Economie

Dialogue social: Pour les syndicats, les comptes ne sont pas bons

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5104 Le 12/09/2017 | Partager
Ils attendent des propositions concrètes de la part du gouvernement
«Il faut sortir de la réunionite»
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Hausse du Smig, des salaires dans la fonction publique et dans le privé,… l’amélioration des revenus et du pouvoir d’achat est l’une des principales demandes des syndicats. Ils s’accrochent aussi à la refonte de la grille de l’IR, impôt dont plus de 75% des recettes émanent des salaires.  L’UMT propose notamment de porter la tranche annuelle exonérée à 36.000 DH contre 30.000 actuellement et une réduction des taux pour les autres tranches de revenu. Une revalorisation des allocations familiales est également attendue. Celle-ci avait fait l’objet de discussions avec le gouvernement Benkirane II avant d’être abandonnée.   D’autres dossiers relatifs à la protection sociale, à la couverture maladie, les caisses de retraite et les libertés syndicales figurent aussi parmi les revendications

Pas question de remettre les compteurs à zéro! Les syndicats attendent des réponses concrètes à leurs revendications dès les toutes prochaines réunions avec le gouvernement. (Voir aussi l’interview avec Mohamed Yatim, ministre de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle page suivante).

«Nos requêtes sont connues et partagées depuis longtemps. Nous attendons des propositions concrètes», prévient El Miloudi El Mokharek, secrétaire général de l’UMT. Même position au niveau de la CDT. Abdelkader Zaer, le numéro 2, met en avant le principe de la continuité de l’Etat: «Il faut passer aux choses sérieuses, beaucoup d’engagements n’ont pas été respectés notamment ce qui reste de l’accord de 2011».

Les syndicats s’impatientent et commencent même à déchanter. Après la nomination de Saâdeddine El Othmani, ils s’attendaient à une reprise rapide du dialogue social. Surtout que le chef du gouvernement avait promis «un nouveau départ». Au lieu d’une rencontre avec tous les partenaires, El Othmani a opté pour des rendez-vous sectoriels pour préparer le dialogue social au niveau national.  Une demande restée quasi lettre morte accentuant le malaise avec les syndicats.

«Les rares départements qui ont tenu ces rencontres n’ont pas pu prendre de décision. Ils n’ont pas de marge de manœuvre sur les dossiers qui ont un impact financier», soutient le numéro un de l’UMT. Du côté de la CDT, Zaer nie toute participation ou invitation de son syndicat à ces réunions!  L’approche choisie par le gouvernement a été vivement critiquée.

Pour les organisations syndicales, l’idéal aurait été de tenir un dialogue national durant lequel les différentes parties se mettraient d’accord  sur les principes généraux et les dossiers à traiter avant d’aller vers les rencontres sectorielles. Des comités de suivi et de pilotage auraient été mis en place par la suite.  Les syndicats, qui sont également pressés par leurs bases, avancent qu’ils poursuivront «la lutte» et certains d’entre eux n’écartent pas le recours à «la pression de la rue».

«Nous sommes toujours prêts», avertit le numéro 2 de la CDT.  A l’UMT, le secrétaire général avance que «si ce gouvernement a la volonté politique du dialogue et de la concertation nous allons construire ensemble.  Dans le cas contraire, nous allons poursuivre la lutte syndicale sous toutes ses formes».

 

 

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