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Madrid: La difficile mise sous tutelle de la Madrid

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5132 Le 23/10/2017 | Partager
Le chef du gouvernement évoque l’article 155 de la constitution
Les indépendantistes persistent et signent
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Plus de 450.000 personnes sont descendues dans les rues de Barcelone, sitôt que le chef du gouvernement a déclenché le processus de mise sous tutelle de la Catalogne, évoquant l’article 155 de la Constitution espagnole (Ph. AFP)

«L’Espagne doit faire face à une tentative inacceptable de sécession dans une partie de son territoire national. Elle la résoudra par le biais de ses légitimes institutions démocratiques dans le respect de la Constitution, en s’appuyant sur les valeurs et principes de la démocratie parlementaire dans laquelle nous vivons depuis déjà trente-neuf ans», déclarait sereinement, mais fermement, le roi Felipe VI, vendredi 20 octobre, en référence à la grave crise institutionnelle en Catalogne.

Un discours prononcé à la veille du conseil extraordinaire, destiné à adopter l’article 155 de la Constitution espagnole, qui permet, au pouvoir central, la mise sous tutelle d’une région qui «ne respecte pas les lois ou porte gravement atteinte à l’intérêt général».  Samedi 21 octobre, et pour la première fois dans l’histoire de l’Espagne, la question a été évoquée par le chef du gouvernement Mariano Rajoy.

La mesure permet à Madrid de dissoudre le Parlement catalan et de convoquer des élections dans un délai de six mois. Aucune remise en question, cependant, de l’autonomie, ni la gouvernance de la région n’ont été prononcées à ce jour. Le gouvernement espagnol souhaite prendre concrètement le contrôle de l'administration, depuis la police autonome jusqu'à la télévision publique, sous réserve de l’approbation du Sénat  espagnole, d’ici le 27 octobre.

L’intention du gouvernement d’appliquer une version allégée de l’article 155 ne semble pourtant pas calmer la grogne des indépendantistes, descendus en force dans les rues de Barcelone. Plus de 450.000 personnes, selon les chiffres de la police municipale pour défendre ce qu'ils appellent les prisonniers politiques, des indépendantistes inculpés pour sédition, mais aussi pour soutenir le président catalan, Carles Puigdemont, en tête des manifestations.

La décision de Madrid a eu, en effet, pour résultat de ressouder les rangs des indépendantistes, fragilisés par le désaccord sur les conditions de déroulement du referendum. Ceux qui avaient levé le pied sur les revendications ces derniers jours, à l’instar de la présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, reprennent du poil de la bête.

  L’ancienne présidente de l’association indépendantiste «Assemblée nationale de Catalogne» a en effet convoqué, ce  lundi 23 octobre, le bureau des porte-parole de la Chambre régionale pour fixer la date de la séance plénière où devrait être débattue la déclaration d’indépendance. Le président catalan et les différents ministres régionaux pourraient alors refuser d’obéir aux injonctions de Madrid, en arguant que la «République de Catalogne» ne reconnaît plus les lois espagnoles.

 

 

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