Entreprises

Investissement: Le fonds Helios accélère sur le front africain

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5110 Le 20/09/2017 | Partager
Il acquiert le réseau de distribution d’engrais et d’intrants de Louis Dreyfus Company en Afrique
Un certain nombre d’opportunités à l’étude avec des groupes marocains
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Zineb Abbad El Andaloussi, directrice générale d’Helios Investment Partners: «Nous investissons dans des secteurs-clés pour l’Afrique: la banque, l’énergie et l’agroalimentaire» (Ph. Helios)

Helios Investment Partners est un fonds de capital-investissement créé en 2004 et dirigé par une équipe majoritairement africaine basée à Londres, Lagos et Nairobi. Le fonds investit exclusivement en Afrique et gère un portefeuille d’environ 3 milliards de dollars.

En juillet 2017, Helios a acquis le réseau de distribution d’engrais et d’intrants de Louis Dreyfus Company en Afrique. Cette plateforme opère dans 7 pays: Angola, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Madagascar, Mali et Sénégal. En 2016, elle a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 300 millions de dollars. Associée chargée du développement en Afrique francophone, Zineb Abbad El Andaloussi explique la stratégie du fonds.

- L’Economiste: Quel est l’horizon d’investissement moyen dans les sociétés où vous intervenez?
- Zineb Abbad El Andaloussi:
Nous sommes flexibles sur l’horizon d’investissement. En général, nous sortons après une période allant de 5 à 8 ans, mais plus souvent 8 que 5 ans.
Avec la reprise de la filiale de Louis Dreyfus, notre ambition est d’aller plus vers l’aval, précisément la transformation et la distribution agroalimentaire. Le partenariat que nous avons conclu en mai 2017 avec le groupe espagnol GB Foods cadre avec cette vision. Grâce à ce partenariat, nous avons créé l’une des plus importantes plateformes agroalimentaires présentes dans plus de 30 pays sur le continent.

- Envisagez-vous un partenariat avec le groupe OCP?
- Le fonctionnement de toutes nos sociétés en portefeuille peut passer par des partenariats avec de grands groupes, voire des opérations de croissance externe réalisées en commun. Pour l’heure, tout est ouvert, nous ne nous interdisons rien. Au moment opportun, nous nous poserons la question de ce qui est pertinent de faire.

- Avez-vous identifié quelques projets au Maroc?
- Evidemment, le Maroc est un pays prioritaire pour nous. Nous cherchons à nous y développer depuis un moment. Nous étudions d’ores et déjà un certain nombre d’opportunités avec des groupes marocains. Aujourd’hui, l’expansion géographique fait partie de nos priorités. Nous sommes déjà présents sur une quarantaine de pays africains à travers nos sociétés en portefeuille et avons l’ambition de nous développer le plus rapidement possible.

- Après avoir conseillé les investisseurs, vous êtes de l’autre côté de la barrière. Qu’est-ce qui change dans la manière d’appréhender le risque?
- Dans les grandes lignes, c’est le même schéma intellectuel. En revanche, Helios investit dans les entreprises à fort potentiel dans l’optique d’en faire des champions continentaux. Cela suppose une certaine taille, une ambition de croissance, une vision à long terme. Nous sommes soutenus par les plus grandes institutions financières (Banque africaine de Développement, Banque mondiale). Le cas de la banque kenyane Equity Bank illustre bien l’esprit de notre mode opératoire. Nous avons accompagné cette banque pendant 8 ans. Quand nous y avons investi, elle ne détenait que 7% de part de marché au Kenya. Aujourd’hui, elle en détient 50%. Par la suite, nous l’avons accompagnée dans son processus d’internationalisation. Elle opère aujourd’hui dans 5 autres pays. Depuis 10 ans, elle est citée parmi les banques les plus rentables au monde.

Plus de 17 ans dans les fusions-acquisitions

Zineb Abbad El Andaloussi a rejoint Helios en 2017 pour piloter le développement des investissements du fonds Helios en Afrique francophone. Diplômée de l’Ecole Centrale Paris, cette Franco-Marocaine a une longue expérience (17 ans) dans le conseil en fusions-acquisitions à la banque Rothschild en Europe et en Afrique. Après un début de carrière chez Arthur Andersen en 1997, elle a rejoint, deux ans après, les équipes de fusions et acquisitions de Rothschild à Paris. En 2006, elle a créé et développé la franchise de Rothschild en fusions et acquisitions au Maroc et en Afrique francophone. Elle a conseillé les plus importantes opérations de fusions et acquisitions au Maroc et en particulier Arcelor Mittal dans l’opération de reprise de Sonasid et la cession de Méditel à Orange.
En 2011, Zineb Abbad El Andaloussi a été nommée gérante avant de se voir confier la responsabilité de la zone Afrique pour le groupe Rothschild en 2013. Elle a quitté la banque d’affaires en 2014 pour développer sa propre activité de fusions-acquisitions, tout en restant Senior Advisor de Rothschild.

Propos recueillis par Modeste KOUAME

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