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Impression 3D: Thales croit en l’étoile du Maroc

Par Nadia DREF | Edition N°:5101 Le 07/09/2017 | Partager
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Thales 3D Maroc est au cœur de la transformation numérique avec le développement de l’industrie 4.0 (Ph. Thales Maroc)

Thales inaugure ce jeudi 7 septembre, à Casablanca, son premier et unique centre de compétences d’impression 3D métallique à l’étranger. Outre l’approvisionnement de ses filiales, le groupe cible les écosystèmes aéronautiques, automobiles ainsi que le secteur médical. Il a investi 20 millions d’euros et créera à terme près de 25 postes et 100 emplois indirects. Dans un entretien exclusif, Pierre Prigent, PDG de Thales Maroc, explique les enjeux ainsi que les opportunités de cette nouvelle usine 4.0.

- L’Economiste : Votre groupe inaugure aujourd’hui un centre de compétences d’impression 3D métallique à Casablanca. Quel est le potentiel dans un pays comme le Maroc?
- Pierre Prigent:
Notre objectif est de répondre à l’ensemble des besoins en pièces métalliques «imprimées» pour les besoins internationaux du groupe Thales. Le site de Casablanca sera le seul centre de compétences impression 3D du groupe. Nous comptons également offrir notre expertise à l’extérieur du groupe et au Maroc en particulier.
Nous identifions aujourd’hui deux besoins au Maroc: la réalisation rapide d’outillages performants et élaborés à destination des industries mécaniques, aéronautiques et automobiles mais aussi, la fabrication de pièces en petites séries pour les sous-traitants aéronautique et spatial, voire ceux d’autres secteurs tels que le médical et l’automobile. Nous comptons vraiment sur le développement des écosystèmes au Maroc et en particulier sur l’implantation des sous-traitants de Boeing. Nous représentons une réelle opportunité d’accroissement du taux d’intégration dans les produits finis fabriqués au Maroc.

- Que représentera la filiale marocaine pour Thales?
- Il faut retenir deux choses. Thales 3D Maroc sera le seul centre d’expertise d’impression 3D métallique du groupe. D’autre part, le groupe Thales est en train d’opérer une transformation numérique majeure avec le développement considérable de nouvelles technologies et de nouveaux outils dans la cybersécurité, le big data, l’intelligence artificielle et la connectivité. Thales 3D Maroc est au cœur de cette transformation avec le développement de l’industrie 4.0, cela en sera d’ailleurs la vitrine d’expérimentation!

- A combien s’élève l’investissement consenti pour ce centre?
- Nos investissements sont de l’ordre de 15 à 20 millions d’euros. Ils intègrent les aménagements immobiliers spécifiques à notre métier, les machines (imprimantes en particulier) et outillages, la formation de nos ingénieurs en Europe au sein du groupe Thales et chez notre fournisseur d’imprimantes ainsi que les outils informatiques tels que la plateforme collaborative que nous développons pour s’interfacer avec nos clients. Nous avons déjà embauché 7 ingénieurs marocains de haut niveau et prévoyons d’avoir, à moyen terme, une équipe de 20 à 25 personnes. Par ailleurs, notre activité va générer à terme l’embauche de l’ordre de 100 personnes chez nos sous-traitants.
- Quelles sont vos prévisions commerciales, à moyen terme?
- Vous imaginez bien que le business plan que nous avons établi tient compte de la montée en maturité de ce marché et des investissements graduels que nous ferons pour coller à la demande. Nous commençons ainsi avec 2 imprimantes 3D et prévoyons à moyen terme d’en acquérir 8 autres.

- Que représente le marché des brevets et inventions pour Thales au Maroc?
- Nous avons des relations étroites avec un certain nombre d’écoles et d’universités dans le Royaume. Nous accompagnons ainsi dans le domaine de l’ALM (additive layer manufacturing: la technologie que nous avons choisie pour cette usine) 3 étudiants de 3 universités marocaines différentes qui préparent une thèse de recherche. Nous accueillons aussi des stagiaires dans le domaine de la cybersécurité dans notre centre de compétence de Rabat.
- Sur quels facteurs se joue la compétitivité dans votre secteur?
- Les investissements dans l’industrie du futur (usine 4.0) permettent d’être plus intégrés, plus connectés, plus réactifs et au final plus compétitifs pour l’ensemble de la chaîne de valeur au bénéfice de tous, clients et fournisseurs. En maîtrisant les différents aspects de cette nouvelle industrie, Thales a su anticiper cette transformation majeure qui impactera les modèles économiques. Comprenez que cette technologie permet d’inventer des pièces que l’on ne saurait fabriquer avec les technologies traditionnelles.              
Oui, nous serons compétitifs parce que nous avons construit notre modèle industriel sur cette compréhension globale et cette compétence mais aussi sur les ressources humaines de qualité qui nous ont rejoints.

Chiffre d’affaires: 14,9 milliards d’euros

PIierre Prigent, 51 ans, est, depuis juillet 2015, directeur pays Maroc et président de Thales Holding Maroc et de Thales 3D Maroc. Cet ingénieur en électronique a rejoint le groupe en 2004 après une expérience de 22 ans. Il a occupé plusieurs postes au sein de Thales. Il a pris en charge l’activité Ground Surveillance Radars de Thales Air Systems basée en Allemagne. Ensuite, il est nommé directeur des Offres de Thales Air Traffic Management puis directeur des Offres et des Projets au sein de la direction générale du Développement international de Thales. Le groupe est présent dans 56 pays et cible cinq marchés clés: l’aéronautique, l’espace, le transport terrestre, la défense et la sécurité. En 2016, il a réalisé un chiffre d’affaires de 14,9 milliards d’euros dont 39% dans l’aérospatial. Les prises de commandes se sont chiffrées à 16,5 milliards d’euros. Il emploie 64.100 personnes, dont 45 au Maroc.

Propos recueillis par
Nadia DREF

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