Société

Pourquoi Oualalou croit au modèle chinois

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5145 Le 10/11/2017 | Partager
L’ancien Ministre des Finances, conférencier à l’ESJC
Liaisons historiques, rapprochement stratégique, plusieurs options de convergence
Le Maroc peut devenir le relais de la Chine pour l’Afrique
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Fathallah Oualalou, en présence des étudiants de l’ESJC: «Nous fêterons l’année prochaine le soixantenaire des relations avec la Chine. Il faut utiliser ce symbole, car les Chinois y accordent de l’importance (Ph. Fadwa Al Nasser)

Questions de haut niveau posées par les élèves de l’ESJC qui recevaient l’ancien Ministre des Finances et ancien Maire de Rabat. Fathallah Oualalou est venu parler de la Chine, du Maroc et de l’Afrique. Impressionné par la qualité de son auditoire, Oualalou s’est exprimé avec passion. Heureux de renouer avec ses réflexes d’enseignant, chaque étudiant qui prenait la parole trouvait aussitôt l’ancien Ministre à moins d’un mètre, à demi incliné, l’oreille tendue et l’air bienveillant.

Le vif du sujet maintenant. Oualalou croit beaucoup au modèle chinois. La Chine a pu «se développer en restant fidèle à son histoire, comme le Maroc. Mais nous n’arrivons pas à avoir les mêmes résultats, pour quelles raisons selon vous ?», s’est interrogé un étudiant.

Selon Oualalou, le secret du succès chinois réside dans leur bonne gestion d’éléments contradictoires en même temps et de manière dialectique.  «Cela ne veut pas dire que nous devons faire la même chose vu que nous ne pouvons pas. Nous avons notre histoire et notre contexte uniques», s’est-il empressé de préciser.

Plusieurs conventions et accords de partenariats lient les deux pays. La BMCE a notamment signé une convention pour la construction d’une cité industrielle de 2.000 hectares en vue d’exporter vers l’Europe et l’Afrique. Le Maroc, étant une zone de libre échange avec l’Europe et les Etats-Unis, a également le potentiel d’être un relais pour ces deux marchés, relève Oualalou. Les deux pays sont également proches de par leurs stratégies envers l’Afrique. Le continent connaît une croissance démographique et une urbanisation très importantes.

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Parrainé par OCP Policy Center, Oualalou a achevé une étude sur la production du phosphate en Chine. 30% de l’output du pays est assuré par des artisans. Cette production est anarchique, polluante et génératrice de corruption. Le chercheur souhaite que les autorités chinoises rationnent leur exploitation, ce qui va les amener à être clients du Maroc

Un développement qui entraîne une demande croissante en alimentation, quantitative mais aussi qualitative, accompagnée de l’apparition d’une classe moyenne de plus en plus importante. Le Maroc veut profiter de cette demande en progression. Avec les plus importantes réserves de phosphates (voir pages 4 & 5), le royaume construit actuellement deux sites industriels, l’un au Nigéria et l’autre en Ethiopie.

Les Chinois sont quant à eux intéressés par l’agriculture africaine pour leur propre consommation. Ils ont en effet peu de terres arables. De plus, les réserves de phosphates dont la Chine dispose ne peuvent tenir que pour 40 années avec le niveau de production actuel. «Pour leur propre intérêt, les Chinois doivent réduire leur production de phosphate», analyse Oualalou.

Un recul de la production chinoise de phosphate va permettre non seulement de faire baisser la pollution qui devient une sérieuse préoccupation pour le pays, mais de sauvegarder les réserves. Le Maroc peut dans cette optique apporter son aide en comblant la demande chinoise. On trouve là une des facettes d’une relation Win-Win entre la Chine et les pays du Sud, telle que défendue par Fathallah Oualalou.

 

 

 

 

 

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