Dossier Spécial

Ingénieurs: Comment l’école privée marque son empreinte

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5106 Le 14/09/2017 | Partager
Focus sur les soft skills et les certifications professionnelles
Des profils qui s’intègrent bien sur le marché du travail
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Il existe une vingtaine d’écoles privées spécialisées dans la formation d’ingénieurs au Maroc, dont près de la moitié n’ont pas encore de diplômés. 9.015 élèves ingénieurs étaient toujours en formation dans le privé en 2016-2017. En 2016, quelque 1.374 lauréats sont sortis des établissements privés. Une quinzaine de filières très diversifiées sont offertes. L’EMSI assure à elle seule les deux tiers des diplômés

Les meilleurs bacheliers ne vont pas toujours chez elles, mais les écoles privées d’ingénieurs tentent tout de même de s’imposer. Recrutant à partir de la mention «Assez bien», elles offrent à une large partie de jeunes la possibilité d’accéder à leur rêve de devenir ingénieur. «Il est vrai que nous n’avons pas le même input que les grandes écoles publiques.

Toutefois, nous nous devons de former des profils aux meilleurs standards de qualité, c’est là notre challenge», concède Kamal Daissaoui, président du groupe EMSI. Avec ses trois campus à Casablanca, Rabat et Marrakech, l’établissement a été classé «meilleure école d’ingénieurs privée au Maroc» par l’enquête Diorh-Campus Mag d’avril dernier, qui a sondé une trentaine de DRH.

Il existe actuellement une vingtaine d’opérateurs privés proposant des cycles ingénieurs. Elles accueillent plus de 1.370 étudiants. Nécessitant des investissements conséquents en équipements et matériels, ainsi que des profils d’enseignants (ingénieurs docteurs) difficiles à trouver, les barrières à l’entrée sont élevées dans le secteur. Les premières écoles ont été créées dans les années 80. Toutes n’ont pas survécu à la concurrence, mais certaines ont pu se démarquer. «Contrairement au public, nous avons très tôt intégré la communication, les langues et le management à nos formations. Chose que les employeurs apprécient», explique Daissaoui.

Les établissements privés misent aussi sur la certification professionnelle de leurs lauréats auprès des industriels (informatique, automatismes industriels, réseaux…), afin de renforcer leur employabilité. Les recruteurs en sont friands. Certains établissements ont lancé leurs propres centres de certification, agréés par des constructeurs industriels.

Des relations étroites avec le monde industriel, c’est l’autre point fort de l’offre privée. L’IGA compte, par exemple, près de 150 partenariats avec des entreprises. Cette proximité lui permet d’être au plus près de leurs attentes. L’école dispose d’ailleurs d’un comité de veille associant enseignants et experts de l’industrie, afin de scruter les besoins en formation. «Nous sommes en permanence dans une logique d’anticipation et d’innovation», avance Mohamed Zaoudi, directeur. L’EMSI, pour sa part, dispose d’un observatoire des métiers.

Les cadres de l’industrie sont, par ailleurs, sollicités pour participer aux cours et au contenu des cursus. «Le privé se distingue, aussi, par l’aspect pratique de son offre. Nos lauréats doivent effectuer un minimum de 10 mois de stage en entreprise, et réaliser au moins 20 projets», précise Zaoudi.  
Sur le marché, les ingénieurs du privé, notamment ceux des écoles les plus notoires, s’en sortent plutôt bien. Ceux de l’EMSI, par exemple, sont 83% à décrocher un emploi la première année. A l’IGA, la direction estime que 8 lauréats sur 10 trouvent un emploi en moyenne 6 mois après la diplomation.

 

 

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