pas an). «En tant qu’ingénieur, ce diplôme m’a permis de compléter ma formation pour comprendre le business», témoigne-t-il. La première année était sous forme d’un tronc commun, où il a été initié à la finance, la comptabilité, le marketing… «Cela s’apparente à une boîte à outil qui vous permet d’avoir suffisamment de connaissances pour devenir manager», explique-t-il. La deuxième année est celle de la spécialisation. Elle est précédée d’un stage de trois mois permettant de tester le domaine choisi. Amine, qui a opté pour la stratégie, a effectué son stage dans l’un des plus grands cabinets de conseil en stratégie au monde, Strategy&. Et coup de chance, pour le garder, le cabinet lui propose de lui payer sa deuxième année. Il accepte sans hésiter.
A la fin de sa formation, il quitte les Etats-Unis pour s’installer au Royaume-Uni. «Mon MBA m’a propulsé vers une nouvelle carrière. Mon salaire a été multiplié par deux, j’ai acquis plus de connaissances et j’ai accédé à un réseau international de lauréats de très grande qualité», se réjouit l’ex-ingénieur.  
Il passe trois ans chez Strategy& à Londres avant de décider de rentrer au Maroc pour devenir… entrepreneur, son autre rêve. Son expérience lui a procuré suffisamment de confiance pour tenter l’aventure.  
Après une SSII, il lance SantéV, une chaîne prodiguant des conseils en santé dans les cabinets médicaux.
Son conseil, ne pas souscrire à un MBA pour devenir entrepreneur, surtout si le diplôme est autofinancé. «Il n’est pas évident de créer sa boîte en étant déjà endetté. Par ailleurs, il existe déjà tout un écosystème vous aidant à devenir entrepreneur», insiste-t-il.

                                                                              

 

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Mohamed Chakib Rifi, PDG de Dataplus
(Ph. Dataplus)

■ «J’ai appris à piloter mon entreprise à 360°»

Pur produit de l’école publique marocaine, Mohamed Chakib Rifi, PDG de Dataplus, est de ceux qui ont toujours nourri de grandes ambitions. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur de l’Ecole Polytechnique universitaire de Lille, il rentre au pays et se lance dans l’entrepreneuriat. «Le Maroc était dans une phase où l’inclusion digitale allait avoir de belles années devant elle, ce qui m’a poussé à lancer mon propre projet», confie-t-il. C’est ainsi qu’il a créé Dataplus, une entreprise spécialisée dans l’informatique et les télécoms, devenue aujourd’hui l’un des leaders de la distribution des produits et solutions informatiques et télécoms au Maroc, et dans la région Mena.
A l’âge de 28 ans, Mohamed Chakib Rifi, décide de s’inscrire dans un Executive MBA. «Je voulais élargir mes champs de compétence, en abordant l’ensemble des disciplines du management, surtout dans leur dimension stratégique», explique-t-il. «Je souhaitais, d’une part, apporter de nouvelles cordes à mon arc et, d’autre part, valider la stratégie de développement de mon entreprise sur le long terme», poursuit-il. C’est à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) qu’il rejoint, pour une deuxième fois, les bancs de l’école. «Cette expérience m’a permis d’apprendre à piloter mon entreprise à 360°. Le processus de prise de décision est devenu plus rapide grâce à ce MBA», souligne le PDG de Dataplus, également ancien président de l’Apebi (Fédération marocaine des TI, des Télécommunications et de l’Offshoring). Son expérience lui a aussi permis de siéger dans le conseil d’administration de plusieurs entités publiques et privées.

