International

Nucléaire iranien: Bras de fer entre l’Europe et Washington

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5128 Le 17/10/2017 | Partager
Bruxelles plaide en faveur du maintien de l'accord
La décision de Trump compliquera le dossier nord-coréen

La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, compte se rendre à Washington début novembre. C’est pour plaider en faveur du maintien de l'accord nucléaire avec l'Iran après sa remise en cause par Donald Trump. Cet accord est «crucial pour la sécurité de la région», a fait valoir Mogherini en s'exprimant au nom des 28 pays de l'UE à l'occasion d'une réunion de leurs chefs de la diplomatie à Luxembourg. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui mène les inspections sur les sites nucléaires iraniens «n'a jamais constaté le moindre manquement à l'accord de la part de Téhéran», a ajouté la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne.

Dans le contexte des tensions nucléaires avec le régime de Kim Jong-Un, «il risque d'être plus difficile d'ouvrir un dialogue ou une médiation avec la Corée du Nord, si l'accord nucléaire iranien est menacé ou démantelé», a-t-elle averti. Les Européens veulent afficher leur fermeté face à Pyongyang en adoptant de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord.

Ces mesures vont au-delà des sanctions adoptées en septembre par le Conseil de sécurité de l'ONU en riposte à son nouvel essai d'une bombe atomique. Elles prévoient une interdiction des exportations de pétrole et de tous les investissements en Corée du Nord pour les entreprises de l'UE, ainsi qu'une réduction des mandats d'argent liquide pouvant être envoyés au pays depuis l'UE (à 5.000 euros, contre 15.000 actuellement). La liste noire de l'UE sera rallongée, avec l'ajout de trois personnalités nord-coréennes et de six entités (entreprises ou institutions) dont les avoirs seront gelés, selon une source européenne.

Le président américain, qui s'en est violemment pris au régime iranien, a refusé vendredi dernier de «certifier» l'accord. Il a plaidé pour son durcissement par le Congrès et menacé d'en retirer les Etats-Unis si ses demandes n'étaient pas satisfaites. Les autres grandes puissances (Russie, Chine, France, Allemagne, Royaume-Uni), signataires de ce compromis historique en 2015, ont unanimement pris sa défense.

Le refus de Trump de certifier à nouveau le texte ouvre une période de grande incertitude. Ce qui donne au Congrès américain 60 jours pour réimposer les lourdes sanctions économiques contre Téhéran qu'il avait levées en 2016 comme le prévoyait l'accord.

 

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc