Economie

Rentrée scolaire: La logistique en place

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5101 Le 07/09/2017 | Partager
Recrutement de 24.000 enseignants
Ouverture de 55 établissements et extension du nombre de classes
Renouvellement de 350.000 tables, 146.500 tableaux et autant de bureaux d’enseignants

Grande fébrilité au ministère de l’Education nationale. C’est la première rentrée scolaire du nouveau ministre Mohamed Hassad qui démarre aujourd’hui. Elle coïncide avec le lancement de l’opération de distribution d’un million de cartables, qui seront répartis sur les établissements scolaires, sur plusieurs jours en fonction des villes. En tout cas, sur les effectifs des élèves qui prennent ce matin le chemin de l’école, le ministère reste discret.

Ces informations seront fournies par la suite avant une conférence de presse qu’il donnera plus d’une semaine après la rentrée scolaire. En attendant, depuis l’annonce de son plan d’action, Mohamed Hassad a multiplié les visites sur le terrain à travers l’ensemble du territoire. Objectif: tout mettre en œuvre pour marquer les esprits et la rentrée scolaire par des nouveautés. La plus en vue a trait à la logistique et aux ressources humaines.

Ainsi, le ministère a embauché, via les Académies régionales d’éducation et de formation (Aref), 11.000 enseignants. Une deuxième vague de recrutements a concerné 24.000 autres. Le but est de garantir une rentrée scolaire, selon les standards requis. Il s’agit  d’alléger le nombre d’élèves par classe pour arriver dans un premier temps à 40 comme plafond et 30 élèves pour la première année du primaire. Moins de 30 élèves pour les classes communes.

Le ministère est conscient que les nouveaux dispositifs nécessitent un soutien administratif et technique. Ainsi, les Aref ont identifié les besoins estimés à 8.000 cadres recrutés en deux vagues, selon le système de contrats.
Pour arriver à limiter les sureffectifs, l’offre scolaire sera élargie par l’ouverture pour cette rentrée, de 55 nouveaux établissements dont 26 dans le monde rural, en plus de 10 internats. L’accélération du rythme des extensions n’est pas en reste puisqu’elle a permis de réaliser 1.948 classes, 28 internats, 8 réfectoires et 93 services administratifs, lit-on dans un document du ministère.

Une attention particulière est accordée à l’espace scolaire et à l’amélioration des conditions d’accueil des élèves. La fixation des priorités passe par le renouvellement du mobilier scolaire. Le ministère a engagé une mise à niveau qui a touché 13.543 établissements scolaires, avec l’élimination des préfabriqués. Une commission a inspecté les établissements pendant l’été et identifié ceux qui feront l’objet de rénovation.

Cette opération est encore en cours puisque plusieurs écoles primaires ont été fermées à Rabat et Salé par exemple. Les élèves seront placés dans d’autres écoles, en attendant la fin des travaux. Le ministère a procédé au renouvellement de 350.000 tables, 146.500 tableaux et autant de bureaux d’enseignants. Cette initiative est accompagnée d’une large opération de lifting qui a touché l’ensemble des établissements scolaires qui ont été repeints aux couleurs printanières.

Parallèlement à ces actions, le ministre a pris des mesures pratiques concernant l’encadrement du secteur à travers des circulaires. L’idée est de renforcer la décentralisation en accordant plus de prérogatives aux Aref dans le domaine de la gestion des ressources humaines. Il s’agit de déléguer plus d’attributions et de signature aux directeurs dans la gestion des fonctionnaires qui leur sont affiliés, à l’exception de certaines procédures à caractère central.

Si le ministère compte surveiller l’absence des professeurs et des élèves, il a engagé d’autres opérations liées au modèle pédagogique qui sera soumis à des évaluations régulières. Dans le primaire, l’objectif est d’améliorer les compétences des élèves, en développant l’enseignement de l’arabe au niveau de la première année. L’intégration du français se fera dès la première année, sous forme d’apprentissage oral, avec son développement au niveau de la 5e et la 6e année du primaire.

Dans les collèges, il s’agira de renforcer et de développer les acquis linguistiques des élèves, avec une ouverture sur les métiers et les sciences, souligne le ministère. L’idée est de renforcer les compétences de lecture de l’arabe au collège durant les trois ans et de développer l’enseignement du français. Les acquis linguistiques seront consolidés à travers l’intégration des concepts en français dans les matières scientifiques comme les maths, la physique et sciences de la vie et de la terre. L’intégration de la filière internationale au sein de certains collèges sera lancée comme expérience pilote. Idem pour la création de filières professionnelles dans 4 collèges pour commencer.

Le lycée n’est pas en reste. Outre les capacités linguistiques et scientifiques des élèves, le but est de faciliter la réussite du passage vers l’enseignement supérieur et l’intégration dans le monde du travail. Le ministère veut poursuivre la diversification de l’offre en bac professionnel pour atteindre 10% de l’ensemble des élèves d’ici 4 ans. Il compte créer des filières professionnelles dans 4 lycées. De même, l’offre en filières internationales sera élargie pour s’étendre à l’ensemble des lycées, mais selon la demande. Le recours aux documents en langues étrangères dans les cours de sciences et de maths est encouragé.

Hassad exige l’hymne national dans les écoles

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Mohamed Hassad veut marquer la rentrée scolaire prévue ce 7 septembre. Le ministre de l’Education nationale a officiellement ordonné, l'hymne national dans les établissements scolaires. Le responsable gouvernemental a adressé ce 6 septembre, un courrier aux directeurs des académies régionales, les appelant à instaurer le chant de l’hymne national dans les établissements scolaires. Dans cette note dont L’Economiste détient copie, le ministre assure que «l’hymne national confère un sentiment patriotique, d’amour pour la nation, ses valeurs et son identité». Ainsi, il est désormais obligatoire de chanter notre hymne chaque début et fin de semaine. L'instruction de Hassad se réfère à la circulaire ministérielle 119 datée du 31 août 2009.

Préscolaire dans le public

Dans le secteur public, le préscolaire sera étendu. Le ministère veut «généraliser un enseignement de qualité pour les enfants de 4 et 5 ans, de façon progressive, afin de garantir la réalisation d’un taux de 67% à l’horizon 2021-2022», indique le document. Il table sur 2027 pour une généralisation totale, conformément aux orientations de la vision stratégique. En parallèle, il prévoit de former les éducatrices, spécialisées dans le préscolaire, dans les instituts de formation professionnelle. La préparation et l’impression de matériels didactiques spécialisés est dans le pipe.

 

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