International

«La météo» de la croissance pour les cinq prochaines années

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5124 Le 11/10/2017 | Partager
Le FMI dévoile ses prévisions pour l’économie mondiale
Le Maroc fait mieux que ses voisins, mais ne devrait pas dépasser les 5% de croissance
La reprise mondiale demeure incomplète
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Le Maroc a les meilleures projections au Maghreb, loin devant l’Algérie dont la croissance devrait probablement descendre en dessous de 1% en 2018

Pas de changements notables quant aux anticipations du FMI pour la croissance marocaine. Selon le «World Economic outlook 2017», publié en marge des réunions entre le FMI et la Banque mondiale qui se tiennent à Washington jusqu’au 15 octobre, le PIB marocain va augmenter de 4,8% en 2017. Selon les prévisions du FMI, la croissance ne devrait pas dépasser la barre des 5% d’ici 2022.

Le taux de chômage va quant à lui baisser (à 9,3%), suivant l’hypothèse de hausse de la croissance, pour ensuite remonter à 9,5% en 2018.  La situation du Royaume reste cependant bien plus confortable que celles des autres pays du Maghreb. L’Algérie continue d’encaisser la baisse des cours du pétrole (plus de 90% des exportations du pays). Sa croissance ne devrait pas dépasser 1,5% en 2017, avant de chuter en 2018 pour atteindre 0,8%. Pas de chance pour Alger, l’avis des analystes penche vers un maintien des prix du pétrole au niveau actuel, et ce pour le long terme.

Le FMI propose d’ailleurs la mise en œuvre d’un autre plan d’ajustement structurel pour assainir les finances publiques du pays (le dernier PAS était il y a 20 ans). La Tunisie affiche de son côté des chiffres prometteurs. Sa croissance devrait monter à 2,3% en 2017, alors qu’elle était à 1% l’année précédente. De plus, elle affiche une tendance haussière vu qu’elle devrait augmenter à 3% en 2018.

Pour la région Mena, la croissance du PIB par habitant va reculer sur le long terme (2022). Les exportateurs de pétrole vont voir leurs taux de croissance chuter de manière drastique. Les autres pays exportateurs (en excluant la Chine) poursuivront quant à eux sur une modeste tendance haussière. La croissance du PIB par habitant pour les économies en développement devrait reculer pour les cinq prochaines années. Elle reste toutefois supérieure à la croissance enregistrée pour la période allant de 1995 à 2005.

Dans une analyse plus globale, le FMI constate que la reprise économique reste incomplète. Il donne plusieurs arguments à cette conclusion. Le premier est relatif à la faiblesse de la croissance des salaires par rapport aux précédentes reprises. Le bas niveau des salaires est une des causes de «la surprenante faiblesse de l’inflation qui est aussi une source d’inquiétude», indique le Fonds. Les banques centrales ne peuvent pas réduire indéfiniment les taux d’intérêt pour relancer la croissance des prix.

«Cette lenteur des salaires suit plusieurs années pendant lesquelles les salaires médians (la classe moyenne) ont augmenté à un rythme bien plus lent que les revenus dans le haut de l’échelle (la classe fortunée)», précise le FMI. Cette évolution représente une hausse des inégalités dans les revenus, ainsi qu’une polarisation de l’emploi. Les postes qui paient bien, mais qui requièrent un niveau moyen de compétences, deviennent en effet rares. Les moteurs de la croissance, tels que l’évolution technologique et le commerce, ont eu des effets disparates, «élevant les uns, mais laissant d’autres derrière», constate le Fonds monétaire. Ce développement a permis l’émergence d’un certain scepticisme par rapport aux avantages de la globalisation.

Les 25% de l’économie mondiale qui ne bénéficient pas de l’accélération de la croissance sont un autre facteur d’inquiétude. Il s’agit notamment des pays émergents et à faibles revenus qui sont dépendants des matières premières telles que le pétrole (cas de l’Algérie et de l’Arabie saoudite par exemple). Cette proportion inclut également les pays qui souffrent de tensions politiques. «Cela implique un frein pour la croissance mondiale et de potentiels chocs politiques déstabilisateurs». Plusieurs de ces pays sont aussi ceux qui sont les plus exposés au changement climatique.

Matières premières: Le FMI d’accord avec Chalmin

L’analyse livrée par le FMI sur les prix des commodités s’accorde parfaitement avec celle du rapport CyclOpe 2017. «Les produits alimentaires et à base de métal ont perdu 20% de leur valeur depuis 2012-13. Les prix du pétrole ont perdu la moitié de leur valeur sur les trois dernières années. Les prix des matières premières n’ont pas rebondi à leurs plus hauts niveaux sur les trois années précédentes, et les prévisions à moyen terme suggèrent qu’il est peu probable qu’ils le fassent», indique l’institution.

 

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