Economie

La rentrée scolaire chahutée

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5102 Le 08/09/2017 | Partager
Les manuels de français et d’éducation islamique toujours pas disponibles
Le dernier appel d’offres d’«Un million de cartables» s’est clôturé le 6 septembre à Azilal
Le démarrage effectif des cours risque d’être perturbé
rentree_scolaire_002.jpg

Les écoles primaires, collèges et lycées reçoivent cette année plus de 7,8 millions d’élèves. Au préscolaire, 805.201 élèves sont recensés. Dans la formation professionnelle, 593.000 stagiaires se sont inscrits, contre environ 900.000 étudiants pour le supérieur

Cette année, pour la première fois, la rentrée des classes a été programmée la première semaine de septembre. Le coup d’envoi en a été donné hier jeudi par le prince héritier SAR Mly El Hassan, à l’école Abdelmoumen (arrondissement Hassan à Rabat). Le prince a également lancé l’opération Un million de cartables. L’initiative devrait bénéficier à plus de 4,2 millions d’élèves, pour une enveloppe de 426 millions de DH.

Sur le calendrier du ministère, le démarrage des cours devait avoir lieu hier 7 septembre. Néanmoins, les habitudes ont la peau dure. Dans beaucoup d’établissements, les élèves ne se sont pas tous présentés. Comme dans ce lycée à Khouribga, où des classes entières étaient vides. Ou encore cette école primaire d’un quartier populaire de Casablanca. «Peu d’élèves ont répondu présent. En fait, nous n’avons toujours pas terminé les inscriptions», confie sa directrice.

Même si les inscriptions ont été ouvertes à la fin de l’année scolaire écoulée, beaucoup de parents s’y prennent, comme à l’accoutumée, à la dernière minute. «En plus de cela, nous n’avons pas encore reçu les manuels prévus par la campagne Un million de cartables. D’habitude, nous les réceptionnons début septembre», poursuit la directrice. Selon nos informations, des retards de livraison sont enregistrés à l’échelle nationale.

«Le dernier appel d’offres pour l’initiative Un million de cartables s’est clôturé mercredi 6 septembre à Azilal, soit à une journée de la rentrée», confirme Mohamed Barni, président de l’Association marocaine des libraires, qui regroupe 90% des opérateurs du secteur. «Ceci est dû à la mauvaise gestion de ce programme aujourd’hui piloté par les provinces, dans le cadre de l’INDH. Les appels d’offres auraient dû se tenir au maximum en juillet», poursuit-il. Barni regrette, également, la participation de soumissionnaires «étrangers au métier de libraire».

Par ailleurs, certains manuels, revisités, ne sont toujours pas sur le marché: Ceux du français, de la 5e et 6e année du primaire et des trois années du collège, ainsi que 95% de ceux d’éducation islamique, de la 2e année du primaire jusqu’au bac. «Ils seront disponibles dans les deux ou trois prochains jours», promet-on au ministère de l’Education nationale. Le démarrage effectif des cours, qui ne devrait avoir lieu qu’à partir de la semaine prochaine, en sera sans doute perturbé. 

Cette rentrée, la majorité des écoles ont fait peau neuve, du moins côté esthétique. Une grosse opération peinture a été initiée durant l’été, même si une bonne partie des établissements ne disposait pas de suffisamment de budget pour y procéder. «Nous n’avons reçu que 2 seaux de peinture de la délégation de l’Education nationale. Pour le reste, j’ai dû payer de ma poche!» livre la directrice d’une école.

Des milliers de tables, tableaux et bureaux d’enseignants ont, en outre, été renouvelés, et l’opération continue. Gros efforts, aussi, en matière d’allègement des classes, grâce au recrutement de 24.000 nouveaux contractuels. «Pour le CP, nous ne comptons pas plus de 30 élèves par classe, contre un maximum de 42 pour les autres niveaux», révèle le directeur d’une école à Casablanca.

«Nous manquions de deux postes. Hier soir nous avons appris l’affectation de deux enseignantes. Le ministère a tenu sa promesse à la dernière minute», témoigne, pour sa part, un enseignant dans un douar aux environs d’Agadir. Cela dit, à l’instar de la précédente vague d’embauche (11.000 contractuels en 2016-2017), les nouvelles recrues n’ont pas été formées. Côté qualité, il ne faudra pas s’attendre à un miracle…

Les libraires en rogne

Avec l’adoption des appels d’offres publics pour l’opération Un million de cartables, la majorité des libraires n’ont pas pu soumissionner. «Près de 70% n’ont pas participé à l’édition 2017-2018, car ils n’ont pas la capacité de se présenter aux appels d’offres», assure Mohamed Barni, président de l’Association marocaine des libraires. «L’essentiel a été cédé à des gens ignorant tout de la cartographie scolaire et des réalités du terrain. Le programme devrait être confié à des professionnels et opérateurs issus des provinces qu’ils vont approvisionner», insiste Barni. Mais ce n’est pas tout. Les libraires dénoncent, par ailleurs, la concurrence déloyale des écoles privées qui continuent à vendre des manuels et fournitures scolaires aux élèves. Le phénomène est particulièrement courant à Casablanca et Rabat.

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc