Economie

Un million de cartables: A quand «LA» bonne formule

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5103 Le 11/09/2017 | Partager
L’opération est sujette à des complications depuis son lancement en 2008
Après les retards de paiement des fournisseurs, ceux de livraison
Seulement quelque 10% des libraires ont pu répondre aux appels d’offres
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L’initiative profite aujourd’hui à près de la moitié des effectifs des élèves. Ce qui complique encore plus le système

L’opération Un million de cartables se poursuit cette année, avec  plus de 4,2 millions de bénéficiaires, soit presque la moitié des effectifs des écoles. Cependant, une fois encore, l’initiative essuie des retards. Non pas sur les paiements des libraires qui fournissent le programme, mais cette fois-ci sur les livraisons (voir L’Economiste N°5103 du 8 septembre 2017).

Depuis son lancement en 2008, l’opération est toujours sujette à des «complications». C’est d’ailleurs, ce qui a poussé l'Etat à en revoir la gouvernance. Depuis la rentrée scolaire précédente, Un million de cartables est pilotée par l'INDH, avec comme ordonnateurs, les gouverneurs. Avec cette nouvelle procédure, l’on procède à l’ouverture d’appels d’offres pour la commande des cartables, manuels et fournitures scolaires au niveau de chaque préfecture ou province.

L’on se base sur les besoins transmis par le ministère de l’Education nationale à la fin de chaque année scolaire. La validation du marché relève du comité provincial de développement humain présidé par le gouverneur, où siègent aussi les élus et la société civile. Une fois validé, l’adjudicataire du marché procède à la livraison auprès de l’ensemble des directeurs d’établissements scolaires concernés.

Cette nouvelle démarche vise à pallier les difficultés rencontrées auparavant. La première concerne le retard enregistré dans le règlement des libraires. «Lorsque l’opération était gérée par les délégations du ministère de l’Education nationale, de 2010 à 2015-2016, les libraires étaient rarement payés à temps», rappelle une source proche du dossier. Dans un objectif de proximité, l’on a demandé ensuite aux directeurs des établissements de passer directement commande auprès des libraires.

En plus de l’appui apporté aux parents d’élèves, le programme entendait, aussi, donner un coup de pouce aux libraires des quartiers. Cela dit, les conditions de passation des commandes posaient des problèmes de transparence, et aboutissaient toujours à des retards de livraison. «Sans oublier que certains élus, impliqués dans les associations des parents d’élèves, étaient tentés d’exploiter l’opération pour redorer leur image auprès des  habitants de leurs quartiers», souligne notre source.

Un million de cartables continue de susciter du mécontentement. Les associations des libraires jugent qu’aujourd’hui ce sont les grands opérateurs, ainsi que des investisseurs «étrangers à leur métier», qui en profitent. «Cette année, seulement quelque 10% des membres de notre association ont pu bénéficier de l’opération», regrette Mohamed Barni, président de l’Association marocaine des libraires (AMAL), qui regroupe 90% des opérateurs du secteur.

Une grande partie des libraires n’arrive pas à participer aux appels d’offres, car  obéissant à la réglementation, «contraignante», des marchés publics. «Pour nous faciliter la tâche, il faudrait scinder le marché en plusieurs lots», recommande Abdenasser Benjira, SG de l’Association des libraires de Salé. A en croire les professionnels, une nouvelle révision du système s’impose.

 

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