Culture

Kourkouni: L’artiste qui donne vie aux «blisters»

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5111 Le 21/09/2017 | Partager
Le lauréat de LCC Program expose à Think Art jusqu’au 15 novembre
Une série d’oeuvres questionnant notre quête d’identité
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«Fil d’Ariane», tirage photographique d’Adil Kourkouni, lauréat de la 5e édition de LCC Program. A travers chaque œuvre de l’artiste, s’invitent des visages expressifs sculptés sur blisters (Ph. Adil Kourkouni)

C’est une démarche tout à fait surprenante qui a attiré l’attention du jury de la 5e édition de la Chambre Claire fraîchement baptisée LCC Program. En effet, le travail du lauréat Adil Kourkouni est un processus rassemblant plusieurs techniques, partant de la sculpture de blisters (plaquettes de médicaments en aluminium) auxquels il donne un visage humain qu’il mettra en scène dans divers univers. Placé sur les visages de ses personnages, le blister devient un masque qui cache une émotion, une réalité, une identité.

«La pratique qui consiste à sculpter les blisters est une activité à laquelle je m’adonnais depuis très jeune. Je le faisais sur les médicaments de ma mère et j’y suis revenu ayant été moi-même sous traitement plus tard», souligne l’artiste.  Son processus de création est instinctif. Influencé par la pensée de Krishnamurti (philosophe indien), sa démarche créative s’inscrit dans ce que le penseur appelle «l’attention vigilante de chaque instant».

Photographie, installation mais aussi vidéo réalisées à différents moments de la vie de l’artiste composent la série «Autofiction(s)». Cette première exposition individuelle est à découvrir à l’espace Think Art à Casablanca jusqu’au 15 novembre.  «Pour cette 5e édition nous souhaitions donner à la Chambre Claire une vie itinérante. Le choix de l’espace Think Art, qui est une résidence de recherche, s’inscrit parfaitement dans l’esprit de LCC Program», précise Othman Lazraq, président du jury de LCC Program et directeur de la Fondation Alliances. Au-delà de l’exposition individuelle, à travers LCC Program, les lauréats bénéficient également d’un accompagnement.

La Fondation Alliances qui a initié ce programme, grâce à l’expertise des divers membres du jury, apporte une aide à l’artiste en lui accordant une formation à l’instar de l’étude des prix des œuvres, comment traiter avec un galeriste… Le prochain prix de LCC Program deviendra payant (2.000 dollars), a annoncé Othman Lazraq. «Nous voulons attirer le plus grand nombre de candidats et nous voulons nous positionner comme un concours africain, jeune, dynamique et accessible à tous. La fondation se veut être également un développeur de projets culturels», précise le directeur de la Fondation Alliances.

C’est en étant étudiant à l’ESAV que Kourkouni entend parler du programme La Chambre Claire mais ne parvient à y participer qu’à la 5e édition dont il sera lauréat. Artiste depuis son plus jeune âge, ce dernier est un touche à tout. Il s’intéresse à la danse, au chant,  au dessin et toute autre discipline ayant trait à l’art, tout en puisant son inspiration dans ce qui l’entoure. «Ce qui m’intéresse c’est de m’exprimer avec tout ce qui est existant, mais aussi tout ce qui ne l’est pas. C’est un travail d’exploration et de recherche», explique-t-il.

 

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