Régions

Casablanca: A Bernoussi, l’ascenseur de la réinsertion en panne

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5102 Le 08/09/2017 | Partager
Après avoir été cité en modèle, le quartier retrouve ses vieux démons
Des chantiers de proximité à l’arrêt, une jeunesse désœuvrée
casablanca-bernoussi-002.gif

Après la démolition de leur stade, transformé en centre de maintenance pour le tramway, les jeunes du club Rachad Bernoussi en sont réduits à s’entraîner sur des terrains vagues! Les travaux sur le stade de remplacement, offert par la commune, sont à l’arrêt (Ph. Khalifa)

Vendeurs ambulants ressurgis de nulle part, chantiers à l’arrêt, retour de l’anarchie dans les rues… Le départ de l’ancien gouverneur se fait ressentir auprès de la population de Sidi Bernoussi, l’un des quartiers les plus peuplés de Casablanca. Les vieilles habitudes reviennent et l’anarchie regagne du terrain. «Que vont devenir des projets comme l’espace Al Firdaous, les plateformes de commerce de proximité, la réhabilitation du nouveau stade Rachad, les espaces verts, les terrains de proximité…» s’inquiète un habitant du quartier.

Mohamed Ali Habouha, nommé en juin dernier à Berkane, a laissé une empreinte indélébile au bout d’un mandat de 7 ans en tant que gouverneur de la préfecture d’arrondissements Sidi Bernoussi. Il a réussi le pari de transformer ce haut lieu du commerce anarchique en recasant les vendeurs à la sauvette dans des plateformes de commerce de proximité (PCP). Aujourd’hui, 3 PCP opérationnelles sont même érigées en projets pilotes et l’expérience devrait être généralisée à l’ensemble du territoire de Casablanca. Ces plateformes sont devenues au fil du temps de véritables points d’attraction pour une population en mal d’animation. Jardins publics, terrains de proximité, mosquée…

Plusieurs espaces récréatifs sont créés autour de ces PCP. L’un d’eux, baptisé «Al Firdaous», est aujourd’hui quasiment finalisé au cœur du quartier. Des palmiers y sont transplantés suivant un design paysagiste, qui rappelle les oasis. Outre les plans d’eau, espaces verts, aires de jeux, skate-park… un théâtre en plein air (pouvant accueillir jusqu’à 1.000 personnes) est aménagé au centre. Mais, l’émulation créée par l’ancien gouvernement est visiblement en train de s’effriter de jour en jour, alors que la commune est aux abonnés absents (cet arrondissement est présidé par Abdelkarim Lhouychri, PJD).

jardins-bernoussi-002.gif

L’espace «Al Firdaous» conçu et imaginé par l’ancien gouverneur de Sidi Bernoussi est aujourd’hui pratiquement à l’abandon (Ph. Khalifa)

Le sort réservé à cette esplanade et aux projets de futures PCP est inconnu. L’objectif d’atteindre les 4.000 bénéficiaires sur 24 plateformes à l’horizon 2019 semble compromis. Les riverains se posent aussi la question du devenir du nouveau stade Rachad Bernoussi, dont les travaux de réhabilitation sont à l’arrêt. Les chantiers de terrains de proximité en construction à côté de ce stade sont gelés.

Ce stade, cédé par la commune, était destiné à accueillir les joueurs du fameux club local, ainsi qu’une académie de foot. Rien de tout cela n’a abouti à ce jour. Entre-temps, les joueurs du club Rachad Bernoussi en sont réduits à s’entraîner sur les terrains vagues. «Depuis la transformation de l’ancien stade Rachad en centre de maintenance du tram, nous n’avons plus de terrain pour abriter  nos entraînements», confie un jeune footballeur.

Pourtant, ce club a connu des jours meilleurs. Depuis sa création au début des années 60, il est considéré comme une véritable pépinière de jeunes talents. Le Rachad Bernoussi, connu pour sa politique de formation de jeunes joueurs, a longtemps fourni les grands clubs (comme Raja, WAC, MAS, FAR…) en jeunes talents. En 2007, le club s’illustre en atteignant la finale de la Coupe du Trône, mais perd face au FAR aux tirs aux buts. Cette performance lui permet toutefois de participer pour la première fois de son histoire à la Coupe de la CAF l’année suivante.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc