Economie

Emploi des diplômés: L’université s’en remet à l’entrepreneuriat

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5099 Le 05/09/2017 | Partager
Une dizaine d’incubateurs par an pour accompagner les lauréats
Réunion aujourd’hui entre le ministre et les présidents

Plusieurs dizaines de milliers de lauréats d’université viennent chaque année grossir les rangs des chômeurs. Ils proviennent principalement d’établissements accessibles sans sélection: droit, économie, lettres, histoire-géographie… En somme, le plus gros contingent des lauréats. Pour contenir ce fléau, le gouvernement vient d’élaborer un mécanisme d’accompagnement des diplômés dans le but d’améliorer leur employabilité, et partant, optimiser le rendement de l’enseignement supérieur.

Ainsi, quelle que soit leur filière, les titulaires d’une licence fondamentale ne seront plus livrés à leur propre sort, mais pris en charge pour réussir leur intégration sociale. «Nous comptons développer l’esprit de l’entrepreneuriat chez ces jeunes. Concrètement, il s’agit de créer chaque année une dizaine d’incubateurs et d’encadrer un groupe de porteurs de projets pour créer leur propre entreprise», précise Idriss Mansouri, président de l’Université Hassan II.

Les licenciés qui n’ont pas encore d’idées de projets seront pris en charge pour explorer toutes les opportunités qui s’offrent à eux. Le principe consiste à identifier les possibilités qui pourraient être traduites en projets d’entreprises, y compris dans des filières réputées déboucher sur une impasse.

Un licencié en histoire-géographie, par exemple, peut bénéficier d’un accompagnement pour pouvoir investir dans le tourisme culturel. Mansouri rappelle le cas d’un jeune diplômé de la faculté des sciences de Ben M’sik qui a inventé une machine à extraire le venin des serpents grâce aux moyens offerts par l’université. Un exemple qui devrait être étendu à d’autres établissements.

Une réunion devrait avoir lieu ce mardi entre les présidents d’universités et Mohamed Hassad, ministre de l’Education et de l’Enseignement supérieur. L’objectif étant d’apporter les derniers réglages au dispositif d’accompagnement des lauréats. Le dispositif cible essentiellement les titulaires d’une licence fondamentale dans les branches n’offrant pas beaucoup de débouchés.

Pour la seule université Hassan II à Casablanca, plus de 75% des 107.000 étudiants poursuivent leurs études dans une faculté à accès ouvert. Chaque année, l’université délivre environ 14.000 licences, dont 8.000 sont des licences fondamentales. Après l’encadrement, il faudra examiner les possibilités de financement pour soutenir les idées d’investissement.

Selon les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur, 70% des places offertes par les universités concernent des filières sans sélection. L’une des principales caractéristiques des lauréats en lettres, droit, par exemple, c’est qu’ils ont tous le même profil quelle que soit la région. Ce qui n’augmente pas leurs chances de s’intégrer sur le marché du travail. Paradoxalement, ce sont ces «usines à chômage» qui attirent le plus d’étudiants.

Ainsi, alors que sa capacité d’accueil est de 10.880 étudiants, la faculté de droit de l’Université Hassan II en accueille 22.000. Une affluence qui s’explique par les difficultés de s’inscrire dans les facultés, écoles et instituts dont l’accès est conditionné par la réussite à un concours. Il est également attribué par la non-maîtrise du français, seule langue d’enseignement dans le cycle supérieur.

Un demi-million d’étudiants en licence fondamentale

Au niveau national, 535.240 sur 693.514 étaient inscrits en 2016 dans le cycle normal des filières lettres et sciences humaines, sciences et techniques, enseignement originel, sciences juridiques, économiques et sociales… «L’insertion professionnelle des lauréats des facultés de médecine, des écoles d’ingénieurs ou même des licences professionnelles est moins problématique. Ce sont surtout les titulaires d’une licence fondamentale qui éprouvent de grandes difficultés à trouver un emploi», explique Idriss Mansouri, président de l’Université Hassan II.

 

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