Culture

Les Nuits photographiques d’Essaouira: Une scène artistique très féminine

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5112 Le 25/09/2017 | Partager
Fatima Mazmouz, l’invitée d’honneur
Un événement ouvert aux professionnels comme aux amateurs
Du 5 au 8 octobre prochain
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Fatima Mazmouz est l’invitée d’honneur de la 2e édition des Nuits photographiques d’Essaouira, prévue du 5 au 8 octobre prochain. L’artiste aime interroger la notion d’identité sous le prisme de son corps de femme (Ph. F. M.)

Les Nuits photographiques d’Essaouira, c’est à la fois des projections sur les remparts de la place El Menzah, des expositions, lecture et conférences à l’Institut français, au Centre culturel Dar Souiri, et au Borj Bab Marrakech. Toute la ville célèbre donc l’image pour cette 2e édition, prévue du 5 au 8 octobre prochain. Régulièrement exposée à Rome, Madrid, Amsterdam, Anvers, Paris et Le Caire, Fatima Mazmouz est l’invitée d’honneur cette année.

Représentée par la Mamia Bretesche Gallery à Paris et la Galerie 127 à Marrakech, elle travaille depuis 1998 à interroger la notion d’identité sous le prisme de son corps de femme. Discrimination, genre, question postcoloniale et immigration, autant de champs de recherches qui intéressent l’artiste avec tout ce que cela implique de stéréotypes et de clichés. Migrations intérieures est d’ailleurs sa première série de travaux entre le territoire de l’intime et celui du politique.

La question du féminisme et du multiculturalisme devenant ses principaux créneaux, par lesquels elle mène en photo une réflexion imposée sur le corps. Pendant des années, elle met en images le corps de la grossesse, le corps de la mère dialoguant avec le concept de la mère patrie dans son rapport à la réparation, elle travaille aussi autour des différentes pratiques secrètes des avortements clandestins, allant même titiller l’univers de la magie et de la sorcellerie. Une artiste plasticienne engagée, qui frappe un grand coup dans la fourmilière d’idées reçues qui continue de stéréotyper les femmes.

A ses côtés, l’événement d’Essaouira regroupe de nombreux photographes comme Mariem Naciri, connue notamment pour ses séries sur la fantasia, sur les mains, un sujet qu’elle affectionne tout particulièrement, et pour ses portraits d’artistes. La Française Vanessa Gilles est une autre artiste exposée dans la ville des Alizés. Elle résume sur son site le sens du métier en confiant que «l’acte photographique nous interroge en permanence, et il exige de nous une responsabilité en tant qu’individu.

De l’introspection à la rencontre vers l’autre, l’espace est infime, cette exploration fait sens de ce que nous sommes et voulons partager». Si elle choisit l’univers de l’expression du corps et du mouvement, ce n’est pas la performance qui l’intéresse mais le langage au service de l’émotion. Les regards de femmes donc, mais aussi ceux des hommes tels que Ziad Naitaddi, qui ne cesse d’explorer l’âme humaine, ou Marc Belli, passé par le journal Libération, le Photographie Magazine ou la revue Camera International, et qui vit depuis plus de 10 ans entre Paris et Taroudant.

 

 

 

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