Entreprises

Messagerie: Comment imprimer un nouveau souffle

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5104 Le 12/09/2017 | Partager
La tarification du kilogramme ne fait pas l’unanimité
L’arrivée des opérateurs internationaux a révolutionné l’offre
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Le secteur de la messagerie est représenté par une douzaine de sociétés, affiliées à la CGEM via la Fédération du transport et employant quelque 2.500 salariés. Le chiffre d’affaires de l’activité s’élève à environ 700 millions de DH (Ph. S.Z.)

A l’heure d’internet, du e-commerce et du smartphone, le marché de la messagerie d’urgence et du transport express de colis négocie un nouveau virage et change de polarisation. Le temps est révolu où l’on n’avait d’autre choix que la Poste pour expédier un colis ou des documents urgents. Adoptée en juin 1997, la loi 24-96 relative à la Poste et aux télécommunications a libéralisé le courrier national et international. Le texte a mis fin au monopole de Barid Al Maghrib.

Cependant, l’opérateur historique ne s’est pas retiré des différents marchés. Barid Al Maghrib est à la fois sur la messagerie nationale et internationale, avec ses filiales Amana. La cohabitation crée des frictions avec les concessionnaires. Notamment sur le tarif du kilogramme vendu. Sur la question, Barid Al Maghrib est resté évasif, se contentant de rappeler que «la politique tarifaire tient compte de la saisonnalité de la demande, de la zone de livraison, des disponibilités de capacités».

Le manque de synergies entre le pôle courrier et le pôle colis et logistique de Barid Al Maghrib et SDTM freine considérablement les performances de l’opérateur historique. Celles-ci se limitent à la mutualisation du transport interrégions sur quelques axes parmi les dix principaux.

Pour la période 2013-2017, Barid Al Maghrib a établi un plan stratégique ambitieux, en vue de rattraper son retard et tirer avantage des opportunités offertes par le marché national du colis et messagerie. Ce plan s’articule autour de plusieurs objectifs, notamment atteindre une taille critique nécessaire à l’amélioration de la rentabilité de l’activité et se positionner en tant que leader du secteur. Barid Al Maghrib veut optimiser les opérations colis national et renforcer la force de vente, filialiser les activités hors monopole et gagner des parts de marché sur le colis international par le développement de la filiale EMS Chronopost Maroc.

En matière de desserte, l’essentiel des entreprises du secteur assurent le transport des colis par autocars et camions. Elles mêlent la plupart du temps deux à trois activités. La première est celle de la messagerie consistant à faire du transport de porte-à-porte de colis et d’assurer des dessertes au sein de réseaux régionaux. En lien avec cette activité, elles assurent le service express interrégion ou transport interurbain.

La troisième activité consiste à assurer la livraison pour le compte des entreprises qui ont l’agrément du courrier international, groupeurs régionaux... A ce niveau, plusieurs partenariats se font, notamment pour des prestations de transport assurées par des opérateurs comme CTM Messagerie. Les réseaux coopératifs occupent une part significative sur le marché.

Les opérateurs comme CTM Messagerie collaborent avec des géants comme Geodis, groupe spécialiste de la logistique. Fin 2016, le groupe a annoncé en perspective de s’y appuyer comme levier de croissance en vue d’améliorer son rendement et renforcer sa position de leader sur le marché du transport. La performance des activités du transport interurbain et de messagerie lui ont permis de réaliser un chiffre d’affaires de 600 millions de DH.

Autre contrainte, le secteur ne dispose pas d’informations actualisées. La Cour des comptes l’a relevé dans son dernier rapport sur Barid Al Maghrib. Sur l’activité colis et messagerie, hors activités intra-groupe, Barid Al Maghrib a enregistré un chiffre d’affaires de 128,20 millions de DH entre 2010 et 2012. Hors SDTM, il a réalisé un chiffre d’affaires de 181,06 millions de DH en 2014. Ce chiffre provenait essentiellement de la messagerie nationale. La répartition du chiffre d’affaires montre la faiblesse de la messagerie internationale. En effet, la rubrique internationale a réalisé un chiffre d’affaires de 21,72 millions de DH en 2014.

En parallèle, Globex (FedEx), DHL, UPS, TNT, Shipex (Aramex), Amana International se répartissent le business de l’express international. Plusieurs d’entre eux sont développés en franchise. Leur arrivée sur le marché a fait un peu oublier la face cachée du métier: celle de la messagerie traditionnelle.

 

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