Economie

Energie durable: Des écosystèmes en gestation

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5126 Le 13/10/2017 | Partager
Ils visent Siemens-Gamesa et l’ensemble de la filière
L’objectif est de mettre en place une industrie locale forte en la matière
Des fournisseurs de résine, élément-clé, déjà identifiés
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La construction des pales est un savoir-faire où se mêlent travail manuel et technologie de pointe. Un métier qui a fait son entrée au Maroc via l’usine Siemens-Gamesa de Tanger (Ph. Adam)

Les énergies vertes auront droit, elles aussi, à leur propre écosystème. Cette formule qui a permis l’émergence et le développement d’autres pans de l’économie (dont le plus en vue est l’automobile) permettra à cette branche de l’industrie d’accélérer. C’est ce qu’affirme Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce et de l’Industrie. Il intervenait lors de l’inauguration à Tanger de la première usine de pales d’éolienne d’Afrique et du Moyen-Orient, telle que présentée par son promoteur, le groupe Siemens-Gamesa.

Un premier travail a été lancé pour la mise en place d’un écosystème «constructeur» avec Siemens-Gamesa à l’instar de ceux déjà signés avec Renault et PSA, pour reprendre l’analogie avec le secteur automobile. Lors d’une 2e étape, il sera élargi à l’ensemble du groupe Siemens et de ses filiales. «Nous n’y sommes pas encore, mais nous voulons y arriver», annonce le ministre.

Elalamy est d’autant plus encouragé à y aller qu’une demande d’étude pour le doublement de la capacité de l’unité de pales a été formulée par Siemens le jour même de son inauguration, preuve du potentiel qu’offre le marché mais aussi des capacités de la main d’œuvre et de l’environnement marocain. Un autre écosystème en cours de mise en place est celui concernant les énergies durables. Il sera axé sur l’ensemble des fédérations existantes.

Le travail est actuellement en cours avec divers intervenants dont Masen pour faire éclore ce dispositif, selon le ministre. Cette manière de travailler est dictée par l’importance de la filière qu’est l’énergie durable. «Nous avons face à nous un véritable chantier qui ne se limite pas au solaire ou l’éolien ou le marché domestique, nous visons aussi les marchés à l’export»,  tient à préciser le ministre en référence aux visées que peut avoir le secteur de l’énergie durable qu’il qualifie de «très porteur».

Un premier travail d’identification des opérateurs a été entamé par le ministère pour l’accompagnement de la filière des pales d’éolienne. Parmi les intrants principaux pour la fabrication de pales, figurent en première position les fibres et la résine. Elles assurent la cohésion comme dans du béton armé et des feuilles de bois de balsa assurent la forme intérieure. Pour la fibre il sera difficile de concurrencer le fournisseur actuel qu’est la Chine car elle dispose d’un atout stratégique, la matière première pour en fabriquer, selon Elalamy. Mais en ce qui concerne la résine, plusieurs fabricants ont été identifiés. Ils seront accompagnés dans le cadre du futur écosystème Siemens-Gamesa pour pouvoir fournir cet ingrédient à l’usine de Tanger.

A noter que pour le Maroc, la filière de l’énergie durable a un caractère stratégique. Le pays, résolument tourné vers le vert s’est donné pour objectif de porter la part des énergies durables dans son mix énergétique à 52% à l’échéance 2030 dont 20% seront générés par l’éolien. Le projet de 850 MW qui sera construit par le consortium Nareva, Siemens-Gamesa et Enel représente une étape importante dans cet objectif. Et pour y arriver, le pays doit contrôler la filière et assurer un minimum de savoir-faire en la matière.

Siemens-Gamesa: Une fusion pour un champion mondial

Siemens-Gamesa fournit des solutions d'énergie propre à l’échelon mondial. Avec 27.000 employés, il est présent dans plus de 90 pays et est le leader du marché africain avec plus de 15 ans d'existence dans des pays comme le Maroc avec 72% de part de marché, ainsi qu'en Algérie, en Egypte, en Afrique du Sud, en Tunisie, en Mauritanie, au Kenya et en Ile Maurice. La capacité installée totale de l'entreprise est proche de 80 GW.
Il est issu de la fusion de deux géants du domaine en avril 2017 qui bien avant avaient livré des projets d'énergie éolienne pour le marché marocain incluant Tarfaya (300 MW), Tanger (140 MW), Essaouira (60 MW) et Haouma (50 MW).

La formation, l’ingrédient essentiel

La nouvelle usine de Siemens-Gamesa est un véritable exemple en matière de formation. Elle a mis en place un centre de formation de 3.500 m2 pour faciliter le transfert des connaissances des experts de Siemens-Gamesa au profit des employés de l’usine. Ce centre offre une formation en alternance entre le site de Tanger et Aalborg au Danemark couvrant des modules diversifiés liés au métier mais aussi à la sécurité. Un total de 464 personnes ont été formées soit un volume de 800 heures par personne. La formation est l’une des priorités de l’usine, vu que cette filière était inexistante au Maroc avant l’arrivée de Siemens.

 

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