International

La France veut rattraper son retard en Afrique

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5111 Le 21/09/2017 | Partager
Le Maroc, la Chine ou l’Inde y ont adopté des stratégies plus développées
L’institut Montaigne dresse un benchmark de la concurrence

La France «n’a pas su proposer une stratégie de long terme pour le développement économique du continent» africain. C’est ce qui ressort du rapport «Prêts pour l’Afrique d’aujourd’hui?» publié par l’institut Montaigne mercredi 20 septembre. L’étude relève une concurrence internationale de plus en plus féroce. La Chine, le Maroc, l’Inde ou la Turquie ont adopté des stratégies bien plus développées. Les Français sont quant à eux «enfermés dans un discours politique circulaire». Chaque nouveau président annonce un renouveau des relations franco-africaines d’une meilleure manière que le gouvernement qui l’a précédé.

L’institut se plaint également de la dépendance vis-à-vis de la puissance publique, l’intervention en Afrique étant plus appuyée sur les financements et les démarches diplomatiques. Le succès des entreprises françaises repose toutefois sur «les biens et services proposés, la compétitivité, les partenariats audacieux avec les futurs champions africains et la prise de risque», affirme l’institut Montaigne. D’un autre côté, les pays africains savent tirer profit de cette situation et refusent désormais de se placer dans des relations exclusives avec leurs partenaires historiques. L’étude fait un benchmark des différentes stratégies des pays en quête de leadership en Afrique.

Outre le Maroc et la Chine qui se distinguent par leurs rôles pivots sur le continent, la France épie la Turquie. Cette dernière a obtenu depuis 2005 un siège d’observateur au sein de l’Union africaine. De plus, ses échanges avec l’Afrique ont été multipliés par dix depuis les années 2000 pour atteindre une vingtaine de milliards d’euros.

Les entreprises turques concurrencent aujourd’hui les firmes européennes en Afrique francophone, notamment dans la construction et les services. Le conflit entre le président turc et son ancien allié, Fethullah Gulen, risque de freiner l’ambition de la Turquie. Gulen, «accusé d’avoir fomenté le coup d’Etat manqué de juillet 2016 en Turquie, finance un vaste réseau d’entreprises privées, d’ONG, ou encore d’écoles privées dans une quarantaine de pays sur le continent», relève l’institut.

Israël s’intéresse aussi de près à l’Afrique, et chercherait en premier lieu à contrecarrer l’avancée de l’Iran sur le continent. Tel Aviv apporte officiellement son savoir-faire dans le domaine de l’agriculture, «même si la défense est un sujet largement évoqué lors des rencontres bilatérales».

L’Inde et le Japon comptent à leur tour se positionner sur le continent. Ils ont mis en place une initiative commune baptisée Asia-Africa Growth Corridor (AAGC), ou encore «route de la liberté», afin de contrecarrer la «route de la soie» lancée par la Chine. Le Kenya, l’Afrique du Sud, le Mozambique et Djibouti sont les quatre pays jugés prioritaires par ce programme. L’Inde est le cinquième investisseur étranger en Afrique.

Les propositions de l’institution

L’étude émet plusieurs recommandations pour améliorer la position des entreprises françaises sur le continent africain. Y figure notamment l’orientation des aides publiques au développement des startups, TPE et PME, afin qu’elles puissent améliorer leurs exportations. Le rapport propose aussi la création d’un guichet unique pour centraliser l’accès aux outils de financement, d’assurance et d’aide technique à l’export pour les entreprises françaises.

 

 

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