International

Les enjeux des élections législatives en Allemagne

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5111 Le 21/09/2017 | Partager
Elles auront lieu ce dimanche 24 septembre
Casse-tête gouvernemental en vue pour Merkel
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Sauf surprise, la chancelière allemande devrait rempiler pour un quatrième mandat après les élections législatives du 24 septembre. Toutefois, l’incertitude reste totale sur ses futurs partenaires au gouvernement. C’est certain qu’il y aura une coalition. Les élections en Allemagne (quatrième puissance économique mondiale) se déroulent selon un système de vote complexe, qui allie scrutin uninominal direct à un tour et principe proportionnel. C’est le pays le plus peuplé d’Europe avec 82,8 millions d’habitants à fin 2016, dont environ 10 millions d’étrangers.
■ Deux voix: Chacun des 61,5 millions d’électeurs dispose de deux voix pour élire les députés, dont le nombre a été fixé à 598 au minimum. Son nombre exact ne sera toutefois connu qu’à l’issue du scrutin, rapporte l’AFP. La moitié des sièges (299) sont attribués par un scrutin uninominal direct à l’échelle des circonscriptions. Le candidat arrivé en tête, même s’il n’atteint pas les 50%, est élu. Ce qui favorise traditionnellement les grands partis, les petits n’ayant que très peu de députés élus directement. Mais les électeurs disposent d’une deuxième voix, qu’ils doivent attribuer à une liste de partis dans chaque Etat régional. C’est là qu’intervient le système proportionnel, mis en place sous l’influence des alliés après la guerre pour éviter un retour du totalitarisme, avec un seuil minimum de 5% des suffrages pour entrer au Bundestag.

■ Coalitions: L’électeur peut voter deux fois pour le même parti ou différencier son choix. Les Allemands optent souvent pour cette dernière option car ils sont habitués à être gouvernés par des coalitions, en raison du système proportionnel et essaient d’influencer leur composition.
La deuxième voix a beaucoup d’importance: le score obtenu par chaque parti dans chaque Etat régional va en effet déterminer en grande partie le nombre d’élus envoyé au final au Bundestag, via un mode de calcul compliqué. Si un parti obtient par exemple dans une région donnée (ou in fine au plan national) 30% des voix à la proportionnelle, il aura droit à coup sûr à 30% de tous les sièges alloués.

■ Rééquilibrage: Si le nombre d’élus directs au scrutin majoritaire représente un total inférieur à ce seuil de 30%, on complète avec les élus de la liste régionale. Si en revanche, il est supérieur au score proportionnel, ces sièges directs supplémentaires restent et augmentent donc mécaniquement le nombre total de députés au Bundestag. En pareil cas, la Cour constitutionnelle allemande a imposé un rééquilibrage sous forme d’une attribution de sièges supplémentaires aussi aux autres petits partis, afin de préserver la dimension proportionnelle du scrutin. Le nombre final d’élus a de ce fait enflé de scrutin en scrutin dans la période récente. Ils sont déjà 630 députés dans le Bundestag sortant et pourraient, selon certaines projections, atteindre un jour 700.

 

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