Société

Drogue: Une saisie historique de... 2,5% du PIB

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5120 Le 05/10/2017 | Partager
Plus de 2,5 tonnes de cocaïne quasi pure d’une valeur de plus de 25 milliards de DH
La distribution s'effectuait depuis deux fermes à Skhirat et Bouznika
13 personnes appartenant à un réseau international de trafic de drogue, arrêtées
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Deux records en un: une saisie historique de 2,5 tonnes de cocaïne et qui plus est «d’excellente qualité, avec un taux de concentration de 93%, le plus élevé enregistré à ce jour.  Le démantèlement du réseau qui était «filé» depuis trois ans, a été déclenché par l’arrestation, lundi dernier, de deux personnes qui essayaient d’écouler une livraison. Leur marchandise était dissimulée dans cette voiture stationnée dans le parking d’un grand centre commercial situé à Hay Ryad (Ph. Bzioaut)

Le Maroc est devenu une «destination privilégiée» pour les cartels de drogues. Après la grosse saisie de cocaïne de près de 1,2 tonne à Dakhla l'an dernier, un autre coup de filet d'envergure vient d’être réalisé par le Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ). «Une saisie historique à tous les niveaux», précise Abdelhak Khiame, directeur du BCIJ, lors de la conférence de presse organisée, hier, à Rabat.

Rien de moins que 2,5 tonnes de cocaïne quasi pure d’une valeur estimée à 25 milliards de DH! Ou mieux, 2,5% de PIB sachant que le Produit intérieur du Maroc s'établit autour de 100 milliards de dollars... De plus, la drogue saisie s’est avérée être «d'excellente qualité» avec un taux de concentration de 93%, le plus élevé enregistré à ce jour en comparaison avec les prises précédentes (72%). Une fois «coupée» pour sa commercialisation, la valeur de la marchandise pourrait atteindre quatre fois son prix initial, est-il indiqué auprès des autorités. «La cocaïne saisie lors de cette opération fait partie d’un poids total d’environ 5 tonnes introduite par ce réseau depuis 2013», rappelle le patron du BCIJ.

Pour l'heure, 13 personnes, qui font partie d’un réseau international de trafic de drogue, ont été arrêtées grâce aux longues investigations du BCIJ, un travail de démantèlement qui remonte à trois ans déjà. En 2014, une première saisie de quelque 200 kg de cocaïne avait été   effectuée à Marrakech qui s'est également soldée par l'incarcération de deux personnes de nationalité hollandaise d’origine marocaine. Selon le BCIJ, il s'agit des «cerveaux» du réseau qui sont aussi à l'origine de cette énorme opération, avec une marchandise en provenance de pays d'Amérique latine notamment du Venezuela.

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Comme dans les films, les narcotrafiquants sont équipés de technologies avancées, de téléphones satellites, grâce auxquels ils récupèrent la marchandise en haute mer pour l'acheminer vers les zones sud du Maroc. La cargaison a ensuite été dirigée vers des lieux de stockage proches de Rabat. Il s’agit de deux fermes, l’une située à Skhirat et l’autre près d’Oued Cherrat à Bouznika.

Après trois années de suivi, le démantèlement du réseau a été déclenché, lundi dernier, avec l’arrestation de deux personnes qui tentaient de liquider une première livraison. La marchandise était dissimulée dans une voiture stationnée dans le parking d’un grand centre commercial à Hay Ryad. Un petit coup de filet, qui a mené aux gros poissons.

Les personnes arrêtées ont livré leurs acolytes ainsi que les QG permettant ainsi à la police de mettre la main sur une des plus grosses saisies de drogue jamais effectuée au Maroc. Les deux fermes constituaient le point de départ de la cocaïne vers les villes du Nord. D’ailleurs, une autre quantité de cocaïne a été saisie dans un véhicule immatriculé à l'étranger intercepté près de Nador. Pour échapper à tout soupçon de la part des services de contrôle (police, gendarme….), les trafiquants assurent l’acheminement de la marchandise en compagnie des membres de familles.

Le Maroc, nouvelle destination des narcotrafiquants

Cette saisie record de cocaïne confirme le changement de stratégie des cartels de drogues dures. Auparavant le Maroc constituait seulement un couloir de transit de la marchandise en provenance des pays de l’Amérique latine vers l’Europe, lieu de sa commercialisation, fait observer Abdelhak Khiame, directeur du BCIJ. Aujourd’hui, on constate qu’une partie de cette marchandise est distribuée dans certaines villes du Maroc. Le manque de coordination entre les pays de la région particulièrement entre le Maroc et l’Algérie facilite la tâche aux trafiquants qui en profitent pour faire fructifier leur commerce. Un commerce qui peut éventuellement être exploité par certains groupes terroristes.

 

 

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