Competences & rh

Les junior-entreprises montent en puissance

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5118 Le 03/10/2017 | Partager
Un premier congrès national organisé à Casablanca
L’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles soutient le mouvement
Trois labels distribués

Le mouvement des junior-entreprises, né dans les années 90 au Maroc, avait fini par disparaître. Aujourd’hui, il renait de ses cendres, avec près d’une douzaine de junior-entreprises rattachées à de grandes écoles de commerce et d’ingénieurs. Centre régional des investissements (CRI) de Casablanca-Settat, Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen), Réseau Entreprendre Maroc, Afem, Hub Africa, New Work Lab, Télécontact… De nombreux organismes ont répondu présent à son premier Congrès national, qui s’est tenu samedi dernier à Casablanca.

Un évènement organisé par la toute jeune Confédération nationale des junior-entreprises marocaines (CJEM), créée en février dernier. «Nous avons atteint un certain degré de maturité et il fallait structurer le mouvement afin de garantir sa continuité», explique son président, Omar Benmoussa. «Notre stratégie se base sur trois actions: intégrer plus de junior-entreprises, leur offrir des formations et les auditer, en vue de faire l’inventaire des bonnes pratiques et les partager avec l’ensemble des membres», poursuit-il.

La première opération d’audit a déjà été réalisée. Trois labels ont été distribués durant le congrès de samedi. Le label de la meilleure junior-entreprise a été remporté par l’équipe de l’Ecole Hassania des travaux publics (EHTP). Le deuxième, celui de la meilleure stratégie commerciale, a été décerné à la junior-entreprise de l’ENCG Tanger. Tandis que le troisième, de la junior-espoir, a été attribué à l’équipe de l’Université Mohammed VI de Benguérir.

L’Iresen a décidé de faire confiance à ces junior-entreprises. Durant l’évènement, l’Institut a lancé une compétition pour en sélectionner celle qui participera à l’un de ses projets sur l’efficacité énergétique. Et c’est Agir, de l’Iscae, qui a été l’heureuse gagnante du concours. Deux autres junior-entreprises devraient être désignées par la suite. L’initiative rentre dans le cadre de la nouvelle orientation de l’Iresen, axée sur l’accompagnement des startups. L’Institut prévoit d’ailleurs, en partenariat avec la Commission européenne, un package formation (fiscalité, gestion financière, vente…) à l’intention des startuppers. 

Le Congrès a également présenté un «CJEM talk», avec la participation d’entrepreneurs qui ont partagé leur expérience. La CJEM ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle prévoit de nouer des partenariats avec ses homologues en Europe et en Afrique.

Un avant-goût du monde professionnel

Fonctionnant comme des sociétés, les junior-entreprises permettent aux jeunes d’avoir un avant-goût du monde professionnel, mais aussi de l’entrepreneuriat. «Face à la montée du chômage des jeunes, devenir entrepreneur est parfois une nécessité», soutient Aziz Qadiri, président du Réseau Entreprendre Maroc. En effet, chez les 15-24 ans, le taux de chômage est de 23,5%. Il est de 14,6% auprès de 25-34 ans, contre une moyenne nationale de 9,4%, selon le HCP. Se lancer dans l’entrepreneuriat peut donc être une bonne alternative. Pourtant, peu d’entreprises sont créées chaque année au Maroc. En 2016, seulement 33.000 ont vu le jour. Et pour cause, plusieurs freins continuent de plomber l’environnement des affaires (corruption, bureaucratie, accès au financement, fiscalité…). Néanmoins, entreprendre n’est jamais facile, quel que soit le pays. A la Silicon Valley, par exemple, 95% des entreprises finissent par mourir. Le tout est d’oser relever le défi. D’autant plus que tout reste à faire au Maroc. 

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