Competences & rh

La transformation digitale à la traîne pour les services publics

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5113 Le 26/09/2017 | Partager
Seulement près de 10% des démarches administratives en ligne
L’adoption d’une approche globale s’impose pour dépasser les stratégies cloisonnées
La transformation en marche dans les grandes entreprises contrairement aux PME
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La forte pénétration ces dernières années du mobile et par la suite de l’internet constitue un atout pour réussir une transformation digitale au Maroc

«Le Maroc dispose de tous les atouts pour améliorer sa position dans le classement mondial e-gouvernement». Une conviction affichée par l’ensemble des intervenants lors de la conférence organisée la semaine dernière à Rabat, par l’INPT en collaboration avec l’Association des utilisateurs des systèmes d’information au Maroc (AUSIM). Dans un monde toujours plus connecté, les dirigeants d’entreprises n’ont plus le choix: «se digitaliser ou disparaître», a lancé d’emblée Amine Harrari, responsable de l’AUSIM et modérateur de la conférence.

Ce dernier a rappelé certains chiffres confirmant l’évolution remarquable marquant le secteur des technologies de l’information au Maroc, ce qui constitue un contexte favorable pour réussir une transformation digitale dans notre pays. Le nombre des internautes avoisine actuellement 17 millions de personnes contre seulement 200.000 en 2000, est-il rappelé.

Le plan institutionnel vient d’être renforcé par l’adoption dernièrement par la Chambres des représentants du projet de loi portant création de l’Agence du développement numérique, a ajouté pour sa part Mohamed Saad, président de l’AUSIM. Selon ce dernier, tout cela favorise le Maroc pour jouer le rôle de leadeur en Afrique du Nord et subsaharienne par le développement de service dans le digital, le big data et les objets connectés. Et avec la vision numérique 2020, on peut pallier les insuffisances enregistrées par la stratégie Maroc numeric 2013, renchérit-il.

Mais beaucoup de travail reste à faire, à commencer par la formation dans le numérique. A ce titre, on rappelle qu’au Maroc, seuls 3.000 ingénieurs et techniciens IT sont formés par an, soit 3 ingénieurs par 10.000 habitants contre 11 en Turquie et même 19 en Malaisie. Sans oublier de signaler le départ d’une partie des ingénieurs marocains pour poursuivre leur carrière professionnelle à l’étranger. Le plus gros travail reste à faire dans le secteur public car, pour le moment, seulement 10% des démarches administratives sont effectuées en ligne, contre 25% en Turquie, regrette le modérateur de la conférence.

«La stratégie numérique au Maroc manque de coordination, ce qui entrave la digitalisation des services publics», fait observer Hicham El Achgar, directeur du cabinet IT6 Maroc. Il propose pour cela de confier le chantier de digitalisation et de numérisation à un département ministériel rattaché au chef du gouvernement, ce qui permettrait de lui octroyer plus de pouvoir ainsi que de moyens humains et financiers. Aujourd’hui, la stratégie est en roue libre, chaque département menant la sienne à son gré.

«Il faut que la transformation numérique en profondeur dépasse la limite d’un seul département pour intégrer des processus souvent transverses à plusieurs départements», recommande El Achgar, qui insiste sur la nécessité d’un schéma national de numérisation portant sur l’ensemble des départements publics. De nombreux efforts ont cependant été réalisés par certaines administrations et organismes publics comme la TGR, la DGI et l’Anapec.

En ce qui concerne le secteur privé, la machine est bien rodée particulièrement dans les grandes entreprises. «Celles-ci ont les fonds nécessaires pour se digitaliser car il y a une dimension économique derrière», explique le président de l’AUSIM. Ce qui n’est pas le cas pour une grande partie des PME dont le top management n’affiche pas souvent une priorité pour la transformation digitale.

Approche globale

Pour réussir une transformation digitale au sein d’une entreprise, Olivier Fafin, associé du cabinet Fontaine Consultants et Gérant du bureau marocain, propose la mise en place d’une approche globale et coordonnée autour de trois axes. Il y a la transformation du business de l’entreprise, tirée par les besoins métiers, et celle de son fonctionnement sans oublier son système d’information. Assurer une cohérence entre ces trois axes est la clé pour mener une transformation digitale efficace et durable, ajoute Olivier Fafin. En revanche, si le plan de transformation se doit d’être global, sa politique de mise en œuvre ne peut être pensée que dans une approche de petits pas, délivrant régulièrement de la valeur, précise-t-il. Parmi les premiers résultats d’un sondage mené par le cabinet d’Olivier, on constate que la transformation du business a une longueur d’avance sur les deux autres transformations.

 

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