Régions

Dakhla-Oued Eddahab, nouveau verger du Maroc?

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5116 Le 29/09/2017 | Partager
Primeurs: un chiffre d’affaires de 2,417 milliards d’ici 2020
Une foire agricole pour s’ouvrir sur l’Afrique
Sortir du statut de région aride à celle de hub d’investissements
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C’est tout légitimement que la Région Dakhla-Oued Eddahab ambitionne de devenir une région agricole majeure. Son défi est de sortir de son statut d’une région désertique et aride pour muer vers celui d’une région à forte attractivité pour les investissements dans le secteur agricole. Manifestations, colloques, salons, foires... y sont régulièrement organisés ces dernières années.

C’est ainsi qu’après plusieurs étapes réussies à travers le Maroc, l’Office national du conseil agricole (ONCA) a organisé la 13e étape de son village itinérant dans la ville de Dakhla les 27 et 28 septembre. Une étape qui a coïncidé avec la tenue de la deuxième édition de la Foire agricole internationale de Dakhla (FAID). Un événement phare qui constitue, selon les organisateurs, un carrefour où se conjugue l’agriculture africaine au monde sous le thème «Nourrir l’Afrique, nourrir le monde» et qui marquera ainsi «l’entrée agricole» de la région tant sur la scène nationale, africaine que mondiale.

Tout comme la FAID, le village de l’ONCA aspire à la mise en valeur de l’agriculture marocaine  et ses produits de terroir. Il est question de mettre l’accent sur la proximité dans le but de mettre à la disposition des acteurs agricoles les connaissances, outils et moyens pour une agriculture performante et durable. Des objectifs qui sont en phase avec le plan Maroc Vert.

Partenaire privilégié de l’exploitant agricole, l’ONCA cherche, conjointement avec la FAID, à sous-tendre la famille agricole marocaine et ainsi participer activement au développement agricole dans cette région de l’extrême-sud marocain. Et cela à travers des opérations de conseil ciblé, ainsi qu’un encadrement et un accompagnement appropriés des agriculteurs.

L’objectif final étant l’amélioration conséquente des conditions socioéconomiques des populations concernées. Et aussi de faire de la Région Dakhla-Oued Eddahab un véritable hub ouvert sur l’Afrique. Ainsi l’ambition est affichée et il reste encore du chemin à faire pour la réaliser.

Toutefois, la 2e édition de la FAID, qui, soit dit en passant, a connu quelque succès, aura quand même permis de mettre en exergue les richesses et les opportunités d’investissement dans le secteur agricole dans cette région. Et elles sont nombreuses. La région dispose, en effet, de terrains de parcours de 12,9 millions d’hectares, d’une superficie agricole utile potentielle de 100.000 hectares, d’une autre équipée comptant 1.000 hectares et de 950 hectares d’une superficie exploitée.
En outre, l’on a réussi à produire des primeurs dans cette région. Difficile à croire, mais des périmètres irrigués y existent bel et bien. Ils sont destinés essentiellement à la production de primeurs sous serres.

Des productions qui connaissent un franc succès sur les marchés européen, russe ou encore américain et canadien. C’est dire que la politique stratégique de mise en valeur agricole des terres sahariennes a commencé à porter ses fruits. Inimaginables dans cette zone aride et désertique il y a encore quelques années, ces périmètres sont aujourd’hui une réalité bien présente grâce aux différents prorammes et actions initiés pour encourager la réalisation d’aménagements hydro-agricoles. Ces derniers accueillent les cultures hors sols, à même de relever le défi de la compétitivité et favoriser la création de nouvelles opportunités d’emploi et d’investissement à haute valeur ajoutée.

La région est en passe de devenir un véritable verger au niveau national. Elle produit, annuellement, 160 à 220 tonnes de tomates rondes, 80 à 120 tonnes de tomates cerises, 45 à 60 tonnes de melons charentais… Avant 2008, le chiffre d’affaires réalisé par la filière des primeurs était à peine de l’ordre de 453 millions de DH. D’ici 2020, ce chiffre est appelé à atteindre 2,417 milliards de DH avec une valeur ajoutée de 645 millions de DH.

Côté productions animales, Dakhla-Oued Eddahab dispose d’un cheptel composé de 25.000 têtes de camelins produisant 5.000 tonnes de lait par an. Elle compte également 40.000 têtes d’ovins (1.000 tonnes de lait par an), 30.000 têtes de caprins et 530 têtes de bovins. Sans oublier les 360 têtes d’autruches.

L’abondance des parcours et leur capacité de régénération rapide permettent une importante activité d’élevage. Ce secteur occupe une place importante dans le tissu socioéconomique de la population de la région. D’ailleurs, la nature et le climat ont toujours favorisé ce type d’activité. La population locale a fait de la pratique de l’élevage, notamment du dromadaire, une des principales sources de son revenu.

Valeur ajoutée, productivité, emploi

Le Plan agricole régional (PAR) de Dakhla-Oued Eddahab veut favoriser l’augmentation des niveaux de production des différentes activités. Et aussi, améliorer la qualité et les conditions de commercialisation de la production. Sans oublier l’amélioration des niveaux de valorisation de l’eau d’irrigation et la création de l’emploi. Les réalisations actuelles en matière de productions agricoles permettent, en effet, d’envisager une plus grande valeur ajoutée et de nombreux nouveaux emplois. On parle ainsi de gap en termes de gain de productivité et de plus importantes possibilités de commercialisation de la production sur le marché local et également à l’export.

Village itinérant

Quelque 400 personnes dont 300  agriculteurs de la région et des partenaires institutionnels et professionnels ont pris part aux débats initiés au cours des deux journées consacrées au village itinérant de l’ONCA. Journées également marquées par la présentation d’exposés du conseil agricole au profit  des agriculteurs. Ils ont porté sur différentes thématiques agricoles spécifiques à la région. Outil de sensibilisation des agriculteurs des zones ciblées, le village itinérant du conseil agricole a été l’occasion de partager avec les agriculteurs l’expérience et le savoir-faire des différents partenaires impliqués dans le secteur agricole. L’occasion également de véhiculer des messages de sensibilisation à caractère technique et managérial spécifique à la région pour un développement durable de l’agri-culture, et une amélioration de l’agri-culture solidaire.

 

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