Régions

Berrechid: Succès du 1er Salon dédié à la céréaliculture

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5128 Le 17/10/2017 | Partager
Près de 80.000 visiteurs malgré la canicule
Organisateurs, exposants et institutionnels satisfaits
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Le Salon a été l'occasion pour l'inter-profession, producteurs et intervenants de présenter leur savoir-faire et de créer un lieu d'échange (Ph. L'Economiste)

Le défi a été relevé et le pari gagné. C’est le moins que l’on puisse dire après le succès enregistré par la première édition du Salon national professionnel de la céréaliculture et des légumineuses organisé du 12 au 15 octobre dans la ville de Berrechid.
La Direction régionale de l’agriculture (DRA de Casablanca-Settat) et l’Association internationale du Salon de la céréaliculture et des légumineuses  avaient mis les bouchées doubles pour atteindre un premier objectif: dépasser le chiffre de 50.000 visiteurs en quatre jours. Ils ont été comblés puisque près de 80.000 personnes ont fait le déplacement pour visiter les 200 stands du Salon. Et cela malgré la canicule qui sévit depuis une semaine.

Mohamed Benchaib, président de l’Association du Salon international des céréales et légumineuses et lui-même céréaliculteur, se frotte les mains. Son action en faveur du développement de la filière dans l’objectif d’assurer et de garantir la sécurité alimentaire du Maroc a trouvé des échos favorables tant auprès des institutionnels, des professionnels et de tous les intervenants dans la filière des céréales et des légumineuses qu’auprès des agriculteurs de la région.

Ils ont été nombreux à venir visiter le Salon et aussi s’informer sur les dernières techniques de semis ou encore de traitement des champs et sur l’utilisation rationnelle des engrais et des herbicides. Sans oublier le recours à la mécanisation et le conseil agricole. Tous les intervenants dans la filière étaient présents. Même les coopératives valorisant les produits du terroir sont venues de toutes les régions du Maroc pour prendre part à cette première édition.

C'était également l’occasion pour les institutions, l’interprofession, les professionnels, les organisations professionnelles, producteurs et intervenants de présenter leur savoir-faire et aussi de créer un lieu d’échange entre les différents opérateurs du secteur.

Mais aussi d’encourager et de primer les meilleurs opérateurs aux niveaux de la production et de la valorisation et de promouvoir des métiers et activités autour des deux filières. Sans oublier le renforcement des organisations professionnelles et de l’esprit de coopération surtout chez les producteurs.

Le Salon, affirme Benchaib, veut contribuer, un tant soit peu, à l’autosuffisance et à la sécurité alimentaire du pays. Et aider à atteindre certains des objectifs du Plan Maroc Vert.
Pour sa part, Abderrahmane Naïli, directeur régional de l’agriculture de Casablanca-Settat, ne cache pas sa satisfaction quant à la réussite de cette première édition. «Un succès sur tous les plans qu’il faut attribuer à tous les participants et intervenants dans l’organisation de cette première édition», souligne-t-il. Naïli ne cache pas que, certes, «les organisateurs ambitionnaient de réussir ce Salon, mais étaient loin de s’attendre à ce succès».

Contraintes

La filière des céréales et légumineuses connaît plusieurs contraintes. Elles sont liées au faible niveau de technicité des petits et moyens agriculteurs et au faible recours à l’utilisation des intrants particulièrement les semences sélectionnées et le traitement raisonné par les herbicides et fongicides et le non-respect de la rotation culturale. En effet, le recours aux semences sélectionnées ne dépasse pas 20% à l’échelle nationale, 10% pour le recours aux traitements herbicides et 2% pour le traitement fongique et parasitaire. Cette situation affecte la productivité même quand les conditions climatiques sont favorables. S'ajoutent les défaillances des réseaux de commercialisation et le faible niveau de valorisation et de transformation des produits de la céréaliculture et des légumineuses.

                                                                       

«L'autosuffisance, un objectif réalisable»

Ce Salon a été aussi l'occasion de rappeler que la stratégie de développement de la filière dans le Plan Maroc Vert pour la Région Casablanca-Settat préconise la remise à niveau pérenne de la filière céréalière. Et cela autour d’une logique productiviste à travers la stabilisation de la production, la réduction des fluctuations et le développement d’importants investissements par l’agrégation productiviste. Aussi, le Plan agricole régional (PAR) compte réaliser, d’ici 2020, pas moins de 33 projets Pilier I sur une superficie de 192.700 hectares avec un montant d’investissement de 2,47 milliards de DH et 11 projets Pilier II sur une superficie de 22.500 hectares avec un montant d’investissement de 85 millions de DH.

L’objectif final du PAR vise à augmenter de 30% la production en céréales d’ici 2020, tout en réduisant la superficie emblavée pour cette culture de 13% (soit donc 790.00 ha en 2020). Ceci sera possible par l’augmentation de la production et l’adoption de pratiques agricoles raisonnables et durables, estiment des agronomes. Le volume commercialisé devrait alors passer de 1 million de tonnes à 1,58 million de tonnes en 2020.

Concernant les légumineuses, le PAR prévoit la réalisation de 2 projets Pilier I sur une superficie de 4.000 hectares avec un montant d’investissement de 150 millions de DH. L’objectif est d’augmenter la production pour atteindre 811.000 quintaux en 2020.

«L’autosuffisance en céréales et légumineuses est un objectif réalisable et peut être atteinte par la création de nouvelles variétés de semences sélectionnées à haut potentiel», estime Mohammed Benchaib, président de l’Association du Salon international des céréales et légumineuses. Elle peut également être atteinte «grâce aux efforts concertés de tous les acteurs du secteur, l’encouragement des agriculteurs à s’organiser dans le cadre d’organisations professionnelles et leur incitation à l’adhésion aux programmes du département de l’Agriculture, notamment ceux de l’Office national du conseil agricole (ONCA), qui visent l’amélioration du savoir-faire des producteurs et des procédures d’accès au financement».

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