International

Arabie Saoudite: La purge anticorruption se poursuit

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5145 Le 10/11/2017 | Partager
100 milliards de dollars de fraudes, plus de 200 personnes arrêtées
La tension entre Riyad et le Liban monte d'un cran
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Plus de 200 personnes ont été arrêtées en Arabie Saoudite pour des fraudes se montant à 100 milliards de dollars sur plusieurs décennies. La purge anticorruption sans précédent menée dans le Royaume a notamment visé des princes, ministres et hommes d'affaires. Et ce, lors d'une opération coup de poing qui fait suite à la mise en place d'une nouvelle commission anticorruption présidée par le Prince héritier Mohammed ben Salmane.

Les autorités ont gelé les comptes bancaires des suspects et prévenu que tout actif qui serait lié à des affaires de corruption serait saisi au profit de l'Etat. Les personnalités arrêtées vont être jugées devant un tribunal, a indiqué le Procureur général cité par AFP. Cette vague d'arrestations intervient au moment où le Prince héritier Mohammed ben Salmane, 32 ans, tente de consolider son pouvoir et d'introduire des réformes économiques et sociales inédites.

Pour apaiser les craintes des investisseurs, l'Arabie Saoudite a assuré que la purge anticorruption n'affecterait pas les entreprises. La nouvelle qui a fait trembler la Bourse de Riyad et d'autres places du Golfe, fait vaciller les certitudes des entrepreneurs et éveillé les risques de fuites de capitaux.

Entre temps, la tension entre l'Arabie Saoudite et le Liban est encore montée d'un cran. Riyad a appelé, jeudi 9 novembre, ses ressortissants à quitter le Liban, quelques jours après l'annonce de la démission de Saad Hariri du poste de Premier ministre libanais. Les Saoudiens sont appelés aussi à ne pas se rendre au Liban, sans évoquer de menace spécifique.

Le 4 novembre, Hariri a annoncé sa démission depuis Riyad en accusant le Hezbollah libanais et l'Iran de «mainmise» sur son pays et en «disant craindre pour sa vie». De son côté, Beyrouth a réclamé le retour de Saad Hariri. Le Président libanais Michel Aoun a affirmé qu'il attendait son retour pour décider s'il acceptait ou non sa démission.

Celle-ci est intervenue en pleines tensions entre les deux poids lourds de la région, à savoir l'Arabie Saoudite et l'Iran, au sujet de plusieurs questions et conflits au Moyen-Orient. Dans la nouvelle crise qui menace d'embraser la région, les Etats-Unis ont choisi leur camp. Mais leur soutien plus qu'appuyé à l'Arabie Saoudite face à l'Iran, l'ennemi commun, est aussi très risqué.

 

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