Société

Al Hoceïma Manarat Al Moutawassit: La piste des détournements écartée

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5119 Le 04/10/2017 | Partager
Après l’IGF et l’IGAT, la Cour des comptes mise à contribution
Verdict dans 10 jours

Si le Conseil des ministres a porté sur les orientations générales du projet de loi de finances pour 2018, c’est l’audience royale, accordée au premier président de la Cour des comptes et aux ministres de l’Intérieur et des Finances, qui semble susciter l’intérêt de l’opinion publique. Le sujet est d’une importance capitale. Lors de cette audience, Abdelouafi Laftit et  Mohamed Boussaid ont remis les rapports d’inspection au Souverain.

Ces documents ont conclu au retard, voire à la non-exécution de plusieurs composantes de ce programme de développement. Les conclusions des deux rapports excluent les actes de malversation, de fraude ou de détournement des deniers publics. La procédure ne s’arrête pas pour autant. La Cour des comptes de Driss Jettou est mise à contribution. Le Souverain lui a accordé un délai maximal de 10 jours pour rendre sa copie. Il s’agit de réunir tous les arguments pour confirmer l’absence de malversations ou de soupçons d’utilisation des deniers publics à d’autres fins.

Dans le sillage des évènements d’Al Hoceïma, le Souverain avait donné ses instructions pour diligenter une enquête autour du projet «Al Hoceïma Manarat Al Moutawassit». Il s’agissait d’auditer les projets inscrits dans le cadre du programme de développement de la région, signé devant SM le Roi en 2015 à Tétouan.

Pourquoi recourir à la Cour des comptes alors que les deux inspections sont réputées faire un travail sérieux? Certes l’IGAT et l’IGF sont des organes administratifs qui rendent compte à leurs ministres. Ce n’est pas le cas de la Cour des comptes, qui est une institution constitutionnelle. La Cour des comptes ne va sans doute pas entamer une nouvelle investigation du programme Manarat Al Moutawassit. Le délai de 10 jours qui lui est imparti est insuffisant pour refaire tout le travail. Il s’agit plutôt d’un «regard en dehors de l’Administration qui est requis. L’objectif est de voir si le travail des deux inspections corrobore la commande qui a été faite», souligne un haut fonctionnaire.

Le recours à la Cour des comptes pourrait être dicté par un souci de transparence. Il est de notoriété publique que les rapports de l’IGF ne sont pas destinés au public mais au ministre qui a donné l’ordre de les entreprendre. Un membre de l’IGF précise que le travail de cette instance s’arrête à la remise du document au ministre. Par contre, la Cour des comptes est une institution constitutionnelle qui est habilitée à rendre publics les documents qu’elle traite.

Sursis

Le timing de ce dossier donne des insomnies à beaucoup de responsables impliqués dans le programme de développement de «Manarat Al Moutawassit». Des ministres, des directeurs mais aussi des élus et des responsables politiques. Depuis la fin du printemps dernier, plusieurs responsables publics se considèrent comme en sursis. Le délai maximal des 10 jours accordé à la Cour des comptes tombe jeudi de la semaine prochaine, c’est-à-dire la veille de l’ouverture de la session d’automne du Parlement. Cette reprise du travail législatif est marquée par un discours royal, considéré comme une feuille de route. Par la même occasion, cet évènement donne le coup d’envoi à la véritable rentrée politique.

 

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