Entreprises

Les banques peuvent faire mieux sur la PME

Par Franck FAGNON | Edition N°:5119 Le 04/10/2017 | Partager
Elle se finance principalement en fonds propres et par crédit interentreprises
Benjelloun Touimi: «Il y a un climat global de confiance qui doit être capitalisé»
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Brahim Benjelloun Touimi, administrateur directeur général exécutif BMCE Bank of Africa insiste sur la nécessité de mieux accompagner ces entreprises notamment en matière de gouvernance pour rassurer les banquiers qui doivent répondre à des exigences réglementaires des plus strictes en terme de déclassement de dossier  (Ph. Jarfi)

- L’Economiste: Voyez-vous l'impact du regain de la croissance ou quels sont les éléments qui expliquent le dynamisme commercial au 1er semestre?
- Brahim Benjelloun Touimi:
Il ne faut pas systématiquement rechercher une corrélation entre la croissance économique et la performance des banques. Nous avons surperformé le marché sur les dépôts de la clientèle et les crédits et, la performance est beaucoup plus méritoire pour les dépôts. La croissance des crédits est biaisée par deux dossiers majeurs. Même sans cela, nous faisons quand même mieux que le marché.
L'ensemble des prévisionnistes considèrent que l'économie marocaine va reprendre au-delà de 4%. Mais, le plus important c'est la croissance non agricole. Si l'économie est tirée uniquement par les activités agricoles, l'impact sur les investissements sera limité. Nous aurons des répercussions sur la consommation, mais pas nécessairement sur les investissements privés qui eux, pourraient soutenir une croissance saine et créatrice d'emplois.
Ceci dit, je crois qu'il faut se féliciter que nous puissions rebondir après une année durant laquelle nous avons enregistré la plus faible croissance depuis le début du règne de Mohammed VI. Le Maroc mérite mieux. Et nous espérons qu'il dépassera ce stade pour s'inscrire durablement dans une phase de croissance plus accélérée qui permettrait de créer davantage d'emplois.
- Il y a un regain des crédits aux entreprises. Les PME sont-elles revenues aux guichets?
- Nous avons modifié depuis quelques années la politique commerciale à l'égard des PME et j'aurais tant aimé vous étayer combien nous avons recruté et réussi sans détériorer notre coût du risque avec cette stratégie. Mais, je crois une fois encore qu'il y a toujours des marges de progrès au niveau du secteur bancaire parce que les PME font essentiellement appel au crédit interentreprises et à l'autofinancement. Le risque quand il n'est pas bien apprécié, repose sur des sûretés qui peuvent les dissuader.
Dans le même temps, ces entreprises ont davantage besoin d'être accompagnées, d'améliorer leur gouvernance pour rassurer les banquiers qui doivent répondre à des exigences réglementaires des plus strictes en terme de déclassement de dossier, etc. La PME est l'avenir de l'investissement privé. Mon sentiment est que l'Etat fournit beaucoup d'effort en matière d'investissement et cela ne peut être soutenable à long terme. Il y a un climat global de confiance qui doit être capitalisé. La confiance dans la gouvernance économique, dans un environnement qui sera favorable à l'entreprise et qui va l'aider à prospérer. Il s'agit de poursuivre tout le travail qui a été mené ces dernières années dans la réforme du climat des affaires et qui se reflète dans l'amélioration du rang du Maroc dans le Doing Business.  
- Ce climat des affaires reste toujours pollué par des délais de paiement trop longs qui empêchent les PME d'investir.
- Il y a eu des améliorations. Je pense plus globalement, qu'il ne faut pas s'en tenir à des causalités nécessairement techniques. Il faut rester optimiste même dans un climat qui actuellement, a peut-être besoin de stimulant. En tout cas, le groupe BMCE Bank of Africa a toujours professé l'optimisme. Cela peut être qualifié de méthode Coué. Mais, l'autosuggestion est auto réalisatrice et par conséquent, vous ne nous verrez jamais du côté des grincheux. Nous sommes toujours du côté de ceux qui veulent agir dans l'intérêt ultime des communautés que nous servons au Maroc et dans tous les pays où nous sommes implantés.

- Avez-vous évalué les impacts de la norme IFRS 9 au niveau du groupe?
- Les impacts ont été évalués par les autorités monétaires en étroite collaboration avec les banques. Il me semble, sur la foi de ce que j'en comprends, que la Banque centrale réfléchit au timing de la mise en œuvre, de manière à ce que cela vienne à bon escient, pas pour compliquer les choses. Et nous pouvons lui faire confiance au regard de ce qu'elle fait et du dialogue qu'elle continue d'entretenir avec la communauté bancaire.
Propos recueillis par Franck FAGNON

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