Entreprises

Stroc cherche un partenaire pour le sauver

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5119 Le 04/10/2017 | Partager
L’industriel prépare son évaluation pour bien se vendre
Partenaire métier ou private equity, les profils recherchés
La société en pleine phase d’assainissement

Nabil Ziat, fondateur et PDG de Stroc Industrie est prêt à tout pour sauver son entreprise. L’entrepreneur se dit même prêt à céder sa place et ses parts dans l’entreprise s’il le fallait. Créée il y a 28 ans, Stroc Industrie qui se spécialise dans 3 domaines d’activité (Stockage et traitement de produits liquides et des produits solides en vrac ainsi que la construction d’installations clés en main dans le BTP), est aujourd’hui asphyxiée par la dette, comme le déplore Ziat.

Selon lui, celle-ci s’élève à 310 millions de DH. Et ce montant ne concerne que les engagements auprès des fournisseurs. «Ce niveau d’endettement nous empêche actuellement d’avancer», fait-il savoir. Et pour cause, tant que l’industriel traînera ses dettes, il ne pourra pas financer ses chantiers en cours mais surtout futurs. «En raison du manque de trésorerie, nous avons été obligés de réduire les marchés dans lesquels nous opérons», se désole le fondateur.

«En effet sans besoin en fonds de roulement, il est délicat de mener à terme un projet», ajoute-t-il. Ceci dit, l’industriel est parvenu au cours du premier semestre à  réduire ses coûts et à contracter un emprunt long terme de 230 millions de DH auprès de la BCP dans le cadre du fonds de soutien aux entreprises à des taux préférentiels lui permettant de payer une partie de ses arriérés (impôts et fournisseurs). D’où la réduction de 50 millions de DH du montant de sa trésorerie entre fin décembre 2016 et fin juin 2017.

Stroc n’a pour le moment que l’OCP comme client. Un client dont Ziat ne tarit pas d’éloges. Il avoue même que le phosphatier lui payait même exceptionnellement des factures à l’avance. L’Office est donc le principal donneur d’ordre de Stroc. En plus, des 4 projets (2 quasiment achevés) qu’il est en train de finaliser pour le compte de l’Office, Stroc a reçu une commande de 240 millions de DH auprès du même organisme. Cette dernière commande vient s’ajouter aux deux projets déjà en cours dont la finalisation devrait intervenir d’ici la fin de l’année.

Le management voudrait ainsi dès 2018, repartir sur de bonnes bases. Pour ce faire, le management s’est lancé à la recherche d’un partenaire métier ou financier pour l’aider à surmonter la crise qu’il traverse actuellement. Il a mandaté un cabinet de conseil marocain basé à Bahreïn.

Ce dernier a pour mission de faire ressortir le potentiel de l’entreprise dans un marché «en pleine croissance» et ainsi présenter les opportunités pour un investisseur en particulier du Moyen-Orient d’investir dans Stroc. Et Ziat y croit dur comme fer puisqu’il se dit prêt à se retirer s’il le fallait. Le cas échéant, le management envisage de renégocier la dette avec les fournisseurs et comme dernier recours solliciter les zinzins sur le marché de la dette privée. Mais ce ne sera pas une mince affaire.

Les finances en phase d’assainissement

Côté agrégats, Stroc génère un chiffre d’affaires de 78 millions de DH au premier semestre avec une perte d’exploitation de 31 millions de DH et un résultat net négatif de 47 millions DH. Aujourd’hui, la société entame le second semestre avec un carnet de commandes de l’ordre de 450 millions de DH. Ce qui lui donne une visibilité sur son chiffre d’affaires pour l’année à venir. Grâce à l’assainissement entamé, son savoir-faire et la mobilisation de son capital humain devraient être proches de l’équilibre pour 2018.

 

 

 

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