Régions

Fès en guerre contre les marchands ambulants

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5105 Le 13/09/2017 | Partager
Les autorités musclent leurs interventions sur le terrain
Les squatteurs de l’espace public recasés dans des kiosques INDH

SAÏD Ziyane, Mohamed Khamlichi et Houcine Lotfi font beaucoup parler d’eux ces derniers jours à Fès. Ils sont respectivement SG de la wilaya, chef de la division des affaires internes (DAI), et chef du district urbain Fès-Medina. Ce trio a lancé, lundi dernier, l’opération de lutte contre les «ferrachas».

En effet, la libération du domaine public est une affaire de la plus haute importance. Pour la réussir, il faut beaucoup de volonté, et surtout, un dispositif implacable. C’est ainsi que Houcine Lotfi a lancé une vaste opération au sein de sa circonscription en vue de déloger les vendeurs ambulants. D’importants moyens matériels et humains ont été déployés par les autorités locales dans le cadre de cette campagne.

La veille, les agents d’autorité, appuyés par les forces auxiliaires, ont chassé les vendeurs à la sauvette des quartiers Sahb El Ouard et Bensouda. Une délivrance pour les riverains, qui espèrent ne plus voir «ces colons des espaces verts, qui le soir venu, s’allongent sur la verdure et se débarrassent de leurs déchets sur place». «Il est temps de combattre ce fléau en mode zéro tolérance», insistent-ils.

Depuis le 11 septembre, les autorités de Fès mènent, tambour battant, cette campagne musclée contre l'occupation abusive du domaine public, dans les arrondissements de Saïss et El Mariniyyine. A Berkane aussi (voir article ci-dessous), les autorités locales s’activent, depuis lundi dernier, pour recaser les squatteurs dans les boutiques qui ont été spécialement construites pour eux. 

C’est un grand ouf de soulagement que poussent autant les commerçants que les automobilistes, ou encore les piétons, exaspérés par les foules grouillantes qui se rassemblent autour de charrettes pour faire leurs emplettes. «Il est des endroits où l’on n'entend que des cris stridents et des appels de marchands invitant les acheteurs à acquérir leurs marchandises», décrit Karim Berrada, du syndicat des commerçants. Pour lui, «fini le chantage. L’autorité doit montrer qu’elle est bien présente pour appliquer les règles, veiller à l’ordre et lutter contre l’anarchie».

Pour la petite histoire, lundi, dans l’arrondissement Sahb El Ouard, les marchands ambulants ont organisé un sit-in suite à leur délogement de la voie publique. Du côté de l’avenue Lalla Meriem, près de la mosquée Tajmouâti, ou encore au quartier Saâda, les colons font de la résistance. Mais pas pour longtemps. Car, «outre le fait que ces vendeurs occupent les trottoirs, ils vendent les mêmes produits que ceux proposés par les commerçants formels», proteste Karim Berrada.

En tout cas, des kiosques viennent d’être aménagés, dans le cadre de l’INDH, dans 5 emplacements de la ville. «Au quartier Bab El Khoukha, à titre d’exemple, ces kiosques remplacent les abris de fortune éradiqués la veille», précise le chef du district urbain Fès-Medina.

A quand le tour des terrasses de cafés?

L’exploitation des terrasses de cafés est également problématique dans la ville. En principe, celles-ci ne doivent pas s'étendre sur l'espace public. «Elles doivent se limiter à une rangée de tables», exprime un associatif. Et d’ajouter: «La plupart des cafés débordent largement sur les limites autorisées. Certains ne disposent même pas d'autorisation et, pourtant, ont longtemps utilisé le domaine public». Il est, donc, temps de mettre un peu d'ordre. Les piétons sont parfois obligés d'aller sur la chaussée gênant les automobilistes. C'est le cas des quartiers Ennarjiss, Mont-Fleuri et Assaada… où, d'un côté, il y a les terrasses de cafés et, de l'autre, des marchands ambulants occupant tout le trottoir.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

 

 

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