Competences & rh

Recrutement bienveillant: Embauchez avec empathie!

Par Karim Agoumi | Edition N°:5123 Le 10/10/2017 | Partager
recrutement-bienveillant-023.gif

Combinant à la fois exigence et empathie, le recrutement bienveillant est une nouvelle pratique qui permet d’instaurer un climat de confiance avec le candidat, permettant au passage de mieux cerner ses qualités et de libérer son potentiel (Ph. JV)

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, exigence et empathie ne sont pas incompatibles lorsqu’il s’agit pour une entreprise d’embaucher de nouvelles recrues. Elles seraient même parfaitement complémentaires, permettant d’améliorer sensiblement le processus et son efficacité. Un concept pour le moins novateur et original baptisé recrutement bienveillant qui distille une image valorisante de l’entreprise et permet de mieux cerner les qualités et les capacités des candidats. Oubliez vos clichés sur l’embauche et découvrez cette nouvelle pratique sur le sujet grâce à Mourad Touati, consultant en management et fondateur de General Consult’In & Train’In.

■ Une pratique qui combine exigence et bienveillance
Le recrutement bienveillant est un concept apparu récemment dans le monde des affaires, parallèlement à la progressive prise en compte de la question du bien-être des employés par les managers. Cette démarche consiste à adopter une attitude empathique envers le candidat, tout en demeurant exigeant envers ce dernier.
L’avis du spécialiste: Le recruteur bienveillant ne doit en aucun cas se montrer laxiste ou complaisant. Il doit au contraire adopter une posture positive envers le candidat et développer à son égard une réelle dynamique d’ouverture. Des conditions essentielles pour obtenir un échange constructif et proximité, basé avant tout sur la transparence et l’honnêteté.

mourad_touati_023.jpg

Mourad Touati est consultant en management, executive coach et formateur agréé. Il gère également General Consult’In & Train’In, une société spécialisée en conseil et en recrutement (Ph. M.T.)

■ Un moyen subtil pour mieux cerner les qualités des candidats
Le recrutement bienveillant représente un solide moyen pour le recruteur de mettre en confiance son candidat et de mieux visualiser ainsi ses diverses qualités. Plus ouvert, ce dernier parlera plus librement de ses échecs et de sujets tout aussi sensibles que stratégiques pour le groupe. La lecture du parcours, des performances et des ratés en sera ainsi plus complète et plus aisée. Par ailleurs, ce type de recrutement véhicule une image positive de l’entreprise tout en valorisant sa marque employeur.
 L’avis du spécialiste: Les entreprises ayant recours à ce mode de fonctionnement sont souvent en phase avec les valeurs profondes de respect. Elles parviennent à travers cette pratique à faire décoller leur réputation et à se rendre  plus attractives aux yeux des nombreux candidats rencontrés, lesquels  retiendront de leur passage un souvenir émotionnel particulièrement positif. Le recrutement bienveillant permet également de libérer le potentiel de ces derniers et de valoriser leurs talents afin d’accroître leur envie de décrocher le poste convoité.

■ Une démarche en trois étapes
Le recruteur bienveillant doit se montrer empathique durant tout le processus du recrutement. Cela commence dès la phase de préparation de l’entretien, au sein de laquelle il détermine des méthodes de sélection objectives et précises prenant en considération les qualités humaines des candidats. Il peut notamment s’agir de tests d’appréciation des aptitudes et des capacités professionnelles ou encore d’informations normatives perçues au cours de la rencontre. Le candidat reçoit par la suite des informations utiles au bon déroulement de la séance dont entre autres la date, l’heure et le lieu ou encore le nom de l’interlocuteur. Mais pas seulement. Un guide d’entretien lui sera également livré, posant les grandes lignes et le cadre du déroulement de la rencontre. Au cours de l’entretien, le candidat doit être chaleureusement accueilli par le recruteur, lequel doit se montrer cordial, ponctuel et prévoyant. Les questions ouvertes doivent par ailleurs être privilégiées et l’interactivité maintenue autant que possible, octroyant  a minima deux tiers du temps à l’interlocuteur. Une synthèse de l’entretien doit enfin être réalisée en fin de séance. Cela consiste pour le recruteur à s’assurer de l’exactitude de toutes les informations collectées. Enfin, après l’entretien, le département RH de l’entreprise ou le cabinet de recrutement se doivent d’informer par courrier ou par téléphone le candidat, qui risque d’avoir une perception négative du groupe en cas de non réponse.
L’avis du spécialiste: Le timing et la confidentialité des propos échangés sont des critères à ne surtout pas omettre pour optimiser l’expérience du recrutement bienveillant. En effet, le candidat qui se sent en sécurité s’exprimera plus ouvertement et de manière constructive. Le jugement s’avère par ailleurs représenter un réel obstacle à cette démarche. Le recruteur bienveillant doit à la place adopter une posture neutre et bannir toute conclusion hâtive ou prématurée.

embauche_empathique_023.jpg

■ Une application qui nécessite un brin d’expérience
En théorie, le recrutement bienveillant s’avère bénéfique à bien des égards. Cependant, en pratique, la donne change sensiblement. En effet, ce mode de fonctionnement n’est pas facile à appliquer dans tous les secteurs, notamment ceux les moins enclins à changer leur regard sur soi et sur les autres. Il requière par ailleurs une solide expérience sociale qui n’est pas toujours détenue par les parties prenantes concernées.
L’avis du spécialiste: Ce type de recrutement n’est pas toujours facile à appliquer en entreprise. Certains acteurs ne parviennent pas en effet à concilier avec harmonie exigence et bienveillance. La pratique peut alors impacter négativement l’efficacité et la productivité des équipes, et à plus grande échelle les résultats d’une entreprise donnée.

■ Une méthode freinée par des habitudes de gestion profondément ancrées
Ce mode de recrutement n’est pas encore généralisé au Maroc. Il est adopté par une minorité d’entreprises, dont notamment de grands groupes internationaux ou locaux. La timidité de cette pratique s’explique en fait par la rigidité des acteurs occupant les postes du sommet de la hiérarchie, peu enclins à modifier leurs habitudes et à valoriser le capital humain.
L’avis du spécialiste: La quête du bien-être n’est pas encore réellement d’actualité au Maroc. Mais l’arrivée dans la vie active des générations Y et Z pourrait inverser le cours des choses et amener les recruteurs à réadapter progressivement les processus de recrutement afin de pouvoir les séduire et les fidéliser.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc