Société

Abdelaziz Tazi, un homme d’affaires, un résistant et un créateur

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5124 Le 11/10/2017 | Partager
D’une intuition rare, le fondateur de Richbond a révolutionné le quotidien des Marocains
La brosse à cheveux, le ballon en plastique, le salon marocain en mousse… c’est lui
abdelaziz_tazi_024.jpg

Le fondateur du groupe Richbond a pressenti très vite que le plastique allait remplacer la porcelaine et le fer blanc dans la fabrication des objets du quotidien (Ph. DR)

Homme secret et réservé, Abdelaziz Tazi, fondateur du groupe Richbond et grand nationaliste marocain, s’en est allé, à l’âge de 91 ans, discrètement comme il a vécu. Il est l’inventeur de deux objets cultes, qui mériteraient leur place dans un musée du design. Il y a eu d’abord l’iconique brosse Tazi qui remplaça le peigne à base de cornes de mouton, et puis l’introduction de la mousse polyuréthane, qui a investi tous les salons marocains en remplacement aux sofas en laine, que seules les familles aisées pouvaient s’offrir.

Entre temps, d’autres objets ayant traversé la vie des Marocains ont vu le jour. Le ballon de foot en plastique, le chat à roulette, le caniche à bascule à la crinière frisée: des jouets très prisés dans les années 70, tout autant que la bassine en plastique que la ménagère utilise encore de nos jours. Intuitif et visionnaire, il avait pressenti que le plastique allait remplacer la porcelaine et le fer blanc, et s’est très vite convaincu que le succès était à chercher dans la démocratisation des produits d’usage usuel.

En 1971, il confirme ses intuitions, en étant le premier homme d’affaires marocain à faire de la publicité à la télévision avec un spot en arabe. C’est à cette occasion qu’il développe le slogan “Ya Salam” devenu tout aussi célèbre que ses produits.
Né en 1926 à Fès, il perd son père commerçant et grossiste de thé alors qu’il n’est encore qu’un enfant. Second d’une fratrie de sept enfants, le fondateur du groupe Richbond commence à travailler à l’âge de 15 ans pour subvenir aux besoins de sa famille.

Il débute sa carrière comme réparateur de postes de radio à Fès, puis rejoint Casablanca vers la fin des années 1940, où il s’engage dans la lutte pour l’indépendance du Maroc, en parallèle à ses activités commerciales. Il rejoint le parti Choura (PDI) de Hassan Ouazzani, puis se rapproche du parti communiste marocain dont il devient membre. Abdelaziz Tazi se lie  également d’une relation très forte avec Ali Yata et tous les autres dirigeants du parti où il joue un rôle actif dans la communication.

Après l’indépendance, il prend ses distances avec l’action politique, se consacre à ses affaires et épouse, en 1958, Touria Tazi, infirmière issue de la toute première promotion de diplômées d’Etat marocaines. De cette union naîtront trois enfants, Karim, Nascer et Hidaya. L’homme d’affaires est également, avec son épouse, grand  mécène dans le domaine des arts et de la culture, en soutenant directement plusieurs artistes et en parrainant la Fondation éponyme Touria et Abdelaziz Tazi, initiatrice du très dynamique espace culturel L’Uzine, à Aïn Sebaa.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc