Entreprises

Messagerie: Les maillons faibles de la filière

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5104 Le | Partager
L’informel détient environ 40% du marché
Le cahier des charges et l’absence de contrôle tirent les standards vers le bas
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Les grands groupes détiennent à peine 30% de part du marché de la messagerie. Le reste est réparti entre l’informel et les opérateurs peu ou pas du tout structurés

Le secteur de la messagerie connaît une croissance annuelle d’environ 15%. Toutefois, l’activité en est à ses balbutiements au Maroc. Il y a encore quelques années, le marché était pratiquement vierge. Environ 40% du business est détenu par les transporteurs non officiels. Entre 20 et 30% sont détenus par le secteur formel non organisé.

Les 30% de parts de marché restantes sont partagées entre les trois grands groupes: CTM Messagerie, La Voie Express et la Société marocaine du transport et de la messagerie (SDTM), filiale depuis 2013 de Barid Al Maghrib. Les trois grands opérateurs travaillent majoritairement pour le compte de grands donneurs d’ordre structurés et organisés.

Le secteur souffre de plusieurs insuffisances: le cahier des charges n’est pas assez strict et le contrôle est pratiquement inexistant. Créée en 1996, SDTM est l’un des pionniers du secteur. Elle est actuellement leader de la messagerie au Maroc. L’entreprise compte plus de 6 millions de colis acheminés annuellement grâce à une flotte de plus de 300 véhicules. Son principal concurrent, La Voie Express, traite environ 5 millions de colis par an. Vient juste après CTM Messagerie qui achemine environ 3 millions de colis annuellement.

C’est suite à l’entrée en vigueur de la loi 24-96 et la séparation des secteurs Poste et télécommunications que la messagerie s’est libéralisée. La nouvelle configuration a laissé la voie ouverte aux petites structures. La grande majorité d’entre elles sont des petites PME, voire des TPI. Des particuliers se sont spécialisés dans cette activité, au mépris des règles et standards qui régissent la profession.

Certains se sont même lancés dans un trafic international. Ils collectent les colis pendant 1 mois, voire plus, et font le plein de leurs autocars dans les deux sens: au départ des villes européennes, comme des villes marocaines. Plusieurs petits opérateurs ont pignon sur rue. Généralement les véhicules sont vétustes. La majorité de ces structures n’ont pas de siège social, ni d’entrepôts, personnel non déclaré, pas de matériel en propre... La clientèle faisant appel à leurs services est en général attirée par l’argument du prix. La prestation se fait à environ 15, voire 20 DH.

Le transport d’un colis de Casablanca à Agadir est autour de 20 DH, contre une prestation à 54 DH pour les colis dont le poids est inférieur à 5 kg, chez CTM. Au-delà de ce seuil, le prix de la prestation augmente de 10 à 15 DH pour chaque palier de 5 kg, sauf les villes distantes de plus de 300 km, pour lesquelles la prestation peut varier entre 70 et 120 DH via les réseaux des transporteurs de la filière structurée. Dans l’informel, le prix de la livraison transnationale varie entre 1 et 2 euros, que le colis provienne de France, d’Allemagne ou d’un autre pays européen. Le respect des délais de livraison importe peu, pourvu que le colis arrive à destination.

Les autorités et opérateurs de la messagerie gagneraient à ce que l’activité soit plus réglementée, notamment au niveau des contre-remboursements, des assurances marchandise et des garanties offertes au client. «Il faut imposer un minimum de capital social, à la limite une caution aux nouveaux entrants dans la messagerie. Cela représenterait une barrière à l’entrée aux petites entreprises de quartier», préconise un manager chez La Voie Express.

 

 

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