Economie

Mbarka Bouaïda: «Le Maroc doit tirer profit de ses 3.500 km de côtes»

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5111 Le 21/09/2017 | Partager
Développer l’aquaculture et assurer sa valorisation
Le pays, précurseur sur le continent où cette activité est encore peu développée
Ouvrir le secteur aux jeunes investisseurs
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Pour Mbarka Bouaïda, le Maroc doit tirer profit de son potentiel halieutique et de ses 3.500 km de côtes pour se hisser au rang de pays leader dans le secteur de l’aquaculture (Ph.Jarfi)

Chez Mbarka Bouaïda, Secrétaire d’Etat chargée de la Pêche maritime, l’optimisme reste de rigueur. En effet, elle croit dur comme fer que le Maroc est capable de réussir son plan de développement de l’aquaculture. Il en a le potentiel et les moyens, estime-t-elle.

- L’Economiste: Qu’attendez-vous du plan de développement de l’aquaculture?
- Mbarka Bouaïda:
L’aquaculture est un nouveau domaine pour le Maroc. Bien sûr, le démarrage prend du temps puisqu’il fallait, d’abord, le vouloir et le concevoir. Il fallait aussi le projeter, non seulement dans un avenir proche, mais aussi à long terme et, bien entendu, se doter des moyens nécessaires pour mettre en place cette nouvelle vision. Inutile de rappeler que l’aquaculture constitue pour nous la continuité du département en charge des pêches et de tout le secteur de la pêche puisqu’il ne s’agit pas seulement de garantir la durabilité de la ressource halieutique, mais également d’assurer une bonne valorisation de ses produits. Et cela, justement, à travers une industrialisation adaptée et au top niveau et aussi à travers l’objectif de développer une aquaculture saine qui concerne plusieurs types de poissons et de ressources halieutiques qui permettraient par la suite de garantir une certaine sécurité alimentaire.

- Avec quels moyens et quelle structure?
- Effectivement, une fois la vision mise en place à travers le plan stratégique «Halieutis», il fallait réfléchir aux moyens, à un temps de lancement et à un plan de déploiement. C’est ainsi qu’une structure a été créée et exclusivement dédiée à ce nouveau domaine. Il s’agit de l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) qui est désormais en charge d’accompagner cette activité.

- Quelles chances de réussite pour ce plan de développement de l’aquaculture?
- J’estime que le Maroc est précurseur dans le domaine de l’aquaculture au niveau de toute la région et du continent africain où cette activité est encore peu développée. Notre pays a un potentiel énorme en la matière et ses 3.500 kilomètres de côtes le prédisposent à figurer parmi les pays grands exportateurs de ressources halieutiques. Donc, forcément, il y a un potentiel à développer et une performance à maintenir continuellement. Certes, cela nous a pris du temps notamment pour la mise en place de l’agence et des cadres administratif, juridique et réglementaire. Il fallait aussi identifier les emplacements, délimiter les zones et examiner les classements nécessaires dans chaque zone. Par la suite, nous sommes passés à la phase de lancement des appels à manifestation d’intérêt pour pouvoir choisir les investisseurs potentiels étrangers ou nationaux qui vont prendre cette activité en main tout en leur garantissant l’accompagnement nécessaire.
Nous sommes en train d’aller, certes doucement, mais sûrement vers le développement d’une activité fort prometteuse qui s’inscrit parfaitement dans la vision stratégique du développement durable et «d’économie bleue» et qui va également contribuer à un meilleur rayonnement géostratégique du Maroc dans ce domaine.
Les investissements vont certainement varier entre petits et gros. C’est pourquoi, puisqu’il s’agit d’un nouveau secteur, il faut ouvrir la porte aux grands investisseurs à même d’apporter la technicité et le savoir-faire nécessaires et qui peuvent tirer le secteur vers le haut. Et il faut aussi permettre aux jeunes et petits entrepreneurs d’intégrer cette filière dans un écosystème qui leur permette une certaine rentabilité et également de bénéficier du savoir-faire des grands investisseurs. C’est pour cette raison que l’on a réservé, dans le cas d’Al Hoceïma, un tiers des projets aux jeunes. Cela va leur permettre de faire un investissement réaliste et réalisable, c’est-à-dire qui n’est pas très coûteux. Les banques sont, d’ailleurs, prêtes à les accompagner et nous étudions actuellement les moyens de financement adéquats pour permettre aux jeunes et aux petits investisseurs d’obtenir leur ticket d’entrée dans le secteur. Et aussi les aider à décrocher des marchés.

- Allez-vous faire appel à la coopération internationale?
-Nous avons déjà de nombreux partenaires internationaux notamment de l’Union européenne. Des partenariats qui portent sur les techniques et les modes de mise en place de l’aquaculture. D’autres seront noués également avec des pays de l’Amérique latine. C’est tout à notre avantage de chercher à diversifier nos partenariats pour prendre le meilleur du savoir-faire chez les uns et les autres.
Propos recueillis par Jamal Eddine HERRADI

 

 

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