Analyse

Pneumatique: Bientôt une usine au Maroc!

Par Amin RBOUB | Edition N°:5123 Le 10/10/2017 | Partager
Un nouvel entrant attendu dans la zone franche de Kénitra
L’objectif de 1 million de véhicules suscite des convoitises

Les écosystèmes de l’industrie automobile vont bientôt accueillir de nouveaux investissements étrangers (IDE). C’est ce qui devra assurer la montée en compétences des filières et par ricochet l’optimisation du taux de l’intégration locale. Passé de 28%, il y a à peine quelques années, ce même taux d’intégration a atteint 50% aujourd’hui. L’objectif étant d’arriver à 65% à l’horizon 2020. Pour pouvoir y arriver, il va falloir intégrer le maximum de composants d’un véhicule, et accueillir de nouveaux entrants.

C’est dans cette logique que des pourparlers avancés sont menés avec des producteurs de renom.  Pour rappel, le Maroc compte produire 1 million de véhicules. Ce qui garantit un potentiel de 5 millions de pneus par an, à raison de 5 pneus par véhicule. S’y ajoute le potentiel à l’export pour les marchés de la région et à l’échelle de tout le continent africain. «La logique veut qu’une usine pneumatique puisse s’installer au Maroc, car il y a un potentiel à terme de 600.000 véhicules, uniquement entre PSA et Renault. PSA y travaille intensément. Des négociations sont en cours. A priori, les grands producteurs de pneumatiques restent prudents. Mais il y a les moins grands qui suivent de près une éventuelle implantation au Maroc», a confié récemment à L’Economiste Rémi Cabon, DG de Peugeot Citroën Automobiles Maroc.

Selon une autre source proche des constructeurs, logiquement, une grande annonce sera faite incessamment. Une chose est sûre, les majors comme Continental, Goodyear, Dunlop ou encore Michelin cherchent plutôt des marchés à très forte capacité. Ce qui n’est pas le cas pour le Maroc. En revanche,  il y a un gros potentiel à la fois pour le marché local et l’export. C’est ce qui intéresse des fabricants de taille intermédiaire et des producteurs de produits d’appel, à des prix très accessibles. Pour l’heure, l’on parle de producteurs  italiens, turcs, espagnols, français... qui manifestent de l’intérêt et suivent de près l’évolution du sourcing à partir de la plateforme Maroc.

Certes, le pneumatique est un secteur fortement capitalistique, mais le facteur risque y est vraiment marginal. D’autant plus que les commandes s’inscrivent dans la durée, précise un industriel. Par ailleurs, des négociations avancées se poursuivent avec le groupe saoudien Tijan. L’investisseur saoudien compte monter une usine de pneus au Maroc (précisément à Kénitra). De sources concordantes, le saoudien compte lancer cette usine avec le groupe chinois CAMC Engineering. Montant de l’investissement: 250 millions de dollars. La future usine table sur une capacité de 3 millions de pneus. L’investissement permettra la création d’un millier d’emplois.

Pour la petite histoire...

Le Maroc avait développé une industrie de pneumatiques. Des géants mondiaux comme Continental (General Tire) et Goodyear produisaient des pneus made in Maroc. Mais elles ont fermé l’une après l’autre. Contrebande, pneu d’occasion, baisse de compétitivité, surenchère syndicale... sont autant de facteurs à l’origine de ces fermetures. Pour le cas de GTM, les grèves perlées des travailleurs ont fini par mettre à genoux l’entreprise. Financièrement insolvable, General Tire a été contrainte de se mettre, le 17 juillet 2001, sous une procédure de redressement judiciaire. Le 30 septembre 2002, un jugement de liquidation est tombé. 18 ans plus tard, les enchères du foncier et du matériel sont toujours infructueuses.

 

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