Culture

Un mélange exceptionnel d’art et de nature: L’œuvre de l’Autrichien André Heller

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5101 Le 07/09/2017 | Partager

La végétation, comme on l’aime tout particulièrement pendant l’été, explose à chaque pas. Explosion n’est pas un vain mot. Les palmiers sont immenses, tous les arbres sont généreux et les variétés de cactus s’épanouissent. La nature se sent bien. Les statues africaines, gardiennes de l’entrée, donnent le ton de la visite. A chaque recoin, une œuvre apparaît, tantôt très colorée, tantôt camouflée. Le jardin botanique Anima peut se visiter et se revisiter, il y aura toujours une nouvelle surprise.

Un peu comme une chasse aux trésors artistiques. Il faut parcourir une petite trentaine de kilomètres sur la route de l’Ourika pour rejoindre ce jardin, considéré comme l’un des plus beaux et des plus fantaisistes au monde. Son origine: André Heller, un artiste autrichien actionniste, de ce mouvement dit court et radical du XXe siècle qui s’attaque à l’art de la performance. Après avoir créé un même jardin près du lac de Garde en Italie, qu’il considère comme «une collection des régions du monde», il reproduit l’expérience à Marrakech, où il vit depuis plus de 10 ans.

Il lui aura fallu plusieurs années pour transformer plus de 2 hectares de son terrain au pied des montagnes de l’Atlas en véritable éden contemporain. D’ailleurs, le visiteur est prévenu, Anima porte le nom de «Le retour du paradis». Heller nous transporte en effet dans un univers qui lui ressemble. Riche en expériences. Car l’artiste est un touche-à-tout.

Des chansons, des écrits littéraires, des pièces de théâtre, des films aussi, et puis des spectacles, un parc d’attractions, autant de réalisations qui portent son nom. Les sculptures à l’esprit Picasso, Basquiat, Rodin ou Harring se fondent dans la nature. Une mise en scène totalement maîtrisée par celui qui, notons-le, est aussi un influent manager culturel d’événements comme la Coupe du monde 2006 de football en Allemagne.

Anima est donc ce mélange de plantes tropicales, de références aux grands maîtres, aux régions du monde aussi. Le promeneur passe de l’Asie à l’Afrique, du contemporain à l’ancien, découvrant une arche de Noé qui porte le nom «espoir» en plusieurs langues, une cabane en miroirs au fond d’un bois, des yeux immenses accrochés dans les arbres surveillant l’entrée d’un tunnel végétal, ou une tête géante en petits carreaux émaillés qui envoie une brume d’eau rafraîchissante.

Voilà d’ailleurs la sensation qui domine ici: ne plus regarder comme on le fait dans un musée, mais vivre avec les œuvres et se fondre dans la nature. Anima est un joyau caché de Marrakech. En Grec, il signifie «âme». Il fallait donc à Heller de s’inspirer de celle de la ville ocre, et de la sienne aussi. Le résultat est tout à la fois bluffant, reposant, artistique et culturel. Un voyage dans nos sensations.

 

 

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