Régions

Casa/Propreté: Pourquoi Sita est «évacuée»

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5108 Le 18/09/2017 | Partager
Casa-Prestation gérera la moitié du territoire
En attendant le lancement d’un nouvel appel d’offres
Averda en sursis jusqu’à nouvel ordre
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Après le départ de Sita, plus de 500 employés statutaires (relevant de la commune) vont continuer à assurer le service de collecte des ordures, sous la supervision de la SDL Casa-Prestation (Ph. L'Economiste)

Le problème de la propreté à Casablanca refait encore surface avec le départ inopiné de Sita Blanca, dont le contrat de gestion déléguée devait courir encore jusqu’en 2021. Le conseil de la ville de Casablanca a adopté vendredi 15 septembre la décision de résilier le contrat de la filiale du groupe Suez, en charge de la moitié du territoire de Casablanca (Le reste étant couvert par le libanais Averda, encore en service jusqu’à nouvel ordre).

Motif invoqué: «les engagements contractuels n’ont pas été honorés». «Vu l’état du service de collecte qui laisse à désirer, nos élus ont multiplié les opérations de contrôle sur le terrain, ce qui s’est traduit par la multiplication des sanctions et des amendes qui ont atteint plusieurs millions de DH», explique Abdelaziz El Omari, président du Conseil de la ville. Le système de suivi de la collecte par GPS a permis en effet de relever plusieurs contraventions dont le ramassage des gravats et déchets inertes  (afin d’augmenter le tonnage). Plus de 200 infractions sont relevées quotidiennement pour non-respect du cahier des charges.

Par conséquent, plusieurs mises en demeure ont été envoyées aux délégataires dès 2015, sans résultat, toujours selon la commune (puisque le contrat interdit aux délégataires de communiquer avec la presse sous peine de sanctions). Le préjudice subi par Sita serait de l’ordre de «130 millions de DH sur 3 ans de gestion», précise Mohammed Haddadi, adjoint au maire de Casablanca en charge de la propreté. Ce dernier affirme que rien que sur la période janvier-août 2017, le montant des amendes a dépassé les 30 millions de DH. Bien évidemment, le suivi et le contrôle plus resserré n’étaient pas pour arranger les intérêts de Sita, qui a réclamé la révision des termes du contrat.

Le processus, entamé dès février dernier, n’a pas abouti, puisque Sita a réclamé la révision à la hausse des tarifs par tonne. Une augmentation rejetée en bloc par le conseil de la ville. «Nous avons déjà un lourd budget de 700 millions de DH consacrés chaque année à la propreté, dont 300 millions pour Sita. Il n’est pas question de l’augmenter», insiste le maire. Pour débloquer la situation, la CUC a réglé à Sita ses arriérés à fin avril dernier.

Ce qui s’est traduit par une légère amélioration du service en juillet et août (période qui a coïncidé avec l’Aïd Al Adha). Sauf que cette courte période de répit a été ponctuée par un «bras de fer» et des «pressions» de part et d’autre. La filiale de Suez a riposté en demandant une résiliation à l’amiable au motif qu’elle n’arrivait plus à «assurer l’équilibre financier».

Selon le maire de Casablanca, ce même processus a été suivi avec Averda (Hay Hassani, Aïn Chock, Aïn Sebaâ, Hay Mohammadi et Sidi Bernoussi), qui a promis d’améliorer la qualité de service (alors que Sita a demandé l’augmentation des tarifs). Pour le moment, le délégataire libanais fait preuve de bonne volonté, mais pour combien de temps encore?

Aujourd’hui, la ville a décidé de confier les territoires de Sita (Casa-Anfa, El Fida Mers Sultan, My Rachid et Ben Msik) à la SDL Casa-Prestation. «Celle-ci va assurer le service pour une période transitoire de 6 mois en attendant l’élaboration d’un nouveau cahier des charges et le lancement d’un appel d’offres. Pendant ce temps-là, une partie du personnel de Sita, en tout 500 employés statutaires (relevant de la commune), vont continuer à assurer le service de collecte, sous la supervision de Casa-Prestation. «S’il le faut, nous allons recourir à du renfort», rassure El Omari.

Quant au sort des 1.739 salariés contractuels (relevant directement de Sita), il reste incertain. «Ils seront certainement redéployés au sein du groupe », révèle une source bien informée. Pour l’heure, les Casablancais sont sceptiques sur la capacité de la SDL à gérer les 6 mois de transition. Si avec plus de 2.300 salariés, Sita n’arrive pas à honorer ses engagements, Casa-Prestation ne pourra pas le faire avec 500 salariés à peine…

Le provisoire qui dure…

La période de transition de 6 mois risque de perdurer, craignent des élus, notamment ceux du PAM qui se sont abstenus de voter la résiliation du contrat avec Sita. « Les conséquences de cette décision hâtive risquent d’être graves pour la commune, qui doit verrouiller le volet juridique afin d’éviter des représailles devant les tribunaux», souligne Omar Farkhani, élu PAM et ex-président de l’arrondissement de Maârif. Pour un élu de l’Istiqlal, cette décision «courageuse» doit être suivie par d’autres à l’encontre d’autres délégataires défaillants, comme M’dina Bus, Ecomed… Ce dernier soulève le cas de la décharge de Médiouna, qui a atteint les limites de sa capacité depuis 2010, et dont l’exploitation est prorogée tous les 6 mois, par un avenant.

 

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