Economie

Dialogue social: Les syndicats veulent y croire

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5122 Le 09/10/2017 | Partager
Ils attendent des mesures dans le projet de loi de finances
Flexibilité et projet de loi organique sur la grève, les sujets qui fâchent
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L’UMT réclame une refonte de la grille IR. Elle propose de porter le seuil exonéré à 36.000 DH contre 30.000 actuellement. Le syndicat veut aussi l’instauration de deux nouveaux taux: 8 et 14%

Les syndicats retiennent leur souffle. Le démarrage du dialogue social, ce lundi 9 octobre à Rabat, leur permettra de sonder les intentions réelles du gouvernement. Leurs attentes sont importantes et certaines ne sont pas sans impact sur les finances publiques. En particulier, les demandes  liées à la hausse des salaires dans la fonction publique , des allocations familiales ou à la refonte de la grille de l’impôt sur le revenu, impôt dont plus de 75% des recettes émanent des retenues sur salaires.

L’UMT propose de porter la tranche exonérée à 36.000 DH bruts annuels contre 30.000 DH actuellement (voir tableau). Sur les salaires, le gouvernement Benkirane II avait proposé une hausse de 4% des salaires échelonnée sur 4 ans pour les fonctionnaires mais cette offre avait été rejetée et les discussions sur l’augmentation des allocations familiales n’avaient pas non plus abouti.

Les organisations syndicales espèrent  obtenir rapidement satisfaction et avec des mesures  dans le projet de loi de finances 2018 dont les grands axes leur seront exposés lors de cette rencontre. Deux grands dossiers devraient également être tranchés, celui de l’amendement du Code du travail et la loi organique sur la grève, sur lesquels persistent d’importantes divergences entre les différentes parties.

La CGEM veut intégrer le principe de «flexisécurité» dans le code du travail avec l’introduction du contrat de chantier, de projet ou de mission ainsi qu’au relèvement à 18 mois de la durée de l’intérim (cf L’Economiste n°5120 du 5/10/2017). En revanche, les syndicats s’y opposent fermement puisque cette flexibilité pourrait sonner «la fin des contrats à durée indéterminée».

Les syndicats critiquent également l’adoption du projet de loi organique sur la grève par le gouvernement Benkirane et son dépôt au Parlement sans qu’ils ne soient consultés. «Nous sommes une organisation attachée à la constitution et à la légalité. L’UMT, qui est le premier syndicat représentatif, n’a même pas reçu une copie de ce projet par la voie officielle. Est-ce normal?», s’étonne  El Miloudi El Mokharek, secrétaire général de l’UMT. Pour lui,  pour le gouvernement et certains chefs d’entreprise, ils veulent limiter le droit de grève, voire le rendre  impossible alors qu’il devrait être protégé et renforcé  par cette loi organique. 

«La grève,  c’est une conséquence et il faut chercher ses causes», indique le patron de l’UMT.  S’appuyant sur le rapport du ministère de l’Emploi sur les conflits sociaux, il souligne que la majorité des grèves déclenchées sont dues d’abord  aux violations du code du travail, la non déclaration à la CNSS et la fermeture illégale de l’entreprise.  Les augmentations de salaire figurent en cinquième position. Donc «éliminons les causes et nous aurons moins de grèves».

Les syndicats demandent le gel des négociations sur le projet de loi organique sur la grève,  le temps de mener des négociations tripartites et de parvenir à un consensus. «Nous avons un précédent dans ce sens avec le code du travail», souligne l’UMT.  Une proposition rejetée une première fois par le gouvernement puisque le dossier relève de «la souveraineté du parlement».

 

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