Economie

Dialogue social: Les syndicats posent leurs conditions

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5112 Le 25/09/2017 | Partager
Des propositions concrètes attendues le 9 octobre
Le projet de loi organique sur la grève doit être rediscuté
Pas question d’assouplir les conditions de rupture du contrat de travail
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Les grèves déclenchées ont baissé mais ces arrêts de travail mobilisent de plus en plus de salariés

Petite détente pour les syndicats en attendant le dialogue social programmé pour le lundi 9 octobre. La rencontre «informelle» du mercredi 20 septembre met fin au climat d’attentisme et relance le dialogue avec le gouvernement. Réunies avec Saâdeddine El Othmani, chef de gouvernement et une partie de son équipe dont les Finances, les organisations syndicales ont posé leurs conditions. «Nous avons expliqué au gouvernement que nous ne voulons pas réitérer l’expérience Benkirane sinon  nous préférerions nous retirer», confie El Miloudi El Mokharek, secrétaire général de l’UMT.

Entre l’ancien gouvernement et les syndicats, le contact était quasi rompu. Les réunions et discussions menées pendant plusieurs semaines n’avaient abouti à aucune mesure concrète. Plus exactement, les syndicats avaient été surpris par les propositions du gouvernement qui n’avaient pas pris en compte l’essentiel de leurs demandes. Un scénario que les syndicats ne veulent pas revivre. Et ils l’ont clairement indiqué lors de cette rencontre préparatoire du round du dialogue social qui devait, en principe, se concentrer sur la méthode de travail.

Les organisations syndicales ont mis les points sur les «i»  dès le départ refusant d’emblée le schéma classique d’une rencontre consacrée à la remise «en mains propres» du cahier revendicatif. «Au nom de la continuité de l’Etat, nous avons clairement expliqué que nous attendons des propositions bien ficelées et étudiées par rapport à nos revendications», poursuit le secrétaire général de l’UMT.

Même constat auprès d’autres organisations qui s’attendent aussi à ce que le gouvernement vienne avec des propositions. Le timing étant également jugé idéal puisque ce rendez-vous intervient au moment où démarrent les discussions du projet de loi de finances. Quant au patronat il est revenu à la charge sur trois points: «nous avons insisté sur la promulgation de la loi sur la grève, la réforme du code du travail et l’intégration du principe de la flexisécurité», souligne Hicham Zouanat, président de la Commission Emploi & relations sociales à la CGEM.

L’une des revendications récurrentes est liée à l’amélioration des revenus et du pouvoir d’achat. Les syndicats attendent en particulier des changements au niveau de l’IR, impôt dont plus de 75% des recettes émanent des salaires.  L’UMT propose de porter la tranche exonérée à 36.000 DH bruts annuels contre 30.000 DH actuellement. Le syndicat est favorable à un taux de 8% pour les revenus compris entre 36.001 et 56.000 DH, 14% pour la tranche allant de  56.001 et 66.000 DH, 20% pour la tranche de 66.001 à 86.000 DH.  A cela s’ajoutent, un taux de 30% pour les revenus allant de  86.001 à 186.000 et de 34% pour ceux compris entre 186.001 à 600.000 DH. Au-delà de 600.000, l’organisation syndicale propose un taux de 38%.

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Selon les statistiques du ministère de l’Emploi, 128.056 journées de travail ont été perdues au 1er semestre à la suite de 90 mouvements de grèves. En 2016,  le nombre de journées de travail perdues a augmenté de manière importante

L’augmentation du smig et des salaires dans le public comme dans le privé figurent aussi parmi les revendications. Le gouvernement Benkirane II avait proposé une hausse de 4% des salaires échelonnée sur 4 ans mais uniquement pour les fonctionnaires. Une offre qui avait été rejetée. Dans la fonction publique, le salaire net mensuel moyen a augmenté de 44,38% entre 2007 et 2016: il est passé de 5.333 à 7.700 DH alors que le «smig» dans l’administration a augmenté à 3.000 DH.  Ce salaire net mensuel moyen représente 3,2 fois le PIB par habitant contre 1,5 en Tunisie et 1,1 en Turquie  sans que la productivité et la qualité de service ne suivent.

Une revalorisation des allocations familiales est également attendue. Celle-ci avait également fait l’objet d’âpres discussions avec le gouvernement Benkirane II avant d’être abandonnée. Son impact serait important en particulier dans le secteur privé et nécessiterait un ajustement des taux de cotisation. La branche allocation familiale aujourd’hui bénéficiaire deviendrait rapidement déficitaire. 

Les syndicats ont également demandé la reprise des discussions sur le projet de loi organique sur la grève. «Nous avons demandé son intégration dans les discussions du dialogue social. Le texte ne devrait pas être retiré du Parlement mais gelé le temps que l’on parvienne à un accord sur ce projet», indique El Mokharek.

Sauf que le gouvernement ne peut accéder à cette requête puisque le projet est déjà au Parlement qui reste souverain. Il affirme aussi qu’ils sont opposés à l’amendement du volet flexibilité dans le Code du travail. La CGEM est favorable à une flexibilité responsable à travers l’introduction de nouveaux types de contrats notamment, le contrat de travail à temps partiel, le contrat de chantier...

 

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