Dossier Spécial

Marche Verte: «L’autonomie est l’unique voie pour un règlement définitif»

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5141 Le 03/11/2017 | Partager
Cette proposition a permis de sortir de l’impasse après l’échec des plans antérieurs
Rabat a déjà franchi des étapes importantes dans la mise en œuvre
Les provinces du Sud, un hub régional, reliant le Maroc à l’Afrique
nacer_bourita_41.jpg

Pour Nacer Bourita, «le nouveau modèle de développement des provinces du Sud, lancé par SM le Roi en novembre 2015, constitue une parfaite illustration des efforts, de l’engagement et de la volonté du Maroc de promouvoir le développement socioéconomique et culturel du Sahara marocain» (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Quel est le niveau des relations que le Maroc entretient avec le Secrétaire général de l’ONU et son Envoyé personnel pour le Sahara?
- Nacer Bourita:
Le Maroc entretient d’excellentes relations avec le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, marquées par le respect mutuel, la confiance, la sérénité et la franchise. Ces relations de coopération trouvent leurs fondements dans les objectifs partagés par SM le Roi et Guterres, de servir les idéaux et les buts des Nations unies, notamment le maintien de la paix et de la sécurité internationales, le développement économique, social et durable, l’émancipation de l’Afrique et de la lutte commune contre les fléaux du terrorisme et de l’extrémisme. Sur toutes ces questions, et bien évidemment sur le différend régional autour du Sahara marocain, notre pays entretient, à tous les niveaux, un dialogue et une concertation permanents avec le SG et le Secrétariat général de l’ONU.
Vous vous rappelez que durant la crise de Guergarate, SM le Roi s’était personnellement entretenu par téléphone avec Antonio Guterres. Sur les Hautes instructions de SM le Roi, la Délégation marocaine à la 72e session de l’Assemblée générale l’avait rencontré en septembre dernier. Durant cet entretien, les sujets d’intérêt commun, particulièrement la question du Sahara marocain, ont été discutés. En ce qui concerne l’Envoyé personnel du SG pour le Sahara, Horst Köhler, le Maroc lui a exprimé, aussi bien après sa nomination que durant sa visite à Rabat, sa disposition et son engagement pour coopérer pleinement avec lui, dans le cadre de la mise en œuvre de son mandat de facilitation, fixé par les résolutions du Conseil de sécurité depuis 2007. Et ce, afin de parvenir à une solution politique et négocié à ce différend artificiel.

- Comment se présente la situation depuis la nomination d’un nouvel Envoyé personnel?
- La visite de Horst Köhler au Maroc le mois dernier s’est déroulée dans d’excellentes conditions. L’Envoyé personnel a été reçu par SM le Roi, le Chef du gouvernement et les présidents des deux chambres du Parlement. J’ai eu pour ma part plusieurs réunions de travail avec lui. Tout cela traduit la bonne volonté du Maroc et sa disposition à coopérer avec lui et à faire avancer le processus politique.
 
- Plusieurs pays qui comptent ont encouragé le plan d’autonomie au Sahara marocain.
- Depuis sa présentation en 2007,  l’initiative marocaine d’autonomie jouit d’un très large appui de la Communauté internationale dans son ensemble. L’organe exécutif des Nations unies, en l’occurrence le Conseil de sécurité, a considéré dans ses 12 résolutions successives depuis 2007, l’initiative d’autonomie comme étant sérieuse et crédible. Le Conseil de sécurité s’est, à cet effet, félicité des efforts du Maroc pour mettre fin à ce différend régional. De même, un très grand nombre de pays a soutenu, le mois dernier, la marocanité du Sahara, l’initiative d’autonomie et le processus politique onusien, et ce durant les travaux de la 4e commission de la 72e session de l’Assemblée générale.

- Qu’est-ce qui a changé depuis l’annonce de la proposition d’autonomie?
- Il convient de souligner qu’avant la soumission de cette initiative, les efforts du Conseil de sécurité pour contribuer à la résolution de ce différend étaient dans l’impasse, après l’échec et l’enterrement de tous les plans antérieurs. C’est à la demande du Conseil de sécurité et de la Communauté internationale que le Maroc a présenté l’initiative d’autonomie qui est la base du processus politique actuel mené sous les auspices exclusifs des Nations unies. Cette initiative constitue la seule et unique voie pour parvenir au règlement définitif de ce différend régional sur le Sahara marocain.

- Qu’en est-il de la mise en œuvre de la régionalisation?
- Je voudrais indiquer qu’en prélude à l’autonomie, le Maroc a franchi des étapes importantes dans la mise en œuvre de la régionalisation avancée dans ses provinces du Sud, conformément aux dispositions de la Constitution de 2011. A cet effet, il y a lieu de mettre en relief la mise en place des conseils régionaux, suite aux élections du 5 septembre 2015, avec de très larges prérogatives dans tous les domaines de la gestion et de la gouvernance locales au Sahara marocain. Ce scrutin a été suivi par les élections législatives du 7 octobre 2016, qui ont elle aussi connu la participation massive des populations des provinces du Sud. Ces deux échéances ont permis aux populations du Sahara marocain d’élire, librement, leurs vrais et authentiques représentants au niveau des institutions de la région et du Parlement marocain. Le caractère démocratique de ces élections a été reconnu par les observateurs nationaux et internationaux. D’ailleurs, le SG de l’ONU et la cheffe de la Minurso ont confirmé devant le Conseil de sécurité que ces élections se sont déroulées dans une atmosphère calme et sans aucun incident. Par ailleurs, le nouveau modèle de développement des provinces du Sud, lancé par SM le Roi en novembre 2015, constitue une parfaite illustration des efforts, de l’engagement et de la volonté du Maroc de promouvoir le développement socioéconomique et culturel du Sahara marocain.

- L’avenir du Maroc passe également par l’Afrique subsaharienne à partir des provinces du Sud. Comment traduire cette équation sur le plan économique et des projets d’investissements?
- Je voudrais d’abord rappeler le retour triomphal du Maroc en janvier  dernier dans sa famille institutionnelle, l’Union africaine. Ce retour historique, décidé par consensus, reflète le respect et la reconnaissance des chefs d’Etat africains envers SM le Roi, qui accorde une importance cruciale à l’Afrique, à sa stabilité et à son développement économique. En effet, le Maroc joint toujours les actes à la parole. Faut-il rappeler que le Maroc est devenu le premier investisseur africain en Afrique, dans le cadre de la coopération sud-sud agissante et multiforme. D’ailleurs, le nouveau modèle de développement fait du Sahara un hub régional de premier plan, reliant le Maroc à son prolongement stratégique africain et offrant des opportunités considérables d’investissements aussi bien pour les acteurs marocains que leurs frères africains et autres opérateurs étrangers.

Ancrage africain

Le Ministre des Affaires étrangères donne quelques exemples qui illustrent l’ancrage africain du Maroc, dans ce cadre les provinces du Sud jouent un rôle fondamental. «Les Casques bleus sont déployés en Afrique depuis 1960, pour défendre la paix et la stabilité sur le continent, parfois au prix de leur vie», rappelle Nacer Bourita. Selon lui, Rabat a entrepris des efforts de médiation pour prévenir et régler des conflits en Afrique. «Le Maroc œuvre avec les pays africains pour la lutte contre le terrorisme, notamment à travers une coopération sécuritaire efficace et la formation de leurs imams sur les précepts de la religion islamique tolérante», note-t-il. La politique migratoire humaniste, à l’initiative de SM le Roi, favorise «la régularisation de nos frères africains et leur intégration dans la société marocaine».

Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc