Société

Marrakech/Enfants trisomiques: Sortir le Centre Malaika de la mendicité

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5122 Le 09/10/2017 | Partager
L’appel de détresse de la présidente
Pour pérenniser dans le temps ses actions
Une centaine d’enfants pris en charge
centre-malaika-022.jpg

Une centaine d’enfants porteurs de trisomie 21 ou Down Syndrome s’épanouissent au Centre Malaika de Marrakech. Mais beaucoup d’autres restent sur la liste d’attente (Ph. Centre Malaika)

«Est-Il normal que nous soyons obligés de mendier à longueur d’année?», demande Darya Mazdaoui. Mendier pour faire fonctionner le Centre Malaika de Marrakech. Cette institution prend en charge gratuitement des enfants porteurs de trisomie 21 ou Down Syndrome, issus de familles dans le besoin. Si la cause est à la fois belle et essentielle, l’absence d’un soutien pérenne dans le temps remet indéfiniment tout en cause.

«Sans l’aide de la Fondation Janelly et Jean René Fourtou et de donateurs privés, nous n’existerions pas», déplore-t-elle. Ce que souhaite la présidente est que cette action ne repose pas uniquement sur le dos d’une association. «Après 6 ans d’existence, certains enfants sont aujourd’hui adolescents. Nous devons donc mettre en place des formations professionnelles, car l’objectif premier est leur autonomie et leur insertion dans la société». Mais depuis septembre, les caisses sont vides.
Avec une trésorerie à un mois, impossible d’être efficace. Déjà l’année dernière, les besoins ont été revus à la baisse.

Les 540.000 DH récoltés ont permis de payer les salaires des professionnels d’encadrement. «Heureusement, les denrées alimentaires nous sont offertes par des particuliers, tout comme le matériel nécessaire aux activités de psychomotricité et d’orthophonie. Sauf qu’aucune sortie n’a pu être organisée, même si Sa Majesté par la Fondation Mohammed VI nous a offert un mini-bus pour cela. Nous aimerions les sortir, les amener à la mer, qu’ils vivent comme n’importe quel autre enfant. Pendant les 3 mois d’été, ils sont restés enfermés chez eux» regrette-t-elle.

Tous au Centre Malaika sont prêts à travailler, à donner de leur temps, mais à condition de mettre cette énergie au service de la centaine d’enfants suivis aujourd’hui, et non pour indéfiniment frapper aux portes pour de l’argent. «Car il ne s’agit pas de gardiennage, mais d’une prise en charge pointue du handicap par l’art», explique Mazdaoui. Les résultats prouvent que le combat est légitime. Ne serait-ce qu’en voyant les progrès des parents, qui se sont réconciliés avec leurs enfants.

«Il a fallu beaucoup de psychologie pour déculpabiliser les mamans, et les transformer en véritables héroïnes. Leur entourage leur faisait porter le poids du handicap de leurs enfants comme une malédiction». Mais une cinquantaine attend encore de pouvoir bénéficier de l’encadrement de ces centres à Marrakech, Rabat, Salé, Casablanca et Tanger. «J’ai le coeur brisé chaque matin en arrivant et en rencontrant toutes ces mamans désespérées qui nous demandent de l’aide, car je n’en ai pas les moyens», avoue Darya, pharmacienne de profession et membre du Lion’s club, porteur du projet.

Si chaque citoyen peut aider en argent ou en nature, l’objectif est de transformer les promesses de l’Etat en actions. La présidente reste confiante et optimiste. D’ailleurs comment pourrait-il en être autrement? Car, comme elle le dit avec émotion, «ces enfants ont un chromosome de plus et ce chromosome, c’est celui du bonheur».

De notre correspondante, Stéphanie JACOB

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc