Dossier Spécial

Insertion professionnelle/Futurs ingénieurs: Choisissez bien vos filières!

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5106 Le 14/09/2017 | Partager
Les diplômés ont de plus en plus de mal à s’insérer sur le marché
Plusieurs spécialités en recul forment des chômeurs
Génie des procédés, mécanique de base, réseaux…
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Par rapport aux autres lauréats, les ingénieurs s’en sortent mieux. Néanmoins, leur première rémunération en entreprise n’est pas fameuse. Le quart a touché un premier salaire entre 4.000 et 6.000 DH, et près de 3 sur 10 ont reçu moins de 4.000 DH! Seulement 8% ont réussi à décrocher plus de 10.000 DH par mois

Pour les jeunes bacheliers, l’ingénierie est la voie de l’excellence. Chaque année, ils sont des milliers à déposer leur dossier de candidature un peu partout dans l’espoir d’être pris dans une école. En 2016, le marché a accueilli plus de 6.600 lauréats issus d’établissements publics et  privés. Mais est-ce que le marché est prêt à absorber ces milliers d’ingénieurs?

Comparativement aux autres types de diplômés, les ingénieurs s’en sortent toujours mieux sur le marché de l’emploi. Toutefois, ils sont de plus en plus touchés par le chômage, et même de longue durée. Cela dépend d’abord des filières. Si certaines assurent une insertion immédiate, d’autres voient leurs débouchés se réduire comme une peau de chagrin. Aujourd’hui, le secteur des technologies de l’information et de la communication est l’un des plus porteurs. Et pour cause, les applications des TIC qui se retrouvent dans tous les pans de l’économie.

«Pour notre école, le taux est de 90%, six mois après l’obtention du diplôme. Les 10% restants choisissent l’entrepreneuriat», précise le directeur régional de l’école internationale de formation d’ingénieurs informatiques, Supinfo. «Les entreprises qui embauchent nos lauréats sont diverses: banques, assurances, opérateurs télécoms, société des services informatiques… avec un salaire entre 10.000 à 12.000 DH», assure-t-il.

Du côté de l’Esith (Ecole supérieure des industries du textile et de l’habillement), le taux d’insertion a été de 92% pour la promotion 2016, et ce à six mois de la diplomation. Les lauréats de l’Ecole Hassania des travaux publics, aussi, réussissent  à bien s’intégrer sur le marché. «La rémunération démarre à 8.000 DH dans le secteur public, et double pratiquement pour ceux qui choisissent le secteur privé, pour se situer entre 14.000 et 18.000 DH», précise Ismail Azzedine, directeur de l’EHTP. 

Le secteur des énergies renouvelables est également en plein essor avec les grands projets qu’entreprend le pays: centrale solaire Noor, le parc éolien de Tarfaya... «L’agroalimentaire, le génie rural et de la topographie recrutent en ce moment. De même que la mécanique, notamment pour les métiers de l’automobile et l’aéronautique», précise Abdeljalil Bousfiha, en charge de l’Observatoire national du marché du travail (OMT).

Cependant, d’autres spécialités forment pour des métiers de plus en plus saturés, ou sont en décalage avec les attentes du marché. Le génie des procédés, par exemple, est une filière en recul depuis des années. Certains de ses lauréats chôment aussi depuis des années. La maintenance et qualité, réseaux et télécoms, mécanique de base (non pas celles destinées à l’automobile ou l’aéronautique)… connaissent aussi des difficultés.

  Autre facteur de chômage des ingénieurs, la nature des profils formés. Les écoles produisent en général des ingénieurs bac+5. Un profil surdimensionné par rapport aux besoins des industriels, qui sont surtout à la recherche de middle managers et d’ingénieurs d’application (voir page XIV). 

Les soft skills, c’est l’autre facteur de chômage des ingénieurs. «La maîtrise des langues, à l’oral comme à l’écrit, est décisive», souligne Najib Hamouti, responsable du centre de développement de carrière de l’Esith. La communication interpersonnelle, la prise de décision, prise de parole… faisant défaut à l’enseignement public sont de véritables obstacles à l’insertion professionnelle.

Toutes les écoles sont aujourd’hui conscientes de l’importance de se remettre à niveau en matière de soft skills. Cela dit, toutes n’ont pas encore le courage de fermer les filières qui ne marchent pas…

Rude concurrence

Les ingénieurs se retrouvent, par ailleurs, en concurrence avec d’autres diplômés. «La concurrence entre les ingénieurs et masters d’université est rude, tire les salaires vers le bas, surtout dans les entreprises de l’offshoring», relève Abdeljalil Bousfiha, en charge de l’Observatoire national du marché du travail. D’autant plus que la crise qui a frappé de plein fouet l’Espagne a engendré une pression sur le marché national. En effet, de plus en plus d’ingénieurs ibériques se sont installés dans le Royaume et ont particulièrement investi le secteur de l’énergie et des infrastructures.

 

 

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