                                                                              

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Image Bejja, Marketing Leader, Francophone Africa & Islands, de Schneider Electric (Ph. Schneider Electric)

■ Ascension rapide, mais à pas sûrs

De l’ambition, Imane Bejja en a à revendre. Cette jeune cadre du groupe Schneider Electric a décidé il y a quelques années de gravir les échelons, un à un, mais «sur des bases solides». «De par ma formation, je disposais déjà d’un background business et finances. Cependant, j’avais besoin d’aiguiser mes connaissances et mes compétences, et surtout, d’avoir une vision macro, au lieu de rester dans l’opérationnel», confie-t-elle. «L’expérience du MBA m’a permis d’aller au-delà de mes savoirs académiques, et de me rapprocher plus de la réalité, grâce aux études de cas pratiques», ajoute-t-elle.
Assoiffée d’apprentissage et animée par sa volonté de réussir ses projets professionnels, elle s’est donc inscrite il y a près de quatre ans au MBA de l’EHTP – Ecole nationale des Ponts et Chaussées. Une formation prestigieuse, lancée en 1998, à l’initiative de feu Abdelaziz Meziane Belfqih, alors Ministre de l’Équipement et du Transport. Imane a financé elle-même son diplôme, qui à l’époque coûtait 160.000 DH. Ce n’était pas son seul sacrifice. Ayant choisi la formule «part time» avec des cours du soir, ce n’était pas évident pour elle de concilier études et carrière professionnelle. Ses longues journées au bureau se terminaient souvent à 20H. Elle devait trouver le courage de se concentrer sur deux lourdes occupations. Cela dit, c’était sans compter sur sa détermination. Son ascension professionnelle a commencé alors qu’elle était toujours en formation. Imane s’est petit à petit sentie capable de relever de nouveaux défis. En l’espace de quatre ans, elle est passée de Manager marketing et communication Maroc, à Responsable du cluster Maghreb, puis, de l’Afrique francophone et des îles. Elle gère aujourd’hui 64 pays. «J’ai également pu accéder au comité de direction en tant qu’invitée permanente, avant d’y être intégrée officiellement et avoir mon mot à dire dans les prises de décision», relève-t-elle fièrement.  Son conseil pour ceux qui souhaitent s’inscrire dans un MBA, avoir une vision claire de leurs objectifs de carrière. «Si vous savez que vous serez embarqué dans des projets professionnels très prenants, mieux vaut ne pas se lancer dans une formation», suggère-t-elle.

                                                                              

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Hicham Bouzoubaa, Directeur Développement Petromin International (Ph. L’Economiste)

■ De l’entrepreneuriat au management à l’international

Beaucoup de cadres décident de s’arrêter à un certain moment de leur carrière afin de changer complètement de cap. Hicham Bouzoubaa en fait partie. Cet ingénieur de l’Ecole des Mines de Rabat, qui a commencé sa vie professionnelle en tant que startupper, a choisi de troquer sa casquette d’entrepreneur contre celle de manager. «Après quatre ans d’expérience, j’ai ressenti le besoin de redonner un nouveau souffre à mon parcours», confie-t-il. C’est ainsi qu’il s’inscrit dans le MBA de l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées à Paris, qu’il finance en fonds propres. «C’est un vrai challenge à relever, il faut vraiment être préparé pour combiner les contraintes professionnelles, familiales et celles de la formation», souligne-t-il. Son diplôme lui ouvre tout de suite les portes d’une carrière à l’international. Il commence par intégrer le groupe Thales, avant de rejoindre Shell. Aujourd’hui, il est directeur Développement de Petromin International.
Le pouvoir du MBA, il y croit dur comme fer. Il a, d’ailleurs, été Président de l’association des alumni marocains du MBA de l’ENPC. «Toutefois, il faut bien choisir son MBA. Il est important de regarder sa notoriété, la robustesse et l’étendue du réseau de ses lauréats, la qualité des intervenants et l’ouverture à l’international», conseille-t-il. «Une fois inscrit, il faut s’investir pour le réussir. Un MBA est surtout un espace d’échange d’expériences et de savoir-être. Il s’agit d’un network à développer et à maintenir, dont les retombées sont positives sur le plan personnel et professionnel», insiste-t-il.

 

 

 

 

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