Economie

La Bourse réclame une amnistie fiscale pour les entrants

Par Franck FAGNON | Edition N°:5125 Le 12/10/2017 | Partager
L'objectif est de relancer les introductions
Le marché espère obtenir le réaménagement du PEA
Les requêtes des opérateurs pour la loi de finances
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Les entreprises qui s'introduisent en Bourse bénéficient d'une réduction de l'impôt sur les sociétés sur trois ans. Les acteurs du marché émettent l'idée d'une amnistie fiscale pour les nouvelles introductions venant de certains secteurs à déterminer afin de relancer les IPO (Ph. L'Economiste)

La recherche de meilleurs rendements et la bonne tenue des résultats semestriels des entreprises cotées maintiennent le Masi sur une trajectoire positive. Mais la Bourse est loin d'avoir soigné ses maux. Les autorités de marché vont défendre plusieurs dossiers pour la loi de finances 2018.

Parmi eux, figure la relance des investissements des particuliers en Bourse. Les transactions de cette catégorie d'investisseurs ont connu un bond significatif au quatrième trimestre 2016 et sur les trois premiers mois de l'année. Selon les opérateurs de marché, ils sont restés actifs au 2e et 3e trimestre. L'idée aujourd'hui est de réaménager le plan d'épargne action (PEA) pour soutenir le regain d'intérêt des particuliers pour la Bourse. Décrié dès le départ, le PEA n'a subi aucune modification depuis son introduction en 2011.

Après six ans, les montants drainés par le plan sont tout petit et témoignent quelque part du mauvais calibrage. Il faudra trouver le bon dosage fiscal pour améliorer l'attractivité du produit. Sur ce volet, l'assurance-vie est plus intéressante, relève un professionnel de marché. Sur le long terme, la Bourse bat tous les autres placements.

Cependant, la fiscalité et la souplesse des produits sont des éléments non négligeables dans l'appréciation des épargnants. Pour le PEA, l'un des défauts constitue le plafond des versements. Les cotisations dans le plan ne peuvent excéder 600.000 DH. Il y a consensus aujourd'hui pour remonter sensiblement ce seuil.

Pour augmenter l'investissement des particuliers en Bourse, il faudra leur offrir plus de choix. Cela passe notamment par le développement des introductions en Bourse. Il faut espérer que les initiatives comme le programme Elite permettent d'alimenter la place en IPO. Après la période euphorique (2006-2008), la Bourse éprouve des difficultés à attirer de nouvelles entreprises. Il y a avant tout un frein culturel au niveau des entreprises qu'il faudra dépasser. La Bourse comme d'autres sources alternatives de financement sont marginalisées.

En outre, l'entrée en Bourse ou encore la levée de fonds sur le marché obligataire imposent le respect d'un certain nombre de règles notamment de communication et une obligation de transparence. Un effort auquel beaucoup de dirigeants ne veulent pas se soumettre, préférant rester dans l'ombre. Et puis, beaucoup redoutent le contrôle fiscal. Celui-ci est quasi systématique après une introduction en Bourse.

Aujourd'hui, les entreprises qui s'inscrivent à la cote bénéficient d'une réduction de l'impôt sur les sociétés sur trois ans. Les acteurs du marché veulent aller plus loin en remettant sur la table l'idée d'une amnistie fiscale pour les nouvelles introductions venant de certains secteurs à déterminer. Reste à savoir s'ils seront écoutés.

 

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