Régions

Sebta: L’accès sans visa remis en cause

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5108 Le 18/09/2017 | Partager
L’Espagne souhaite restaurer le visa pour tous
Une meilleure sécurité, moins de pression à la frontière... les gains
Mais le commerce risque de trinquer
bab-sebta-visa-008.gif

L’imposition d’un visa permettrait de limiter grandement la pression sur la frontière qui n’a pas été dimensionnée pour une telle avalanche de visiteurs. Près de 15.000 passeurs la «traversent» quotidiennement créant des bousculades, parfois mortelles (Ph. Faro)

L’exemption de visa pour les habitants de Tétouan et des communes limitrophes de Sebta pourrait être levée. La pression exercée sur la frontière aura finalement gain de cause sur ce privilège de longue date qui profite au commerce transfrontalier. Les récentes images des blocages des femmes-mulets et le décès de quatre d’entre elles depuis le début de l’année dans des bousculades à Bab Sebta a fini par convaincre autorités espagnoles et marocaines.

Il y a quelques mois, le gouverneur civil de Sebta avait lancé l’idée de limiter l’accès de la ville aux seuls possesseurs d’un visa Schengen ou d’un visa spécial pour Sebta et Melilia. Cette disposition permettrait d’alléger la pression sur la frontière qui n’a pas été dimensionnée pour une telle avalanche de visiteurs, selon les autorités espagnoles. En moyenne, ce sont 10.000 à 15.000 passeurs, essentiellement des femmes, qui traversent la frontière, à plusieurs reprises pour certains, appâtés par la prime offerte par les commerçants qui peut atteindre les 900 DH par passage.

L’idée a été confirmée de manière indirecte dernièrement par le ministre espagnol de l’Intérieur qui a récemment annoncé être en pourparlers avec les autorités marocaines pour la révision de l’exemption tétouanaise, sans donner plus de détails. Au départ, l’idée était de permettre à la ville de Sebta de ne pas vivre en autarcie par rapport à son environnement immédiat et de permettre des échanges avec leurs aires d’influence, les communes qui leur sont limitrophes. Ce qui avait permis l’entrée sans visa des habitants de Tétouan, mais aussi des préfectures de Fahs Anjra et de Mdiq-Fnideq.

visa-bab-sebta-008.gif

Actuellement le nombre d’habitants de ces agglomérations a été multiplié par dix lors des dernières années (émigration, contrats de loyer de complaisance, etc. ont augmenté de manière artificielle la population de Fnideq par exemple), ce qui a élevé la pression sur la frontière.

Cette manière de procéder permettra aussi d’augmenter le contrôle sécuritaire sur la frontière de Sebta qui est actuellement loin d’être aussi hermétique qu’on le croit, surtout pour les espagnols qui n’estampillent pas les passeports des visiteurs, cette procédure n’étant appliquée que si le voyageur passe par le port en direction de l’Espagne péninsulaire.  Mais ces dispositions ne prennent pas en considération l’élément humain. Tant du côté de Sebta que de celui de Fnideq, ce sont des milliers de familles qui dépendent du commerce transfrontalier, pour lesquelles une solution originale devrait être mise en place.

A Sebta, les commerçants constituent une force de lobbying importante mais qui commence à perdre du poids face au souci sécuritaire, renforcé par les attentats de Barcelone. Les autorités avaient même proposé il y a quelques années d’ouvrir l’accès sans visa aux Marocains afin d’encourager le tourisme shopping, des idées qui sont restées lettre morte depuis.

De notre correspondant, Ali ABJIOU

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc