International

Référendum en Catalogne: Un vote sous haute tension

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5117 Le 02/10/2017 | Partager
Des urnes saisies et des bureaux de vote fermés
5,3 millions d'électeurs étaient attendus
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Malgré l'interdiction de Madrid, des milliers de militants se sont rassemblés tôt le matin devant les bureaux de vote. Les organisateurs du référendum interdit ont acheminé les urnes dans le plus grand secret (Ph. AFP)

Ni les poursuites judiciaires, ni les arrestations ou perquisitions n'ont dissuadé les indépendantistes catalans d'organiser le référendum d'autodétermination interdit par Madrid. Dimanche 1er octobre, le gouvernement espagnol a employé la manière forte pour empêcher le déroulement de ce référendum sur l'indépendance de la région. Le gouvernement indépendantiste de la région a appelé 5,3 millions d’électeurs à y participer.

La police nationale et la Garde civile espagnoles ont fermé des établissements accueillant des bureaux de vote alors que des milliers de personnes étaient rassemblées devant pour participer à cette consultation interdite par la justice. Les deux tiers des unités anti-émeutes et plus de 10.000 agents des forces de l'ordre ont été déployés en Catalogne, en plus des 16.000 Mossos de la police régionale catalane.

«La police et la Garde civile sont en train d’intervenir pour fermer les bureaux de vote et saisir les urnes en raison de la passivité des Mossos d’Esquadra (police catalane) dans l'accomplissement de cette tâche», a indiqué Enric Millo, le délégué du gouvernement central en Catalogne. Il a ajouté, lors d'une conférence de presse à Barcelone, que «les Mossos d’Esquadra avaient l’obligation d’éviter l’ouverture des bureaux de vote, mais la ligne politique l’a finalement emporté sur le devoir professionnel». En tout cas, Carles Puigdemont, le président de la Catalogne, s'est rendu aux urnes dans le village de Cornella Del Terri alors que la police a fait irruption dans le bureau de vote de Gérone où il devait à l'origine déposer son bulletin.

Des affrontements entre indépendantistes et policiers ont éclaté hier dimanche un peu partout dans la région. Deux blessés sont déjà déclarés à Barcelone. De son côté, le gouvernement central se justifie: «On nous a fait faire quelque chose qu'on ne voulait pas faire», a déclaré le délégué du gouvernement en Catalogne. Il reporte la responsabilité des événements sur le gouvernement régional catalan.

Pour Madrid, le référendum catalan va à l'encontre de la Constitution espagnole, qui dit que le pays est indivisible. La Cour constitutionnelle a confirmé ce point et a même ordonné la suspension des préparatifs du référendum. Mais Carles Puigdemont, président indépendantiste de la Catalogne, a insisté sur le «droit des peuples à disposer d'eux-mêmes» comme le stipule  le droit international. Le gouvernement espagnol reproche aux indépendantistes d'alimenter le populisme et de tenter de tirer parti du marasme économique et de la crise politique.
K. M. avec agences

 

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